‹ Propositions et expériences relatives au pointage des bouches à feu en usage dans l'artillerie navaleChapitre 3 sur 21 · DB LA · texte numérisé non relu

DB LA

œMMlSSlON NOMMÉE POUR ESSAYER LE

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PROPOSÉ PAR m. DE CORNTEEIER,

LUUTBNAHT DE VAISSEAU,

POUB LES CA.N0N8-0BCSIBRS N° 1, DB 23 CENTIMËTBES,

TiaANT A LA MES BOUS DE GBAnDBS ÉLÉTATIOHS.

20 juin 1842.

Par ordre de M. le conliOitH^jiul préfet maritime du troisième arrondissement, et en exécution des dépêches ministérielles des 19 janvier et 12 mars 1842 (direction des ports , bureau de l’artillerie, n"' 36 et 48), une commission spéciale, composée de MM. Laguerre, capitaine de vaisseau, président >

2G SYSTÈME UE POINTAGE

de Lalande de Calan, capitaine de corvette; le Bobinnec, lieutenant de vaisseau ; Favos, capitaine en premier d’artillerie de la marine, rapporteur; elCorrard, sous-ingénieur des constructions navales , a été nommée pour expérimenter, conformément aux dispositions contenues dans un programme du i2 mars 1842, le système de pointage que M. de Cornulier a proposé d’appliquer aux canons-obusiers de gros calibre employés comme mortiers dans les bombardements maritimes; pour Juger des améliorations que l’expérience pourrait indiquer dans ce système, et pour étudier l’effet qu’exerce sur le pont et sur l’affût la pression verticale déterminée par les tirs les plus élevés qu’on puisse obtenir à bord des bâtiments.

La commission a commencé ses opérations par prendre une connaissance complète de la proposition de M. de Cornulier, et, à cet effet, le mémoire dans lequel il l’a développée a été examiné successivement par chacun de ses membres.

Objet de ta proposition .

L’objet de cette proposition est d’employer les canons-obusiers comme auxiliaires des mortiers dans les bombardements maritimes, et môme d’exécuter ces bombardements avec ces seules bouches à feu, dans le cas où l’on n’aurait pas de bombarde disponible. L’auteur s’attache à faire ressortir l’avantage qu’il y aurait à disposer ainsi de navires et de bouches à feu qui seraient à deux fins.

POUR LES CA^ONS-Ol!USlEKS.

Double tyttème proposé par Couleur.

Pour alleindre ce but , il propose deux moyens distincts : avec le premier, le canon-obusier serait pointé sous une élévation constante, et l’on réglerait les portées en variant les charges de poudre. Le canon se trouverait ramené dans les mêmes circonstances qu’un mortier à plaque; aussi le système de pointage que l’auteur emploie est-il le même que celui qu’il a déjà proposé pour cette dernière bouche à feu; il n’en diffère que par quelques détails d’installation , la différence qui existe entre les pièces et leurs affûts ayant rendu ces modifications nécessaires.

L’usage de ce premier moyen est restreint aux pièces placées à ciel ouvert et tirant par des sabords à sommiers mobiles; il exige d’ailleurs une manipulation de poudre toujours embarrassante à bord. Par ces motifs, l’auteur donne la préférence au second moyen, qui est applicable aux pièces des batteries couvertes comme à celles qui sont placées sur le pont supérieur, du moins jusqu’à la limite que les sommiers fixes imposent à l’élévation du tir; qui présente un pointage facile, même dans le cas où le bâtiment reste à la bande sur le même bord, et qui permet de tirer avec une charge fixe , l’élévation du tir étant déterminée par la distance du but , comme avec les hausses ordinaires, en sorte que le feu est toujours aussi rasant que cette distance le comporte , avantage important en bien des circonstances et sous plusieurs rapports.

SYSTÈME DE POINTAGE

Système soumis à l’examen de la commission .

Ce second moyen de pointage, que l’auteur désigne sous le nom de système de pointage par l’affût, était le seul qui fût soumis à l’examen de la commission, et qui dût, par conséquent, fixer son attention ; il avait d’ailleurs été déjà reconnu fondé en théorie, et sa tâche se bornait à l’apprécier sous le point de vue de son application à la pratique.

Choix des obus.

Conformément à l’article 6 du programme , la commission fit vérifier en sa présence soixante obus de 22 centimètres , au moyen des lunettes ordinaires de service de 221“"“,! et de 222”’"’,8; on introduisit ensuite dans chacun d’eux un mélange de sable et de sciure de bois en quantité suffisante pour les amener tous au poids fixe de 26k,45. Le trou de chatte était bouché par une cheville en chêne coupée au raz du métal , et le trou de la fusée par un bouchon de bouleau pesant 60 grammes. L’obus préparé pesait ainsi 26^,510.

