‹ Propositions et expériences relatives au pointage des bouches à feu en usage dans l'artillerie navaleChapitre 10 sur 21 · OBSERVATIONS FAITES PENDANT LE TIR DU 7 JUIN · texte numérisé non relu

OBSERVATIONS FAITES PENDANT LE TIR DU 7 JUIN

Baromètre, 765“>m,2; lliermoraètre centigrade, 26°.

Etat du ciel et de la mer.

Beau temps, jolie brise de O. S. O., houle de la même partie, mer courte, le vent et la marée agissant sur le ponton en sens contraires. La houle prenait le ponton par un de scs angles et lui imprimait des mouvements très-tourmentés, sans qu’ils eussent cependant une grande amplitude. Les embardées variaient entre 3° et 4“. L’amplitude des roulis était de 3° 30’ à 2 heures 15 minutes; de 4° 30' à 3 heures 30 minutes et de 7° à 4 heures. Aux mêmes heures, l’amplitude du tangage était de 2" 30', 3“ 30' et 2"; la durée des oscillations constante et de 6 en 10 secondes.

Utilité des palans pour le pointage.

Depuis le 1“' juin jusqu’à ce jour, la commission avait jugé la mer trop calme pour opérer; les résultats qu’elle aurait obtenus n’eussent pas été concluants. Le 7, les mouvements du ponton étaient tellement irréguliers, que le pointage aurait été presque impossible sans les palans; il était nécessaire de pouvoir tirer aussitôt que la direction favorable se présentait, car on ne pouvait prévoir son retour : en employant les leviers directeurs, il eût fallu les embarrer et les débarrer à maintes reprises, et le tir eût été excessivement ralenti.

SYSTÈME DE POINTAGE

Causes qui rendent le pointage par le pendule plus prompt que celui qui s'exécute par le fil à plomb.

Quand on faisait usage du fil à plomb pour donner la direction, le pointeur se plaignait qu’on ne fit jamais feu quand ill’aurait voulu; à quoi le canonnier qui tirait répondait qu’il avait bien rarement la civadière horizontale quand on lui signalait que la direclion’^était bonne. L’un et l’autre réussissaient difficilement à se mettre d’accord. De cette difficulté il est résulté qu’on lirait trois bombes avec le système de pointage par le pendule dans lo même temps qu’on employait à en tirer deux en se servant du fil à plomb.

Précision des deux tirs.

Bien que les mouvements du ponton fussent très-vifs et très-gênants pour l’usage du fil à plomb, comme ils étaient peu étendus dans le sens perpendiculaire à la ligne de tir, ils ne pouvaient occasionner de grandes déviations latérales quand on ne tirait pas au moment précis où la direction se trouvait bonne. C’est à cette circonstance, et surtout à la manière dont la commission a réglé l’usage du fil à plomb, qu’elle attribue les bons résultats qu’elle a obtenus de cet instrument inconunode et difficile à manier à bord. Ces résultats sont tellement rapprochés de ceux de Gâvre, qu’il y a lieu d’en être surpris, et que le pendule pouvait bien difficilement en procurer de meilleurs, eu égard aux déviations qui sont inhérentes à la défectuosité des projectiles.

rOL'll I.Eâ MORTIKRS DES BOMBARDES.

KwiM de l'appareil de pointage.

Après Je tir de la journée, l’appareil de pointage lut visité et trouvé intact, à l’exception des talons qui soutiennent la traverse placée derrière le bâti pour Je serrer contre le mortier. Ces talons manquèrent dès le second coup. Ils n’étaient fixés aux montants de l’arrière que p.ir de petits tenons de 6 millimètres de diamètre; c’était une disposition vicieuse. Ces talons doivent être remplacés par des épaulements bien étoffés et faisant corps avec les montants.

La traverse fut maintenue dans sa position par une bridure à chaque bout et par une épontille en bois qu’on plaça au milieu; ainsi fixée, on put continuer le tir sans éprouver de retard.

