‹ Propositions et expériences relatives au pointage des bouches à feu en usage dans l'artillerie navaleChapitre 15 sur 21 · A L’EXTENSION DES HAUSSES MARINES · texte numérisé non relu

A L’EXTENSION DES HAUSSES MARINES

Demande d’eipÿrienc«s pour déterminer la limite eitréme qu'il convient d'assigner à l'usage des hausses fiies dans la marine.

Dans un mémoire adressé à M. le ministre de In marine, au mois de mai 1841, et qui a été inséré dans les Annales maritimes de la même année, 2® partie, t. II, p. 741 (voir le Journal des armes spéciales, 1841, p. 658), j’ai proposé d’étendre l’usage des hausses-marines ordinaires jusqu’à l’angle de projection de 8”, pour les pièces de gros calibre, en faisant traverser à ces hausses, soit l’extrémité du cul de lampe, soit le collet du bouton de culasse en avant de la brague (1) , et en reportant à l’extrémité de la volée la masse de mire qu’on établit aujourd’hui à la hauteur des tourillons.

(1) Pour que les bragues ne se coupent pas dans le tir, il est important qu’elles s’appliquent sur un«î surface continue et arrondie telle que le cul de lampe, et c’est dans ce but qu’on

PROFOSITIO.VS SUR LE POl.N'TAGB. 15

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J’ai fait remarquer que cette disposition peut être réalisée sans apporter aucune modification importante à la forme des canons, et qu’elle aurait l’avantafçc de fournir une ligne de mire plus longue que celle par laquelle on pointe aujourd’hui dans le rapport de 9 à 4, d’ou devait résulter une plus grande précision dans le pointage.

Je citais des circonstances de mer où il peut être utile de tirer à de grandes distances, et j’appelais l’attention sur la nécessité de donner aux canonniers un moyen de régler le tir au-delà des limites des hausses actuelles, moyen dont ils sont maintenant absolument dépourvus.

Relativement à la limite de 8°, que j’assignais à l’emploi du tir surbaissé proprement dit, je m’attachais à montrer que les projectiles conservent encore, aux portées qui lui correspondent, une vitesse suffisante pour produire un grand effet sur les murailles ou sur la mâture des navires ; que leur direction est assez rasante pour frapper quelcjue partie importante (1); enfin, que, pour des pièces tirant par le travers.

a mis le fond de l’anneau de brague tangent à eette surface. La disposition la plus avantageuse serait done celle dans laquelle le curseur serait noyé dans la saillie du cnl-de-lampe et iln’y aurait d’autre objection que celle de l’affaiblissement du métal dans cette partie. Dans certaines pièces, comme le 30 long par exemple, 1 'épaisseur du métal est tellement exagérée dans le sens de l’axe que l’ouverture de la mortaise à l’extrémité du cul-de-lampe, n’aurait aucun inconvénient; pour d’autres pièces, il serait peut-être prudent d'augmenter la saillie de cette moulure d’un ;i deux centimètres

(1) I.a déviation en hauteur est un élément très important pour déterminer les limites de précision du tir surbaissé; poulies grandes portées, elle est presque impossible à déterminer par des expériences directes, mais le calcul la donne avec une grande facilité et une approximation suffisante, en la suppo-

POUR LES CANU.'SS-UBUSIBRS

les déviations latérales qui proviennent de l'inclinaison de l’axe des tourillons sont assez restreintes pour permettre l’usage de hausses tixes jusqu’à cette élévation .

sant égale au produit de la déviation longitudinale par la lan-

§ ente de l’angle de chute. La déviation longitudinale moyenne es obus de 32 cm. lancés sous langle de 8° est d'environ 63 mètres; leur angle de chule étant de 12'’'36’, la déviation en hauteur correspondante à l’écart moyen de la portée est de 14 mètres.

On peut considérer comme vulnérable, dans un bâtiment , toute la partie comprise entre la flottaison et le chouque du grana mât ; cette zône n’a pas moins de 28 mètres pour un vaisseau ou pour une frégate de premier rang; ainsi, en visant avec la hausse qui convient â la distance, à un point situé à <4 mètres au-dessus de la flottaison, les écarts moyens des projectiles resteront compris entre les limites utiles.

