‹ Propositions et expériences relatives au pointage des bouches à feu en usage dans l'artillerie navaleChapitre 11 sur 21 · DERNIER TIR DU MORTIER DE 32 CENTIMÈTRES, EXÉCUTÉ LE 28 JUIN · texte numérisé non relu

DERNIER TIR DU MORTIER DE 32 CENTIMÈTRES, EXÉCUTÉ LE 28 JUIN

Objet du dernier tir.

Le tir de ce jour n’avait plus pour but de comparer entre eux les deux systèmes de pointage sous le rapport de leur exactitude; on se proposait seulement de faire subir une dernière épreuve de force à l’appareil du pendule, aün d’ôtre bien assuré qu'il présentait une résistance suffisante pour être admis dans le service. Pour l’éprouver dans son état régulier, on avait fait réparer le piton de la ceinture qui s’était rompu dans le tir du 25.

Charge de poudre.

La charge de poudre employée était de 12 kilogrammes, et on lançait les bombes à la mer sans s’astreindre à pointer dans une direction fixe. On tirait le mortier de la cale du ponton; le grand nombre de coups que la bouche à feu avait déjà supportés avait déterminé la commission à prendre cette précaution.

Effet des grandes charges sur le ponton.

Dans le tir à cette charge, qui était dirigé par le travers, le ponton souffrait beaucoup dans ses œuvres mortes. Du côté de la bouche du mortier, l’étoupe sortait des coutures, et la muraille, élevée seulement de 82 centimètres au-dessus du pont, avait ses bordages intérieurs crevés à chaque * coup, bien qu’ils fussent en chêne et de 76 millimètres

SYSTÈME DE POINTAGE

d’épaisseur (1). La couronne chevillée avec le grillage pour mainlenir la plate-forme de l’affût avait largué, et était remontée de 10 centimètres au-dessus du plan supérieur.

Effet de la détonation sur les servants.

Quant à la détonation, elle était bien soutenable à la distance de 5 mètres, derrière la bouche à feu. A cet égard, la commission a remarqué qu’au delà de 6 kilogrammes l’intensité des détonations ne croissait pas, à beaucoup près, dans le même rapport que les charges de poudre; on était toujours surpris de ne pas les trouver plus fortes d’après l’idée qu’on s’en était faite sur les petites charges.

Déplacement de la plate-forme.

Au 6' coup de la charge à 12 kilogrammes, la partie inférieure de l’affût du mortier, dans laquelle le pivot est implanté, est sortie de son encastrement par l’effet du ressaut du grillage; elle est retombée obliquement, portant de l’arrière sur le rebord de la couronne, et il a été impossible de la remettre en place.

(1) En réparant le ponton, au mois de mai 1813, on a reconnu un effet singulier du tir au mortier qui n’avait pas été aperçu d’abord. Plusieurs parties de burdagcs'ne présentaient plus qu'une réunion de fibres ligneuses juxtaposées, sans adhérence entre elles, et qui, selon l’expression descalfats, étaient réduites à l’état d’un paquet d'allumettes, bien qu’elles parussent intactes à l’œil.

POUR LES MORTIERS DES BOMBARDES

Fin des expériences.

Pour continuer les expériences, il aurait fallu rentrer le ponton dans le port et débarquer le mortier; la commission a jugé inutile d’opérer ce mouvement. Elle ne se proposait plus que de tirer cinq autres bombes à la même charge, elle s’est trouvée suffisamment éclairée par les tirs précédents, pour pouvoir se prononcer avec connaissance de cause.

Inconvénients d'un grillage trop élastique.