Influence de la détonation sur le pointeur.

Avec la charge de 4 kilogrammes, le pointeur s’est tenu constamment derrière le mortier, à la distance de 2"', 5, sans être incommodé par la détonation.

SYSTÈME ÜE. POINTAGE

Tir du mortier de 32 centimètres, exécuté le 14 juin 1842, de midi dix minutes d une heure quinze minutes , le ponton amarré d son second mouillage, avec la charge de poudre de 6 kilogrammes.

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SYSTÈME de pointage employé.

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POUR LGS MORTIERS DES BOMBARDES

OBSERVATIONS FAITES PENDANT LE TIR Dü 14 JUIN.

Baromètre, thermomètre centigrade, 2i®.

Etat du ciel et de la mer.

Jolie brise de O. S. O., petite houle de la même partie, temps clair. Amplitude du roulis, 6°; amplitude du tangage, 1° 30'. Le ponton faisait six oscillations en 10 secondes.

Après le tir de ce jour, l’appareil de pointage a été démonté et trouvé en bon état.

L’état calme de la mer avait empêché de tirer entre le 7 et le 14.

HO

SYSTÈME DE POINTAGE

Tir du mortier de 32 centimètres, exécuté le 46 juin 4842, de une heure trente minutes à quatre heures, le ponton amarré à son second mouillage , avec la charge de 6 kilogrammes de poudre.

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SYSTÈME de pointage employé.

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Pointage

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pendule.

Pointage

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fil à plomb.

PODR I.ES MORTIERS DES BOMDARDES.

OBSERVATIONS FAITES PENDANT LE TIR DU 16 JITN. Baromètre, ihermoniclrc centigrade, 22".

Etat du ciel et de la mer.

Bonne brise de O. S. O., ciel nuageux, mer houleuse se creusant de plus en plus depuis le commencement du tir jusqu’à 3 heures et demie. La houle, venant du O. S. O., prenait le ponton par l’un de scs angles et lui imprimait des mouvements irès-vifs et très-irrèguliers, au point qu’on avait de la peine à se tenir sur le pont. Par instants l’amplitude des roulis allait jusqu’à 22" et 25" ; leur amplitude moyenne était, à 2 heures, de 6°; à 2 heures 40 minutes, de 40”, et à 3 heures 45 minutes, de 44". Aux mômes heures, l’amplitude moyenne du tangage était de 2", 3” et 4". Le ponton faisait de sept à sept et demie oscillations en 40 secondes.

Influence de la détonation sur le pointeur.

Pendant le tir à la charge de 6 kilogrammes, le pointeur est resté constamment à 2"’, 2 en arrière du mortier.

Précision due au hasard.

Le G" coup, un des meilleurs du tir, et celui qui devient même le meilleur de tous quand on a fait la réduction des

$\STÈME DE POINTAGE

iléviniions latérales à la liftne de tir moyenne, a été tiré par méprise. Le pointeur faisait signe de palanquer le mor* lier et le servant chargé de tirer prit ce signal pour celui de faire feu. Quand le coup fut envoyé, le pointeur se croyait bien loin de la bonne direction; il estimait une déviation de 600 mètres à droite. Sur son observation immédiate, la commission voulait d’abord annuler ce coup, mais elle finit par le maintenir en considérant que de pareilles méprises sont inhérentes aux systèmes de pointage qui exigent le concours de plusieurs personnes. Déjà, dans le tir du i'*' juin, un fait semblable s’était présenté au 19” coup, qui fut un des meilleurs de la série de ce Jour.