En prenant pour but un rectangle dont la hauteur est égale à l’élévation au chouque du grand mât au-dessus de la flottaison, et qui a pour base la longueur totale du navire, on ne peut se dissimuler qu’un grand nombre de projectiles pourront le traverser inutilement au-dessus des bastingages; mais, d’un autre côte, il ne faut pas perdre de vue que ce tir dirigé à de grandes distances est spécialement applicable nu cas de chasse dans lequel une avarie faite à la mâture a bien plus d’importance que celle qui arriverait dans la coque même. D'ailleurs, quand on sc représente un navire avec ses voiles appareillées au plus près, on aperçoit que les causes d’avaries sont bien plus multipliées qu’on ne le jugerait en voyant un navire dans le port.

Quoi qu’il en soit, on ferait certainement une chose utile en dressant une table qui donnerait pour chaque espèce de pièce servant au tir surbaissé, les déviations laUirales et verticales moyennes qui correspondent aux différentes portées, aux différentes charges et aux divers projectiles employés. Cette table servirait à régler le tir selon le rang des bâtiments contre lesquels le feu serait dirigé, selon la distance où ils SC trouveraient et selon qu’on se proposerait de les frapper : dans la coque seulement ou dans la roque et dans la mâture indifféremment.

192 SYSTÈME UE POlMAtiE

Ayant soumis cetlc proposition à M. l’amiral Lalande, il m’a fait riioiineur d’y ajouter les observations suivantes : « Quoique le tir rasant soit le meilleur et, je crois, le seul bon « pour les combats rapprochés , je pense comme vous que, « pour les cas de chasse et de retraite , les mires actuelles sont « insuHisantes, et qu’il convient de les perfectionner. Je crois « que le perfectionnement que vous proposez pour la hausse « de culasse est praticable et avantageux, mais je ne pense « pas qu’il faille placer un fronteau de mire h l’extrémité de « la volée. C’est ainsi que je l’avais fait installer d’abord sur « les frégates la Magicienne et la Fleur-de-Lys, en 1826 et « 1827, et j’en ai reconnu les inconvénients : tout s’y accro- « che en dehors ; ce qui dépasse le bordage extérieur doit être « adouci et aminci autant que possible. »

Me rangeant à cette opinion de M. l’amiral Lalande, j’ai modifié ma proposition de la manière suivante.

J’ai renoncé é placer à la volée des pièces une masse de

La table dos déviations verticales servirait, en outre, à faire connaître à quelle hauteur au-dessus de la flottaison on doit ■viser, quand les ricochets sont impossibles, pour que la majeure partie des projectiles ne soit pas perdue avant d'atteindre le but. Les procès-verbaux de Gâvre contiennent tous les éléments nécessaires pour dresser cette dernière table; il n’y aurait qu’à en déduire les résultats. *

* Cel appel n'a point été fait en vain ; M. le profe-seur liélie, à qui l’on doit la rédaction du résumé des eipéricnces d'artillerie, exécutées à Givre de 1850 à 1840, vient île terminer un inéinoire sur la théorie des déviations des projectiles pour toutes les bouches à feu en usage dans la marine, et qui contient une table des déviations latérales observées à toutes les portées du tir surbaissé, il admet que les déviations en hauteur sont égales aux déviations latérales. Il est fort à désirer que cet intéressant travail soit bientôt publié.

POUR LES CANONS-OBLSIERS

mire assez haute pour Égaliser le rayon de celle partie à celui de la culasse; je laisse le bourrelet tel qu’il existe aujourd’hui, plaçant seulement dans son cran de mire un petit guidon fixé par une vis et qui prÉsetile une saillie de 8"""; il sert in viser quand on lire au-delà des limitt>s que comporte le fronteau. Par celte disposition, on conserve, pour les grandes distances, l’avantage d’une longue ligne de mire, et la hauteur de la hausse est diminiiÉe de la dillÉrence qui existe entre le rayon de la cidasse et celui du bourrelet.