L’accident qui a mis fin aux expériences est dCl à la trop grande élasticité du grillage. On s’était attaché à lui donner cette qualité, dans le but d’amortir les commotions du tir dont on craignait l’effet sur le corps du ponton, qui était d’un faible échantillon. Cependant, dès les premiers coups d’essai qui furent tirés, on reconnut que cette élasticité était excessive; la plate-forme restait fixe, mais la partie mobile de l’affût remontait le long du pivot à une hauteur telle, qu’on craignit de la voirdécapeler, car ce pivot n’a que 13 centimètres do saillie. Lors do la première rentrée du ponton dans le port, on diminua cette élasticité en remplissant par des planches de sap et de liège les vides qu’on avait d’abord ménagés entre quelques plans du grillage; mais cette précaution ne fut pas suffisante.

Il résulte des observations précédentes que, dans l’établissement des grillages des bombardes, on doit se garder de leur donner une trop grande élasticité. On ne gagnerait rien à boulonner la plate-forme avec le grillage, car ce serait alors le pivot qui pourrait se déboîter. Dans tous les cas, les grands ressauts du mortier doivent mettre promptement

système: üè pointage

sou afTùt hors de service, et ce serait un mauvais calcul que (le sacrifier la bouche à feu dans le but de ménager le corps du bâtiment.

Visite de l'appareil de pointage.

Après le tir de ce jour, on démonta l’appareil de poin* tage; toutes les pièces qui le composent furent visitées en détail et trouvées intactes. Les coussinets seuls avaient subi une petite déformation : de circulaires, les encastrements des tourillons étaient devenuselliptiques; mais, en cet état, ils étaient encore susceptibles d’un long service.

Récapitulation des épreuves.

En récapitulant les épreuves auxquelles cet appareil a été soumis, on trouve qu’il a supporté sans éprouver aucune avarie de quelque considération :

80 coups ù la charge de 4 kilogrammes de poudre,

40 coups à la charge de 6 kilogrammc.s,

40 coups à la charge de 9 kilogrammes .ôOO grammes, et 5 coups à la charge de 12 kilogrammes.

Visite de l'affût.

Quand l’affût du mortier fut débarqué, la commission constata qu’il se trouvait dans l’état suivant : les assemblages étaient ouverts et disloqués; les parties en fer, telles que plaques circulaires, plaque de pivot, boulons, etc., étaient rompues ou ployées. Le bois adhérent aux parties avariées avait obéi à l’impulsion du fer, et se trouvait cassé princi-

POUR LES MOHTIERS UES BOMBARDES. 135

paiement à la plate-forme ou partie Oxe de l’affût, qui présentait deux cassures telles, qu’elle était presque séparée en trois parties. Partout les libres du bois s’étaient ouvertes profondément. Enfin la direction d’artillerie jugea que cet affût ne pouvait être réparé qu’en changeant la majeure partie des pièces qui le composent, et qu’il devait être considéré comme hors de service.

DÉDUCTION DES DÉVIATIONS LONGITUDINALES ET RÉDUCTION DES DÉVIATIONS LATÉRALES A LA LIGNE DE TIR MOYENNE.

Conformément à l’usage adopté par la cômmission de GAvre, et pour rendre les résultats du tir à la mer immédiatement comparables à ceux du tir exécuté à terre, on a rapporté les déviations latérales de chaque tir à une ligne moyenne déterminée, de telle sorte que la somme des déviations à droite fût égale à la somme des déviations à gauche. Ce sont ces déviations rectifiées qui figurent dans les tableaux suivants sous le nom de déviations latérales rapportées à la ligne de tir moyenne.

On a également fait entrer dans ces tableaux les déviations longitudinales ou les différences de chaque portée particulière à la portée moyenne du tir auquel elle appartient; ces deux déviations donnent des dimensions du rectangle qui représente la dispersion moyenne des coups.

SVSIKME DE POINTAGE

Tir du mortier de 32 centimètres, Pointage par le pendule.

tOUn lÆS MORTIERS DES BOMBARDES.

à la charge de 4 kilogrammes.

Pointage par le til à plomb.

MARQUE

des bombes en blanc.'

PORTÉE

DÉVIATIO!»

longitu-

dinale.