Le tir du 16, par le fil à plomb, présente de grandes singularités : exécuté dans des circonstances beaucoup plus difficiles que celui du 14, il a donné des déviations moins fortes; sa justesse surpasse même celle du tir de Gàvre avant sa rectification graphique, et cependant ce dernier, eu égard aux précautions minutieuses dont on s’est environné, ne doit guère être entaché que des erreurs inhérentes àla défectuosité des projectiles. Il serait absurde de conclure des rapprochements qui précèdent que le fil à plomb donne des résultats d’autant meilleurs que la mer est plus agitée, et qu’à bord il est d’un usage plus sûr qu’à terre; on doit donc admettre que, dans le tir de ce jour, le pointage par le fil à plomb a été favorisé par quelques hasards heureux, tels qu’on en renconire fréquemment dans le jet des bombes (1).

(I) Si du tir du 16 juin on reiranche le premier coup pointé au fil à plomb, qui a été tiré contre la volonté du pointeur, on obtient, pour déviation latérale moyenne réduite, 105“*, 7. Pour toute la

poua LES MORTIERS UES BOHUARUES.

Celte conclusion admise, l’infériorilé relative du pointage par le pendule ne tire plus à conséquence; elle ne peut rien faire présumer de défavorable contre son usage. Il est d’autant plus rationnel de s’arrêter à cette opinion, que les déviationsqui appartiennent au tir par le pendule surpassent à peine celles qu’on a eues à Gâvre avec la même charge, en sorte que l’on se serait estimé fort heureux d’arriver à un pareil résultat si les deux tirs exécutés à terre par le lil à plomb, et à la mer par le pendule, avaient seuls été mis en présence.

Comparaison des deux tirs sous le rapport de leur vivacité.

Le tir par le fil à plomb a été constamment plus lent que celui qui s’exécutait par le pendule. Pour pointer par le lil, on était contraint d’attendre les instants où le ponton avait le moins de mouvements, tandis qu’avec le pendule on pouvait profiter presque indifféremment de toutes les oscillations pour donner la direction.

série tirée en pointant par le fil ft plomb, avec la charge de 6 kilogrammes, la déviation latérale moyenne, en ayant égard au nombre des coups des deux tirs, serait alors de cette moyenne n'est

que de 110™,3 pour le pendule; ainsi ce dernier instrument conserverait encore la supériorité si l’on écartait le coup dit au hasard, qui seul a donné l’avantage au fil à plomb.

pRorosmo!f< «ur pointagf.

SYSTÈME DE POINTAGE

Position du seco7id mouillage du po7Uon.

Dans les deux tirs à la charge de 6 kilogrammes, le ponton était amarré à son second mouillage, situé sur le prolongement de la ligne jalonnée, comme le premier, mais plus près de terre. Sa distance à la presqu’île de Gâvre était üxée de manière à avoir la balise de la roche de la Paix par le milieu du fort de Kernevel. Ce changement de poste avait eu lieu pour prévenir la chute des bombes dans les salines qui sont situées derrière la batterie Verte.

Dérangcme7ils survenus dans le grillage.

Pendant le tir du 44 juin, les quatre palans supérieurs du grillage avaient chassé dans le sens du recul du mortier; ils s’étaient déplacés d’un décimètre environ. Le 46, on évita le ponton de manière à tirer en sens contraire du 44 pour ramener le grillage à son premier poste, et l’on y réussit à peu près; cependant, comme il avait souffert de ce double déplacement, il fallut le réparer, ce quiempècha la commission de reprendre ses opérations avant le 23 juin.

POUR I.ES HOHTiEftS DES BÜUII.VKDES.

Tir du mortier de 32 centimètres, exécuté le 23 juin 1842, de huit heures quarante-cinq minutes à dix heures vingt-huit minutes, le ponton amarré à son premier mouillage, avec la charge de 4 kilogrammes de poudre.

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■146 système de pointage

OBSERVATIONS FAITES PENDANT LE TIR DU 23 JUIN, llaromitre, 763"”", 2; ihcrmomèlre centigrade,

Etat du ciel et de la mer.