Pour pointer aux distances rapprochées, on se servirait d’une masse de mire établie dans la position actuelle, à la hauteur des tourillons, mais dont l’élévation serait aussi réduite que possible ; c’est-à-dire qui ne ferait qu’égaliser le rayon de cette partie de la |»iéce à celui du champ de lumière ( 1 ) .

Kn ce qui louche h>s canons-obusiers n“ 1 , de 22“", l’uti-

(I) Dans les pièces anciennes, on fixait la masse, de mire au moyen de deux brides ipii prenaient leur point d'appui sur les tourillons; les canons nouveaux portent un support de masse de mire coulé avec eux : on ne voit pas bien ce qui empêcherait de donner à ce support une liaulcur telle qu’il ne fût plus nécessaire de le surmonter d’une masse accessoire cl qu’on pût en faire immédiatement im support de guidon.

Le pointage par deux guidons différents selon les distances ne peutjamais présenter aucune incertitude', car orme voit pas le guidon du bourrelet i|iiand on pointe par celui des tourillons et la volée de la pièce cacherait le but si l’on voulait viser par ce dernier quand on a donné à la baussse une élévation telle qu’on doive employer la mire la plus éloignée avec elle.

En réduisant l’élévation de la massi’ de mire à son minimum, on profite aussitôt que possibb; des avantages que présente l’emploi d’une longue ligne de mire.

SYSTÈME DE POINTAGE

lité d’un moyen de pointage plus étendu que celui dont on dispose aujour d’hi n’est pas douteuse ; la commission qui a examiné le système de hausse mobile que j’ai proposé pour régler le tir de cette bouche à feu jusqu’aux plus grandes élévations qu’elle puisse recevoir sur son affût, a été unanime pour reconnaître , dans son rapport en date du 20 juin dernier , que ce système devait être appliqué, non-seulement aux pièces qui tirent par des sabords à sommiers mobiles, mais encore à celles qui sont placées dans les batteries couvertes, bien que là son usage soit restreint aux élévations comprises entre 3® 1/2 et 12®, et qu’il y exige un double appareil.

S’il se trouvait que les hausses fixes donnassent un tir suffisamment exact jusqu’à 12® d’élévation (1), on serait dis-

(1) L’extension qu’on peut donner utilement aux hausses fixes, parait démontrée par des faits d’application. Sur le gaillard d'arrière du bâtiment à vapeur Anglais le Phénix, est établi un raiion-obusier pourvu d’une hausse de ce genre. En pointant avec elle, les olliciers de ce bâtiment assurent avoir tiré en Syrie un grand nombre de coups fort bien ajustés, la culasse de la pièce reposant sur la sole, ce qui répond à un angle de projection de 12 “ au moins, avec l’affût à pivot sur lequel elle est montée.

La hausse que les Anglais emploient pour arriver jusquelà, est excentrique et diffère essentiellement de celle que j’ai proposée. Sur le tourillon gauche de la pièce, et à une distance de l’axe égale au rayon de la plate-bande de culasse est fixé par une vis un guidon de mire qui déborde la sus-bande de 5 A 6““ ; un arc en cuivre d’environ 30“ et du même rayon de la culasse, est appliqué sur la partie gauche de la plate-bande et y est fixé par trois vis De l’extrémité inférieure de cet arc, qui répond horizontalement au guidon de mire quand la pièce est droite, s’élève une tige verticale haute d’environ 16"" , son sommet est maintenu par une branche oblique un peu arquée, qui vient se réunir à l’extrémité supérieure de 1 arc appliqué sur la plate-bande. La tige verticale est graduée et

POUR LES CANONS-OBUSIEHS 195

pensé d’adopter des hausses mobiles aux canons-obusiers tirant par des sabords à sommiers donnants : et l’on atteindrait alors le but qu’on se propose pour ces pièces avec une grande simpliiication dans l’appareil de pointage. Cette considération paraît décisive pour entreprendre des expériences qui fassent connaître au juste la grandeur des déviations que l’on obtient à la mer, en se servant de hausses lixes pour pointer les obusiers de 22""' jusqu’à cette élévation de 12®.