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la lé rapp à la ligr moy<

.V gauche.

LTION raie oriée le de lir ;nne.

A droite.

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Q.ias-ne

Moyenne.

Tir du 7 juin.

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JD

JD

Moyenne.

Tir du mortier de 32 centimètres.

Poinlagi' par le pendule.

UABQDB des bombes en rouge.

PORTÉE

DÉVIATION

longitu-

dinale.

DÉVIATION latérale rapportée à la ligne de tir moyenne.

A gauche.

A droite.

ir du 23 juin -h 44“0

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Moyenne.

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r du 24 juin.

, Moyenne.

POUR LES MORTIERS UES BOMDARUES

l.’iO

d la charge de 4 kilogrammes.

Pointage par le (ii à plomb.

MARQUE

des bombes en blanc.

PORTÉE

DÉVIATION

longitu-

dinale.

DHVrA latéi ruppc à la lign moye

A gauche.

TÎON

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A droite.

r du 23 juin

Q.OSOn-V

Moyenne.

Tir da 24 jaio

Moyenne.

ststi:he de pointage

Tir du mortier de 32 centimètres,

Pointage par le pendule.

MARQUE

des bombes en rouge.

PORTEE

DEVIATION

longitu-

dinale.

DÉVIATION

latérale rapportée à la ligne de tir moyenne.

A gauche.

Tir du 14 juin.

17ra4

Moyenne.

Tir du 16 juin

Moyenne.

POUR LES MORTIERS UES OOXCARUES. 141

à la charge de 6 kilogrammes.

Pointage par le fll à plomb.

MARQUE des bombes en blanc.

PORTÉE

DÉVIATION

longitu-

dinale.

DÉviy laté rapp à la ligr moy

A gauche.

ITION raie oriée le de tir enne.

ir du

14 juin

fi

Moyenne.

Tir du

16 juin

Moyenne.

SYSTÈME DE POINTAGE

Tir du mortier de 32 eentimilres,

Pointage par le pendule.

mabqee des bombes

PORTÉE

DÉVIATION

longitu-

dinale.

DÉVIATION

latérale rapportée à la ligne de tir moyenne.

A gauche.

ir du

25 juin

Moyenne.

Tir du

27 juin

In'O

Moyenne.

POUR l.nS HOIITIURS DES COMBAUDES.

d la charge de 9 kilog. 500 gram.

Pointage par le Til à plomb.

MARQUE

des bombes en blanc.

PORTÉE

DËVIATIO.T

longitu-

dinale.

DÉVIATION latérale rapportée à la ligne de tir moyenne.

A gauche.

'ir du 25 juin.

H~ Si, 5

Moyenne.

Tl

r du 27 juin.

llO-O

JD

Moyenne.

Résumé des expériences.

SYSTÈME DE POINTAGE

10 I 25 juin. . 3,508,0 3,520.2 68,1 52,4 89,9 110,0

10 1 27 id. . . 3,340,2 3,325,9 48,8 80,5 107,5 108,7

Moyennes 3,424,1 3,423,0 58,4 66,4 98,7 109,3

POUR I.ES MORTIERS DES BOMBARDES

Des portées.

D’après la labié de lir qui résulte de l’ensemble des expériences exécutées à Gâvre en IMO, les portées moyennes qu’un aurait dû obtenir avec les trois charges précédentes étaient de 2,255 mètres, 3,0(M mètres et 3,568 mètres; tous les tirs exécutés à la mer sont restés en deçà : la commission a dû rechercher la cause de cette infériorité.

Vérification de la poudre.

Les charges de |K>udre avaient été pesées avec beaucoup de soin ; on a vérifié do nouveau une partie do l’apprêté qui restait après les expériences, et les poids ont été trouvés exacts.