Temps couvert et pluvieux, jolie brise de S. O., houle régulière de la même partie; l’amplitude des roulis était de 6", et celle du langage de 4°; le ponton faisait 6 oscillations en 10 secondes; ses mouvements étaient doux et assez semblables à ceux d’un navire à façons; les embardées avaient peu d’étendue.

Au commencement du flot, c’est-à-dire pendant qu’on tirait les g derniers coups au Cl à plomb, la mer était beaucoup tombée : c’est à cette circonstance, autant qu’à l’habitude acquise par le pointeur, que l’on doit attribuer la justesse de ce dernier tir.

Emploi d'un nouveau pointeur.

Ce pointeur en effet n’était pas celui qui avait dirigé les tirs précédents : les déviations latérales que l’on avait eues jusque-là, soit qu’on se servît du fil à plomb, soit qu'on fît usage du pendule pour régler le pointage, étaient tellement rapprochées de celles qu’avaient données les tirs exécutés à terre avec les mêmes charges, que la commission voulut s’assurer si celle justesse inespérée ne tenait pas à une adresse toute particulière au pointeur dont elle avait fait choix d’abord. En conséquence elle avait décidé qu’avant

POL'n LES MORTIERS DES BOMBARDES. 117

de passer à des charges sup^irieures, qui pouvaient mettre le ponton ou l’aiïût hors de service, elle userait de la faculté qui lui était laissée par le dernier article du programme, en faisant tirer 20 bombes par un second pointeur, et 20 autres par un troisième, une moitié en faisant usage du lil aplomb, et l’autre moitié en employant le pendule pour le pointage. Elle adopta pour les deux séries la charge de 4 kilogrammes, qui est suffisante pour bien juger des déviations latérales. On profita du temps employé aux réparations qu’exigeait le grillage pour faire exercer en blanc, par l’ancien pointeur, les deux servants qu’il avait lui-mème choisis pour le remplacer.

Usage vicieux du nouveau système.

Vers le milieu du tir du 23, on s’aperçut que le second pointeur n’avait pas bien saisi le mécanisme du pointage par le pendule : au lieu de s’incliner à droite et à gauche pour suivre la ligne de mire mobile dans ses excursions latérales, comme l’auteur le recommande dans son mémoire, il s’attachait à maintenir son œil dans l'alignement du but et du guidon de mire fixé sur la volée, attendant pour tirer que le cran du pendule vînt se présenter dans la même direction. Cette méthode était vicieuse, car il était surpris parle passagedu cran, dont rien neluiannonçaitl’approche, tandis qu’en suivant la ligne de mire mobile, les points auxquels elle correspondait à terre lui auraient permis d’apprécier sa marche relativement au but, et de se préparer graduellement à faire feu; cette dernière méthode le dispensait d’ailleurs d’exécuter les mouvements de tête verticaux auxquels il était astreint en suivant l'autre, et qui ne

SYSTÈME DE POINTAGE

dl8

pouvaient servir qu’à détourner inutilement son attention de l’objet principal. L’infériorité du pendule, dans le tir du 23, peut tenir à cette circonstance.

Opinion du second pointeur sur le nouveau système.

Quoi qu il en soit, ce second pointeur, interrogé sur la méthode qu’il préférait, se prononça pour le pendule, parce que c’est, dit-il, une hausse ordinaire avec laquelle tous les chefs de pièce sont familiarisés, et qui permet de pointer les mortiers comme les canons.

POUR LES MORTIERS DBS BOUIIARDLS.

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Tir du mortier de 32 centimètres, exécuté le 21 juin 1S12, de huit heures quinze minutes à neuf heures trente-huit minutes, te ponton amarré à son premier mouillage, avec la charge de 4 kilogrammes de poudre.

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SYSTÈME de pointage employé.

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pendule.

SYSTÈME DE POINTAGE

OBSERVATIONS FAITES PENDANT LE TIR DU U JUIN. Baromètre, 761"'»', 9 ; tlierraomètre centigrade, 19‘>,2.

