LA FOIRE AUX VANITES
La vanité est bien le plus gros péché de l'homme moderne et particulièrement de l'artiste moderne, quel que soit l'art qu'il pratique.
Poète ou sculpteur, peintre ou auteur dramatique, musicien ou romancier, on ne peut lui adresser la plus légère critique sans qu'aussitôt — cent faits sont là pour le prouver — il vous dépêche des témoins ou un exploit d'huissier.
Je connais un écrivain d'art qui, pour s'être permis de ne pas admirer en bloc les sept mille toiles* du dernier Salon des Indépendants, a reçu vingt lettres d'insulte, anonymes, et l'on m'a raconté qu'un autre, parce qu'il avait eu l'audace de