‹ Propositions et expériences relatives au pointage des bouches à feu en usage dans l'artillerie navaleChapitre 16 sur 21 · COMPOSITION DELA COMMISSION · texte numérisé non relu

COMPOSITION DELA COMMISSION

MM. Thouvenin, lieiitonant-rolonel d'arlillerie de la marine, piésiderd ;

Hélie , profes.'seur A l’école d’arlillerie , rapporteur ;

d<‘ Valnioiil lieuleiiaiil de vaisseau;

Kerviler, Id.

Favos, capitaine d’arlillerie de la marine ;

Grassy, Id.

Coriad, sous-iiigénieiir des construclions navales.

EXPÉRIENCES RELATIVES AUX DÉVIATIONS ET AUX PORTÉES DES PROJECTILES DANS LE TIR A LA MER.

odjet des Expériences.

L’objet principal des expériences dont on va rendre compte était de rechercher les déviations qu’éprouvent les projectiles dans le tir à la mer. On voulait surtout savoir à quelle distance ces déviations sont d’une telle grandeur qu’on ne peut plus compter sur l’elficacité du tir.

Il était à propos de profiter de cette circonstance pour vérifier l’exactitude d’une opinion émise par divers auteurs et d’après laquelle les portées à la mer seraient inférieures à celles qu’on obtient sur terre. Si cette opinion était fondée , la marine ne pourrait se servir avec confiance des tables de tir calculées par la commission de Gâvre, puisque toutes ces tables sont déduites d’expériences exécutées à terre. A la vérité, on ne peut citer à l’appui aucun fait précis, car on ne s’est jamais occupé, du moins en France, de déterminer, par des expériences exactes, les portées à la mer. Mais , l’importance de la question et la juste autorité qu’imposent les noms des Auteurs [irescrivenl de dissiper tous les doutes à cet égard.

POIR I.F.S CANUVS-üBUSlF.RS. 201

On a opéré sucxessiveinenl sur un canon de 50 long et sur un obusier de 22'^'". n“ 1 . Avec le premier on s’est servi de boulets massifs ; avec le second on a fait usage d’obus.

Des expériences analogues ont déjà été faites en 1842, sur un obusier de 22'"'. n" 1 , par une commission S])éciale dontle rapportaété inséré dans les annales maritimes de 1843: les résultats obtenus par cette commission seront rappelés dans le cours de ce rapport.

§ 1 . — Bouches à feu.

1" Canon de 30 long.

Signalement. Ruelle 1852, n" 2, poids G55(î

L’àme très régulière

Diamètre de l’Ame » Om 1047

» de la lumière » 0 m 0060

■1'' Ohusicr de 22 ,;m N" I .

Signalement. Ruelle 1834, n" 20, poids 7550

L’Ame très-régulière

Diamètre de l’Ame » 0 m 2235

U de la lumière » 0 m 0058

Dans l’une et l’autre pièce l’exactitude était nulle.

§ 2. — Projectiles.

Roulets massifs de 30. Obus de 22 Diamètre de la grande lunette 8"’ 1002. 0"' 221 1.

» de la petite lunette 0"" 1585. 0™ 2188.

Les obus étaient ensabotés comme à l’ordinaire; la fu.sée était remplacée jjar une cheville en bois dont la saillie extérieure était de 0 "■ 01 1 et dont le petit bout touchait le fond de la chambre. Dans la chambre on mettait un mélange de sable et de sciure de lM)is pesant uniformément 1 k. 760 et ayant à peu près la densité de la poudre.

tVSTEUK DE POIKTAfiE

§ 3 . — Poudre.

Signalement des barils — Bipault 1842.

Portée au mortier éprouvette 231“.

Vitesse au fusil pendule 496.

Essayée à Lorient, cette poudre a donné au mortier éprouvette une portée de 255“, 3.

Les gargousses étaient en papier parchemin.

Diamètre du mandrin pour t du canon de 30 — 0”, 158. les gargousses : ) del’obusier de 22 — 0“, 1 41 .

Les charges ont été pesées en présence des membres de la commission.

§ 4 — Moyens de pointage.

On se servait de hausses.

Un petit guidon était fixé par des vis au point le plus élevé de la volée.