Etat du ciel et de la mer.

Forte brise du S. et S. S. O. ; mer très-houleuse de la même partie; les roulis moyens de 12®, allant souvent au double; tangage de 5° à 6°; le ponton faisant 9 à 10 oscillations en 10 secondes, et ayant des mouvements brusques et tourmentés tels, qu’on n’aurait pas cru possible de jeter des bombes utilement à bord d’un navire qui en eût éprouvé de semblables. On était obligé de prendre les plus grandes précautions pour accoster le ponton avec des embarcations ; la mer y embarquait souvent, et les servants étaient assis sur le pont pour palanquer le mortier.

Tir exécuté dan* le* conditions les plus défavorable*.

Le troisième pointeur, qui devait tirer ce jour, déclara qu’il pourrait peut-être réussir à pointer avec le pendule, mais qu’il lui était de toute impossibilité de saisir un alignement avec le fil à plomb. En conséquence la commission décida que ce tir serait exécuté par le premier pointeur, pour voir quelle était la limite de précision qu’on pouvait espérer d’atteindre avec un homme bien exercé, et dans les circonstances les plus défavorables qui pussent se présenter.

POUR LES MORTIERS DES BOMBARDES

Conjectures préalables de la commission.

Le tir étant dirigé dans le sens de la quille, les oscillations du roulis, qui étaient très-vives et fort étendues, devaient nécessairement occasionnerde grandes déviations latérales. Le cran de mire du pendule passait devant le guidon fixé sur la volée avec tant de rapidité, qu’il était bien difficile de saisir l’instant favorable pour tirer; on voyait cependant la possibilité de le faire avec une certaine approximation. Quant au pointage par le lil à plomb, on était tenté d’en désespérer; il fallait saisir l’alignement au vol, et le moindre retard dans l’exécution du feu devait occasionner une déviation considérable dans le tir; sous ce rapport, on s’attendait donc à avoir de très-mauvais résultats : l’expérience est venue démentir ces conjectures.

Avantage accidentel qui peut résulter de l'emploi d'un système vicieux.

En recherchant la cause qui avait pu favoriser le tir par le fil à plomb, on l’a trouvée dans une faute même que l’on avait commise contre les règles de ce pointage. Le tir étant dirigé dans le sens de ^ quille, ce n’était plus sur l’horizontalité de la civadière que le canonnier chargé de faire feu devait se guider, mais bien sur celle du plat-bord situé dans le sens de la longueur qui seule déterminait l’angle de projection. En observant la civadière, on ne faisait que contrôler les indications du fil à plomb : il y avait donc deux vérifications pour la direction du tir, tandis que rien ne

SVSTKME UE POINTAGE

réglait son élévation. Le canonnier chargé de tirer ne faisait feu que dans le moment où il .avait la civadière horizontale; peu importait qu’il fût en retard sur le signal du pointeur, la direction était toujours bonne, pourvu qu’il ne survînt aucun mouvement d’embardée dans l’intervalle.

SupériorUé du simple coup d'œil quand les mouvements sont désordonnés.

Au surplus, au milieu des mouvements tourmentés du ponton, l’observation de la civadière pouvait bien être en effet un guide meilleur que le pendule. Dans de pareilles circonstances, le coup d’œil, qui saisit rapidement par un simple aperçu, est souvent plus sûr que les indications des instruments de précision, dont l’usage est incompatible avec la précipitation. Mais à bord d’une bombarde les mouvements n’eussent pas été brusques et désordonnés comme ils l’étaient sur le ponton qui servait aux expériences. Ce ponton, n’ayant presque point de pied dans l’eau, était le jouet des moindres ondulations, tandis qu’une bombarde y aurait été beaucoup moins sensible, en raison de l’étendue de ses œuvres vives; sa mâture, lui servant de balancier, aurait régularisé ses mouvements, et le pendule s’y serait trouvé dans des conditions bien plus favorables.