En étendant jusque-là l’usage de ces hausses, ce n’est pas à dire qu’on dût les utiliser tout entières pour tirer contre un navire; on pourrait, dans ce cas, s’arrêter à l’élévation maximum de 8", sauf à aller plus loin si les obus étaient dirigés contre un fort ou contre une ville à la manière des bombes, l’essentiel est de mettre tous les moyens à la disposition des capitaines des bâtiments et de leur en laisser régler l’usage selon les circonstances.

Les expériences qui sont relatées dans le rapport du 20 juin 1842, ci-dessus mentionné, montrent qu’en employant les hausses mobiles pour le pointage, la déviation latérale moyenne des obus de 22 cm. tirés sous l’angle de 8®est d’environ 20 mètres; cet écart est fort tolérable, et tout porte à croire qu’il ne serait pas sensiblement plus grand en se

porte un curseur que l’on fixe à la hauteur convenable par UIHÎ vis de pression ; on pointe en visant par ce curseur et par le guidon établi sur le tourillon.

(Je système est léger et peu embarrassant, mais il peut aisément être faussé ; il a surtout l’inconvénient de donner une ligne de mire trop courte ; enfin, son défaut d’analogie avec le système en usage pourrait être un obstacle à son adoption dans notre marine, car riiniformilè des moyens de pointage facilite tellement rinslructioii des canonniers qu’on ne doit pas s'en départir sans une nécessité bien constatée.

196 SYSIKME DE POEMAGE

servant de hausses fixes pour pointer les pièces qui tirent par le travers. A l’égard des boulets massifs de 30, on manque de données pour apprécier leurs déviations aux différentes portées ; il n’a point été exécuté à la mer de tir dirigé dans ce but.

Dans cet état de choses, et quelque fondées que puissent paraître les considérations sur lesquelles je me suis appuyé pour demander l’extension des hausses actuelles, l’établissement définitif et régulier des grandes hausses exigeant des pièces d’un modèle nouveau, il y a lieu, avant de se décider à les couler, de soumettre cette proposition à des épreuves directes et bien concluantes. Ces expériences, d’une exécution facile, feraient d’ailleurs connaître en même temps s’il y a lieu de s’occuper d’une installation provisoire qui puisse s’appliquer immédiatement aux pièces existantes, et si celle que je propose pour les épreuves réunit les condilions'rcquises pour être admise dans le service.

Cette installation consiste dans les dispositions suivantes : On fixerait par une vis, dans le cran de mire tracé sur le bourrelet des pièces, un guidon conique qui déborderait le métal de la pièce de S"”", seulement.

A la boite de hausse actuelle on en substituerait une autre plus solide, pour résister à la réaction des longs curseurs qu’on emploierait, et qui formerait une coulisse continue depuis sa partie supérieure jusqu’à l’anneau de brague. Cette boite serait fixée à la culasse par quatre vis, deux dans la plate-bande et deux dans le cul-de-lampe ; sa partie inférieure reposerait sur l’anneau de brague et serait munie de deux oreilles qui emboîteraient cet anneau à droite et à gauche de manière à rendre impossible tonte déviation latérale.

POUR LBS CAXOMS-OBCSIEBS.

Les curseurs auraient 3'“. de large sur un centimètre d’éftaisseur. La longueur du premier curseur serait égale à celle de celui qui est employé aujourd’hui. Le second curseur aurait pour longueur celle du premier, plus la hauteur de la coulisse pratiquée dans la boîte ; il en serait de même du troisième par rapport au second, et ainsi pour un quatrième s’il était nécessaire d’y recourir. A partir du pied et dans une hauteur égale à celle de la coulisse, ces curseurs conserveraient la forme rectangulaire, mais le second, le troisième, etc., seraient amincis vers le sommet pour diminuer l’elTet de leur réaction sur la boite au recul de la pièce.

Le premier curseur suflirait à tous les pointages qui se font par la masse de mire; avec, les curseurs supplémentaires on viserait toujours par le guidon placé sur le bourrelet. Ces derniers curseurs ne porteraient qu’une seule graduation qui est celle qui convient à la plus forte charge de poudre et à un seul projectile ; ils seraient gradués de demi-encablure en demi-encablure, depuis la portée de six encablures jusqu’à celle de dix pour les boulets massifs de 50, et depuis la portée de cinq encablures jusqu’à celle de onze pour les boulets creux de 22 centimètres.

