SECONDE PARTIE
Lorsqu’une personne est restée longtemps couchée, si on la prie de s’asseoir sur son lit et de faire une inspiration brusque, il arrive 1857. —Parrot. ^
souvent que l’on perçoit sur un ou plusieurs points de la poitrine en arrière, un râle qui ne diffère en rien de la crépitation de Laennec. Un second mouvement inspiratoire ne détermine presque jamais le même phénomène, et, si l’on perçoit encore quelques bulles, elles sont incomparablement moins nombreuses.
Cette expérience, qui a été signalée par Valleix, je l’ai répétée un grand nombre de fois à l’hôpital des Enfants, et toujours j’ai été frappé de la ressemblance qui existait entre ce râle et celui de la pneumonie.
Comment peut-on interpréter ce fait?
Le sujet qui en est la cause ne porte aucune affection des organes respiratoires et ses voies aériennes sont parfaitement libres.
L’explication qui se présente naturellement à l’esprit est la suivante :
L’immobilité forcée dans laquelle se trouve depuis un temps plus ou moins long la personne que l’on ausculte, l’absence de toute espèce d’effort, ont considérablement réduit le jeu de ses poumons; chaque vésicule pulmonaire fonctionne moins activement qu’à l’état normal. Il est même des groupes de vésicules, de lobules, desservis par des rameaux bronchiques distincts , qui restent dans une inaction complète; inutiles aux besoins actuels de l’hématose, ils sont en quelque sorte en réserve pour les cas où celle-ci doit être plus active. Ces vésicules, qui ne sont plus pénétrées par l’air extérieur,sont nécessairement comprimées par celles du voisinage; elles s’affaissent, et leur cavité devient nulle.
Si, dans ces conditions, un mouvement inspiratoire beaucoup plus énergique què ceux qui l’ont précédé appelle l’air dans les voies aériennes , ce fluide franchira les limites que lui opposait, il n’y a qu’un instant, la faiblesse de la respiration ; il distendra brusquement les vésicules qui étaient en repos, et produira, par le redressement de leurs parois, ce bruit qui a une analogie si parfaite avec le râle crépitant.
; Voilà un fait et une explication en quelque sojrte physiologie
ques (1); voyons si la pathologie peut nous fournir quelque chose d^analogue.