Comparaison des deux tirs sous le rapport de leur vivacité.

Le 23 juin, les 6 premiers coups pointés avec le pendule furent tirés en 15 minutes^ et les 5 derniers en 16 minutes; ainsi le temps employé pour tirer chaque coup fut , en

POUR r.ES MORTIERS DES BOMBARDES. l‘23

moyenne, de 3 minutes 6 secondes. On mit 26 minutes pour tirer les 5 premie» coups pointés au fil à plomb, et je même temps pour les 5 derniers, ce qui porte à 6 minutes 12 se* condes le temps qu’exige chaque coup. Le 24, les 10 bombes pointées par le pendule furent tirées en 32 minutes, et les 10 autres, pointées par le fil à plomb, le furent eu 41 minutes.

Le tir pourrait être plus vif encore, car on attendait les signaux de terre pour commencer le pointage ; il paraît donc que, dans le cas d’un feu suivi, on pourrait tirer 22 à 25 bombes à l’heure en employant le pendule, et de 13 à 15 en faisant usage du fil à plomb ; c’est-à-dire que, sous le rapport de leur vivacité, les deux tirs sont entre eux comme 5 est à 3.

Inutilité des éclisset.

Malgré la violence des mouvements du ponton pendant le tir du 24 et les chocs que l’affût du mortier éprouvait à chaque roulis sur sa plate-forme, où il ne portait pas par ses 4 roulettes, on s’est assuré que la bombe n’avait pas le moindre mouvement dans l’âme du mortier. La considération de ces ballottements étant la seule qui ait déterminé la commission de Gâvre de 1841 à maintenir l’emploi des éclisses dans le tir à la mer, il est clair qu’elles doivent être abandonnées, car elles ne feraient que ralentir le feu inutilement.

Anomalies sensibles dans le trajet des bombes.

Pendant le tir du 24, et dans les tirs précédents, on a

SYSIÈME DE POINTAGE

plusieurs fois remarqué les déviations latérales capricieuses que prenaient les bombes en l’air, notamment dans la partie horizontale de leur trajectoire, déviation que les marins désignaient en disant que les bombes couraient des bordées. Cette remarque est bien propre à rendre raison des anomalies nombreuses qui se rencontrent dans le tir de ces projectiles.

Visite de l’appareil de pointage.

Après les tirs du 23 et du 24, le nouvel appareil de pointage fut visité et trouvé intact.

POUn LES MORTIERS LES BOMBARDES.

Tir du mortier de 32 centimètres, exécuté le 26 juin 1842, de huit heures vingt minutes à dix heures vingt minutes, le ponton amarré à son premier mouillage, avec la charge de 9 kilogrammes 500 grammes de poudre.

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SYSTÈME DE POINTAGE

OBSERVATIONS FAITES PENDANT LE TIR Dü 25 JUIN. Baromètre, 763’""', 5; thermomètre centigrade, 20“,3.

Etat du ciel et de la mer.

Ciel couvert, bonne brise de S. S. O. et S. ; mer houleuse et longue de la même partie; mouvements doux et semblables à ceux d’un navire à façons. A 8 heures, l’amplitude des tangages était de 4°, et celle des roulis de 8°; le ponton faisait 6 et demie oscillations en 10 secondes. A 9 heures, il faisait encore 6 oscillations dans le même temps, mais l’amplitude des roulis était réduite à 6°, et celle des tangages à 2" 30'. Les embardées petites, mais fréquentes.

Proposition d'une ceinture en filin pour serrer le bâti contre le

mortier.