Les expériences relatives à chaque pièce comprendraient quatre séries de tir de vingt coups chacune avec des projectiles choisis dans les circonstances ordinaires de réception pour le service.

Lorient, le G août 1842.

Signé : E. DE CoRNULiER.

SYSTEME UE POINTAGE

DÉPÊCHES MINISTÉRIELLES ADRESSÉES AD PRÉFET MARITIME DU 3® ARRONDISSEMENT.

(Dircilion des ports, bureau de l'artillerie n“ 617)

Pji'is, le 50 novembre 1843.

Monsieur le préfet, j’ai reçu le rapport que vous avait remis M. de Cornulier, lieutenant de vaisseau, et dont l’objet était de proposer de faire des expériences pour déterminer la limite extrême en hauteur de l’usage des hausses fixes dans la marine.

Avec les hausses actuelles, le plus grand angle de pointage est de 5® pour 1e canon de 30 long et de 3® 1/2 pour le canon-obusier de 22'“. Pour obtenir des angles plus élevés, M. de Cornulier propose l’usage de curseurs supplémentaires qu’on emploierait à l’effet d’obvier à l’insuffisance des curseurs actuels, en substituant au cran de mire pratiqué sur la volée, un guidon saillant de S™™, que l’on viserait sur la pièce.

Sur l’avis favorable du conseil des travaux de la marine que j’avais chargé d’examiner le rapport de M. de Cornulier, j’ai accueilli les propositions de cet officier, et j’ai décidé que les expériences qu’il demande auront lieu à Lorient, au printemps prochain ; elles seront exécutées par les soins de la commission deGâvrequi a déjà fait les épreuves [balistiques desquelles sont déduites les tables de tir de la marine et qui exécutera ces nouvelles expériences comme complément des premières.

Elles s’effectueront à bord d’un ponton en tirant sur la presqu’île de Gâvre avec un canon de 30 long à boulet plein et à la charge de 5 k. de poudre, sous les angles de 3 à 10®, pour déterminer si les déviations latérales extrêmes n’empè-

POUR LBi CAJ«OMS-OBCSlRRS.

cheraient pas le projectile de rencontrer le corps d’un navire de moyenne dimension, et si la vitesse restante suffirait pour lui faire traverser la muraille d’un bâtiment ( 1 ).

Le canon-obusier de22‘“. sera tiré à boulets creux avec la charge de 3 k. 5, sous lesangles de 3 1/2 â 12® ; la limite de pointage sera indiquée par les déviations extrêmes et par la vitesse restante.

Je vous prie de donner connaissance de ces dispositions à M. de Cornulier qui devra assister aux expériences s’il est présent au port de Lorient lorsqu’elles auront lieu ....

Signé : Di peruê.

(1) Il semble que ce serait trop restreindre les limites du tir que de les fixer au point où le projectile conserve encore une vitesse suffisante pour lui faire traverser la muraille d’un bâtiment. Dans le cas de chasse et de retraite c’est moins la coque que l’on iherthe à frapper que la mâture, et quand celle-ci travaille, un choc suffit pour déterminer sa rupture ; il semble donc que ce soit ici la valeur du choc que l’on doive principalement prendre en considération ; un exemple éclaircira cette remarque : à 3 m. de portée, la vitesse restante d’un boulet ma.ssif de 30 est de 142 m. et sa pénétration dans un massif de chêne de 23''“ , à la même distance, la vitesse restante de l’obus de 22'" est de 107 m., et sa pénétration de 1 4''“; mais l'un pesant 15 k. tandis que l'autre en pèse 26 1/8, le choc du second sera représenté par 4, tandis que celui du premier ne le sera que par 3. Quand même l’obus serait réfléchi, il pourrait encore occasionner une avarie plus grave que le boulet de 30 qui resterait dans le bois. L’obus a plus de chances que le boulet pour couper des agrès à cause de son plus grand diamètre, il parait difficile de Jixer d’une manière absolue la limite extrême du tir; les circonstances doivent la régler.

SYSTÈME DE PORTAGE

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