DIFFÉRENTES ESPÈCES DE JOURS
La première qualité d’une unité de mesure, c'est d’être toujours égale à elle-même et invariable. Le jour sidéral, à cause de sa parfaite uniformité, convient le mieux à la mesure du temps ; c’est l'intervalle de temps qui s’écoule entre deux passages consécutifs d’une étoile av méridien, ou, si l’on veut, le temps d’une rotation complète de la Terre sur elle-même.
Malgré sa constance absolue, le jour sidéral ne peut convenir pour les usages de la vie civile, parce qu’il commence successivement à toutes les heures du jour solaire, et qu’il est impossible, pour régler les occupations de l’homme, de ne pas comp-
ter le temps par l: marche du Soleil.
LA MESURE DU TEMPs 197
Il faut donc avoir recours au jour solaire, c'està-dire l'intervalle de temps qui s'écoule entre deux passages consécutifs du Soleil au même méridisn, autrement dit, l'intervalle de temps qui sépare deux midis consécutifs.
Mais ici, nouvelle difficulté : les jours solaires sont inégaux en durée, ce qu’on peut constater facilement avec une horloge ordinaire.
À quoi tie. cette inégalité? En premier lieu, à la non-uniformité du mouvement du Soleil, conformément au principe des aires, et, en second lieu, à la route oblique de cet astre par rapport au plan de l’équateur.
Le jour solaire vrai est done impropre à la mesure du temps. Et cependant, comme nous l'avons déjà dit, il est impossible, pour les usages de la vie civile, de ne pas mesurer le temps d’après le mouvement du Soleil.
C’est pour cela que les astronomes ont imaginé le jour solaire moyen et le temps moyen. Ce n'est plus le Soleil vrai qui fixe les limites du jour par ses passages successifs au méridien ; ce soin est laissé à un soleil fictif, appelé soleil moyen, qui parcourrait l'équateur, d’un mouvement uniforme,
dans le même temps pris par le Soleil vrai pour
parcourir l’écliptique. Il en résulte des jours
toujours égaux entre eux, nommés jours moyens, et dont la longueur est une moyenne entre jes
jours solaires variables de l’année.
Sauf quatre fois par année, le temps vrai et le temps moyen ne coïncident jamais ; la différence entre ces deux temps, à un même instant, a été appelée équation du temps ; elle est négative ou positive suivant que le Soleil vrai passe au méridien avant ou après le soleil moyen, et sa variation, faible d’un jour à l’autre, est sensiblement
la même pour les différentes années.
Bien que l'inégalité du mouvement du Soleil et l'équation du temps soient connues depuis longtemps, puisque Ptolémée parle de cette dernière dans son Almageste, ce ne fut qu’en 1792, en Angleterre, et en 1816, à Paris, que se fit la substitution du temps moyen au temps vrai. La faible différence entre ces deux temps, —sa plus grande valeur ne dépasse guère 16 minutes, — avait toujours passé comme inaperçue jusqu'à la fin de XVIIIe siècle.
L'on voit, par ce qui précède, qu'il est midi vrai lorsque le Soleil vrai passe au méridien, et qu’il est midi moyen quand le soleil moyen passe au même méridien.
Le midi vrai seul sépare la journée, c’est-à-dire l'intervalle qu’il y a entre le lever et le coucher du Soleil, en deux parties égales. Si l’on fait finir le matin et commencer l’après-midi à midi moyen, le jour paraît plus long ou plus court l’après-midi que le matin, selon que l'équation du temps est positive ou négative; vers le 2 novembre, la différence entre ces deux moitiés de journée atteint
33 minutes.