La poudre était sèche, de couleur ardoisée, à grains anguleux, inégaux et durs; elle contenait une quantité notable de poussier provenant sans doute de la manipulation que sa mise en gdrgousscs avait exigée. Elle avait été fabriquée au Bouchet en 4840; la portée indiquée sur les barils était de 237 mètres. On l’a vérifiée de nouveau à l’éprouvette le 30 juin, la pression barométrique étant de 757 millimètres et la température de 22*’ centigrades. On s’est servi de l’éprouvette en bronze n"49, Rochefort 4833, poids 443 kilog., 800, et de deux globes, l’un en bronze, pesant 29 kilog., 380, et l’autre, en fonte de fer, qui pesait 29 kilog., 347. Cette éprouvette et ces globes étaient les miV: mes qui avaient été -employés à Gûvrc en 4840 ci 1841; on s’est assuré, par les vérifications d’usage, qu'ils étaient

to

rftOFOsz'nons sur li pointage.

141» SVSTf-ME DE POINTAT.E

encore réguliers. Le tnbleau suivant montre le résultat des expériences.

PORTÉE. 1

ORDRE

des coups.

! Moyennes. .

1 On avait trouvé i

en 1840. . . .

j à Gavre. ... 1

en 1841. . . .

La petite différence qu’on remarque entre les portées de 1840, 1841 et 1842, paraît tenir uniquement au plus long

l’OMl I.ES SIOKTIF.US UES DOJIItAISUiTS. 147

service de l'éproiivelle, caron a remarqué à G.ivre, en 1840, qu’avec la même poudre elle donnait régulièrement des portées de moins en moins fortes.

Vérification delà ligne jalonnée.

La poudre que l’on avait employée étant identique avec celle dont on s’était servi dans le tir du mortier à terre, la commission chcrclia si l’infériorité des portées qu’elle avait obtenues ne tenait pas à quelque erreur sur la mesure des distances.

Le mât de pavillon de la batterie Verte, situé sur la ligne de tir même, et qui servait toujours de point do mire, était le point de départ duquel toutes les distances étaient comptées. En traçant sur le plan des passes et rades de Lorient et de Port-Louis (n® 130 du catalogue de l’bydrograpbie française) les alignements qui déterminaient la position du premier et du second mouillage du ponton-bombarde, on avait trouvé que la distance de ce mât au premier poste était de 2,480 mètres, et que sa distance au second poste était de 1,930 mètres.

28 juin on vérifia ces distances au moyen d’une triangulation. La ligne jalonnée fut conduite jusque sur la plage de l’anse de Goerem, et l’on trouva (pi’il y avait 1,180 mètres de la batterie Verte à cette plage. Au point où l’on s’était arrêté, on mesura une base de 301 mètres, dirigée perpendiculairement à la ligne jalonnée, et l’on forma avec clic un trianglequi avait son sommet au milieu du ponton. Les trois angles furent mesurés avec un sextant, et le calcul du triangle donna 1,350 mètres pour la distance de la base au

SYSTfiMK I»E POINTAGE

premier poste du ponton; d’où l'on conclut que ce premier poste était éloigné de 2,530 mètres de la batterie Verte. D’après les alignements portés sur le plan, on avait d’abord adopté 2,480 mètres pour cette distance; ainsi il fallait ajouter 50 mètres à toutes les portées obtenues. La même correction s’appliquait .i la position du second poste, qui se trouvait ainsi placé à 1,980 mètres de la batterie. Tous les résultats rapportés ci-dessus ont été rectifiés d'après celte détermination.

Les mesures prises sur le terrain, tant pour les déviations longitudinales que pour les déviations latérales, le furent toujours en présence de la commission, et on y apportait un grand soin; la position des piquets numérotés qui servaient de repères fut vérifiée plusieurs fois, et les différences entre les mesures ne s’élevèrent jamais qu’à une fraction insignifiante; on s’assura de l’exactitude des chaînes; enfin la commission croit pouvoir répondre de la précision de .ses chiffres à 2 ou 3 mètres près sur mille.