A la culasse était adaptée une boite en cuivre qui s’appuyait sur l’anneau de brague; un curseur vertical mobile dans cette boite et portant à sa partie supérieure un cran , était maintenu à la hauteur convenable par une vis de pression. La ligne de mire passait par le fond du cran et par le sommet du guidon.

Canon de 30. Obusiers de 22.

Distance du devant de la tige au sommet du guidon 2“, 789. 2“, 508

Différence des distances de l’axe de la pièce h la surface supérieure de la boite et au sommet du guidon 0“,0715 0“,0613

D’après ces données et celles qui sont fournies par les ta-

POI R LES {;A^O^(S-OBLSIERS. 205

blcs de tir calcnlécs en 1858 par la commission de Gâvre , il était facile de déterminer dans chaque cas particulier la hausse qu’il convenait d’adopter.

On a employé successivement pour chaque bouche à feu deux tiges différentes. La plus longue ne servait que pour les grandes distances.

Ces tiges et leurs boîtes ont parfaitement résisté au tir.

§ 6. — Ligne de tir.

La ligne de tir était dirigée de l’ouest à l’est ; elle était indiquée par deux mâts placés l’un sur la batterie verte et l’autre à 1000” à l’occident du premier. Des jalons distants entre eux de 20 mètres étaient placés entre les deux mâts.

Le ponton qui portait les bouches h feu était mouillé à l’ouest du mât occidental; on lui a donné successivement deux positions différentes : l’une à 949”, et l’autre à 1640” de ce mât. Dans le premier cas la partie de la trajectoire située au dessus de la mer était de 800“ environ ; dans le second cas elle avait une longueur de 1500 mètres.

Pour déterminer dans chacune de ces positions la distance du ponton au mât occidental, on a tracé sur le terrain une base de 500 ” perpendiculaire à la ligne de tir et l’on a mesuré avec un sextan les trois angles du triangle formé par les extrômit('‘s de celte base et le pavillon du ponton. Cela fait, il était facile d’obtenir la distance du ponton â la base.

§ 6 — Ponton.

Le ponton avait déjà servi aux exp/*riences de 1842. Il était à fond plat et avait la forme d’un parallèlipipède rectangle, longueur 18”, 56; largeurT”, .52 creux; 1”, 78. La hauteur

foi SYSTKMK DK POlMïAGE

de la bouche-à-fiîu au dessus dt; la surface de l’eau était de

deux mètres environ.

Un oscilloinètre servait à mesurer l'amplitude des mouvements de roulis et de langage. On notait encore leur durée à l’aide d’une montre é secondes.

Par suite de la forme du ponton ses mouvements étaient beaucoup plus brusijues qu’ils ne le sont à bord des batiments ordinaires ; cette circonstance augmentait nécessairement les dilTicullésdu pointage.

§7 — Observations météorologiques.

Chaque jour de tir on observait la direction du vent; la hauteur du baromètre et celle du thermomètre. Les hauteurs barométriques rapportées dans les tableaux ont subi les deux corrections relativesà la capillarité et à la température,

§8 — Exécution du tir.

Les bouches à feu étaient servies par des marins des équipages de ligne et dans l’exécution du tir on ne s’écartait en rien de ce qui sepratû|ue d’ordinaire.

Le pointeur dirigeait toujours la ligne de mire sur le pavillon du mél de la batterie verte. C’était un sous-officier des équipages de ligne fort habile dans ce genre d’opération ; il

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a\ail fifjà r(.‘iu|ili k* tn(^me olllce lors de l'expérieiitcde 1842.

A|:iès rha(|iK‘ coup, un piquel iiumérolé était placé au point de chute. Dés (pu* le tir était lerininé , ou mesurait la portée et la déviation latérale rapportée é la ligne tracée sur le terrain.

§9 — IlétuUats moyens des expériences

Dans les tableaux suivants les déviations latérales sont successivement ra|)portées à la ligne de tir et à une autre ligne , qu’on peut appeler direction moyenne du tir , déterminée de telle sorte <pie la somme des déviations à droite soit égale à la .somme des déviations A gauche. Lorsque le nombre des coups est très considérable et qu’il n’existe aucune cause constante qui tende à faire dévier les boulets dans un certain sens , ces deux lignes coïncident.

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