Au 12° coup, le pilon de droite de la ceinture du mortier s’est rompu à la naissance du taraudage, au point où il entre dans la traverse placée derrière le châssis. On l’a remplacé par un amarrage en quarantenier, qui a permis de continuer le tir. Ce piton était en fer rond de 25 millimètres de diamètre. M. de Cornulier pense que sa rupture est due à un effet de vibration ; il croit en conséquence qu’il serait avantageux de remplacer la ceinture en fer par une ceinture en filin munie d’un piton à chaque extrémité, et qui se riderait derrière la traverse par des écrous, comme on serre la cein-

POUR LES MORTIERS DES BOMBARDES. 127

lure en fer. L’élasticité du cordage préviendrait la rupture des pitons. La commission pense que la ceinture actuelle peut être maintenue en la tenant un peu plus forte, mais qu’il y aurait lieu d’embarquer une ceinture en illin pour rechange en cas d’avarie.

Visite de l'appareil.

Au 4* coup, un des 3 boulons qui fixent la masse de mire sur la plate-bande de la tranche s’est rompu dans l’intérieur de cette moulure, en un point où il n’avait aucun effort à soutenir; il était en fer paiileux, et présentait une cassure de vieille date qui occupait plus de la moitié de sa section.

On ne trouva aucune autre avarie dans l’appareil de pointage en le visitant après le tir de ce jour : on remarqua seulement que les traces du refoulement exercé par les tourillons du pendule devenaient de plus en plus sensibles à la partie inférieure du coussinet de l’arrière et à la partie supérieure du coussinet de l’avant. Le heurtoir en chêne placé contre la culasse du mortier commençait à être endommagé par le choc de la partie inférieure du pendule.

Effet de la détonation sur les pointeurs.

Dans le tir à la charge de 9 kilogrammes 500 grammes, le pointeur s’est tenu constamment à 4 mètres en arrière du mortier, sans être incommodé par la détonation. Il éprouvait quelques secousses dans la poitrine, et s’est bien trouvé de l’usage d’un corset. Pendant le pointage au fil à

SYSTÈME UE POINTAGE

plomb, le canonnier qui lirait était placé à 2*°, 60 du mortier, par le travers et au vent de la bouche à feu, tournant le dos à la bouche de la pièce pour observer les signaux du pointeur. Il s’est plaint des secousses que le ressaut du pont lui donnait dans les jambes et dans la poitrine. Ni l’un ni l’autre n’ont ressenti des commotions incommodes dans la tête ou dans les entrailles. Il y a tout lieu de croire que le ressaut du pont eût été moins violent sur une bombarde, où l’ébranlement vient de plus loin et est moins sensible en raison de la masse du bâtiment qu’il doit émouvoir.

POUR LES UORTIERS DES BOMUARDES. -129

Tir du mortier de 32 centimètree, exécuté le 27 juin 1842, de neuf heures cinquante-six minutes à onze heures trente-quatre minutes, le ponton amarré à son premier mouillage, avec la charge de 9 kilogrammes 500 grammes de poudre.

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PBOrOSITIONS su* LF. rol.lTAOB* 0

SYST(:HE UE POINTAGE

OBSERVATIONS FAITES PENDANT LE TIK Dl! 27 JUIN. Baromètrp, 773™»' ,0; thermomèlre cciiligradc, 21°.

Etat du ciel et de la mer.

Petite brise du N. N. O. Calme depuis 10 heures et demie jusqu’à la fin du tir, où la brise du large s’est faite du S. O. Mouvements très-doux, embardées fréquentes, maispetites ; ciel très-clair, longue houle du S. O. Amplitude des roulis, 4°; amplitude du tangage, 3°-,leponton faisait 6 oscillations en 10 secondes.

Avarie dans le système du fil aplomb.

Au 10' coup on s’est aperçu que le tenon du cercle en fer qui porte la masse de mire destinée au pointage par le fil à plomb était rompu au ras de la plate-bande. On a tracé des repères sur ce cercle, et à chaque coup on s’assurait, avant de tirer, qu’il n’avait pas dévié à droite ou à gauche.

Visite de V appareil du pendule.

L’appareil de pointage par le pendule a été visité après le tir de ce jour, et trouvé en bon état.

POUR LES MORTIERS DES BOMBARDES

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