Une erreur dans Vèlévalion du tir ne peut être la cause de la réduction des portées.

Les portées réduites que l’on avait obtenues ne pouvant provenir ni du poids des charges, ni de la qualité de la poudre, ni de la mesure des distances, on chercha si la réduction ne tenait pas à l’élévation du tir. Une erreur de ce genre n’était guère compatible avec l’usage du pendule, qui détermine l’angle de projection d’une manière tout à fait satisfaisante; en comparant entre elles les portées moyennes do chaque tir dans les deux systèmes de pointage, on Iroii-

i-OLn t.KS Jiom liens dks uoiiuaiiues. 110

vaii presque une ideniiié parfaite : la cause véritable de l’infériorité des portées devait donc exister ailleurs.

Influence de la densité de l’air sur la grandeur des portées.

On avait exécuté plusieurs tirs avec les mêmes charges, mais à des jours différents, et l’on remarquait, d’un jour à l'autre, des variations déportées trùs-sensibles qui ne pouvaient provenir que d’un changement dans la densité de l’air. La résistance que ce fluide oppose au mouvement des [irojectiles est telle, que la portée des bombe^dans l’air est réduite à moins de la moitié de ce qu’elle serait dans le vide avec la même vitesse initiale; l’étal de l’atmosphère estsujet à des variations considérables; il convenait donc de prendre en considération la force retardatrice qu’il oppose au mouvement des bombes dans leur longue trajectoire.

Il manquait à la commission un deséléments nécessaires à la détermination exacte de la densité de l’air : elle n’avail point eu d’hygromètre à sa disposition. Les expériences de Gâvre et les siennes ayant été faites à peu près dans la même saison, elle a pu admettre, sans craindre d’erreur sensible, que la température de l’almosplière était la môme dans les deux cas , et qu’elle tenait en suspension la môme quantité de vapeur aqueuse. Klle s’est donc bornée à prendre en considération la pression barométrique, celui des trois éléments ([ui varie avec le plus de rapidité;, et qui influe le plus sur le résultat, le seul qu’il soit peut-être réellement utile de faire intervenir dans une recherche de ce genre.

Dans l’explosion, la force expansive de la charge est employée à chasser non-seulement le projectile, mais encore la colonne d’air qui repose sur la (loudre. Celle force doit

SYSTKMIÎ I>E POINTAGE

donc se mesurer par la vilesse qu’elle imprime aux masses réunies du projectile et du volume d’air déplacé.

Une même charge ne pouvant communiquer qu’unequantité de mouvement déterminée, la vitesse qu’elle imprime au projectile et au volume d’air dépend de leurs densités.

On a constaté depuis longtemps, et entre autres à Gâvre en 1831, qu’une augmentation de densité du projectile entraînait toujours une réduction de vitesse initiale; la même chose doit arriver pour le volume d’air déplacé quand son poids varie. Si la densité de ce volume augmente, son déplacement exige l’emploi d’une force plus considérable; il en reste moins pour agir sur le projectile, et la vitesse initiale de celui-ci doit diminuer comme s’il avait acquis lui-même l’excédant de son poids.

C’est ainsi que la pression atmosphérique peut modifier les vitesses initiales elles-mêmes, et, par suite, avoir une double action sur l’étendue des portées.

Plaçant les portées obtenues en regard des hauteurs barométriques correspondantes, la commission a remarqué qu’il existait entre elles un rapport constant, comme on peut le voir dans le tableau suivant.

CHARGE DATE UAGTEIR PORTEES. DIRECTION

SYSTÈME DE POIÎiTYGE

La force et la direction du vent n'ont pas sur la grandeur des portées rin/Uience qu’on leur attribue.

Le 24 juin, la direclion tlu vcntéianl presque perpendiciilaiie à la ligne de tir, on obtient des portées plus fortes que les autres jours où celte direction se rapprochait de celleque suivaient les projectiles.

Avec des vents de la même direction et tous les deux favorables aux portées, on jette les bombes plus loin le 14 qu’on ne le fait le 16, où la brise était cependant plus forte que le 14.

Le 25, la direction du vent étant perpendiculaire à la ligne (le tir, et ne pouvant par conséquent avoir aucune influence sur la grandeur des portées, on en obtient de trèssupérieures à celles du 27, où il faisait à peu près calme, c’est-à-dire où l’on se trouvait dans les mêmes conditions relativement au déplacement de l’air.

Il semble résulter clairement des rapprochements qui précèdent que la direction et l’intensité du vent ont, sur la grandeur absolue des portées, une influence moindre que celle qui leur a été attribuée jusqu’ici, et que ce sont les pressions barométriques qui jouent le principal rôle dans les anomalies qu’on rencontre entre les tirs exécutés à différents jours. Cette remarque est analogue à celle qui a été faite par M. Daussy, relativement à la hauteur qu’atteignent les marées selon les circonstances atmosphériques.

POUR LES MORTIERS UES DOMBAROES

napjiort des différences de portée aux différences de pression atmosphérique.

Los poilées moyennes des 25 et 27 juin diffèrent entre (dios de 180 mètres, et celte différence semble due tout entii;ie à la difl'érence de 1 centimètre qui existait entre les li.iiilcurs baroiiiélriques à ces deux jours. Une pareille iniliioiice mérite sûrement d’èire prise en considération dans la [ualiquedu tir, c’est pourquoi ou a cherebé à s’assurer do la constance de sa manière d’agir.

Dans le tir exécuté à Gàvre en 1840, l’influence de la pression barométrique est bien marquée sur plusieurs séries; souvent une diflércnce de 1 kilogramme dans la charge de poudre ne suffit pas pour l’effacer, et, dans le tir de 1841, si l’on excepte la série du 5 juillet, qui présente une anomalie, tous les résultats que contient le tableau ci-après coniirment la loi énoncée.

l’Ocn i.ES iioiniEHS des bohuauoes. 155

Kii comparant entre eux les résultats obtenus à Gùvre en 1840 et 4841, on lit dans le procès-verbal de celle dernière année.

« Avec la charge de 4 kilogrammes, les portées des deux années sont à peu près les mêmes', mais, à la charge de 13 kilogrammes, la portée de 1840 surpasse celle de 1841 de 107 mètres. Il n’est pas inutile d’observer (pi’en 1840 on introduisait dans la bombe un mélange de sable cl de sciure de bois pesant 3 kilog. 18, tandis qu’en 1841 on ne plaçait dans la bombe ((ue 270 grammes do poudre. La force retardatrice de la résistance de l’air se trouvait donc un peu plus forte dans le dernier cas, et la différence pouvait être sensible lors des grandes i)oriécs. »

A l’explication précédente on pourrait avec succès substituer la considération des pressions mesurées par la hauteur barométrique, en prenant en considération la variation de la densité de i’air, au lien de la variation de la densité des bombes; mais, avant d’établir celle comparaison, il est nécessaire d’examiner comment les moyennes déünitivcs ont été obtenues.

Les portées qui ligureni dans la table du tir de Gàvre ne sont pas celles qui résultent de chaque série prise isolément; d’après la manière dont elles ont été déterminées, elles participent de celles qui les précèdent et de celles qui les suivent. Pour lixer la hauteur barométrique qui leur correspond, on ne doit donc pas se borner à prendre celle qui avait lieu le jour de l’expérience que l’on considère ; il faut adopter une moyenne entre celle-ci et les hauteurs qu’on a observées dans les deux tirs précédents et dans les deux tirs suivants. C’est ainsi que l’on a fixé ces hauteurs dans le tableau ci -a près.

SYSTEME UE POISTACE

Comparaison des portées obtenues à Gdcre en 4840 et en 48^i 1 .

TIR Dl;

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