Le programme voulant que les projectiles employés dans les expériences fussent semblables à ceux qui servent dans le cours ordinaire du service, afin de rendre les résultats obtenus immédiatement applicables à la pratique, la commission fit laisser à ces derniers bouchons une saillie extérieure de 15 millimètres, ^ale à celle que présentent les fusées en usage pour les projectiles.

 cette occasion, la commission croit devoir faire remarquer

POUR LES CANONS-OBUSIERS

qu’elle opérait dans des circonstances essentiellement différentes de celles de Gâvre, où les deux bouchons étaient coupés au raz du métal et oû la tolérance sur les diamètres des projectiles n’était que de 0°’,6. Les résultats des tirs exécutés à terre et à la mer ne sauraient , par conséquent, être comparables entre eux, et si, plus loin, la commission établit néanmoins cette comparaison, c’est qu’elle lui était formellement prescrite par le dernier paragraphe de l’article 5 du programme.

Après avoir été préparés comme il est dit plus liaut, les obus étaient ensabot és comme à l’ordinaire, puis chacun fut marqué d’un numéro particulier, peint à l’huile, pris dans la série de i à 60.

Description de l’appareil de pointage.

L’appareil de pointage soumis à la commission était disposé de la manière suivante : contre la face extérieure du flasque gauche de l’affût était placée verticalement une règle en bois de noyer, à 5 centimètres en arrière de la tête du flasque. Cette règle avait 1",08 de long sur 5 centimètres de large et 3 centlmètresd’épaisseur; son sommet était terminé par un chapeau en bronze présentant une arête horizontale (rcrpcndiculaire à la ligne de mire; cette arête était elle-même surmontée d’un petit guidon en fer, de forme conique, qui précisait la direction du pointage.

Cette r^le, que l’auteur nomme hausse fixe, glissait contre le flasque des trois crampes qui y étaient fixées par des vis à bois. Les deux crampes inférieures étaient en fer; la crampe supérieure, en bronze, portait une vis de pression un peu aiguë au moyen de laquelle on fixait la règle à la hauteur convenable.

SYST^:UE DI'. POINTAGE

La seconde règle , que l’auteur désigne sous le nom de hauae mobile, était établie en arrière du même flasque; elle était en bois de noyer comme la première et avait la même longueur totale ; son sommet était aussi couronné par un chapeau en cuivre, pi'ésenlant une arête horizontale perpendiculaire à la ligne de mire, et entaillée d’un cran qui précisait la direction du pointage. Dans une longueur de 77 centimètresà partir du sommet, cette règle avait la forme d’un parallélipipède rcctangledont la section était un carrédeSS millimètres de côté; la partie inférieure, haute de SI centimètres, s’élargissait en tronc de pyramide dont la base était un carré d’un côté double. Cet épatement avait pour objet d’augmenter la prépondérance de la partie inférieure destinée à faire pendule; dans le même but, on l’avait recouvert d’une feuille de plomb de S millimètres d’épaisseur.

La hausse mobile était portée par un chandelier en fer forgé, établi sur la queue du flasque, et dont la forme et les dimensions étaient celles qui suivent : la branche principale , qui était verticale, s’élevait à la hauteur de la partie supérieure du flasque; elle portait à sa base un talon entaillé à fleur du bois et était munie d’un tenon cylindrique retenu en dessous de l’affût par un écrou qui serrait sur la fourrure d’anspcct. A 4 centimètres en contre-bas du sommet de cette branche était établi un bras horizontal, long de 22 centimètres, et dirigé de l’arrière parallèlement au flasque. Il portait à son extrémité un petit massif de4 centimètres dehauteur, pareil à celui que l’excédant de la branche verticale présentait à l’autre bout. L’extrémité arrière du bras horizontal était soutenue par une branche oblique, qui croisait la branche verticale et venait s’appuyer sur l'adent coupé en biseau, par un talon entaillé à fleur de bois. Ce talon était d’ailleurs traversé par un boulon à pointe perdue et serré par iin écrou t|ui le maintenait dans son encastrement.

POUR LES CANONS-OBÜSIEKS. 31

Oes (rois pièces faisaient corps ensemble et assuraient suffisamment l’invariabilité du point de suspension de la hausse mobile contre les secousses dirigées suivant l’axe de la pièce. Pour prévenir l’effet de celles qui agissent latéralement, et qui fausseraient aisément la direction du pointage , l’auteur avait placé une troisième branche qui arc-boutait la première par le côté. Elle prenait son point d’appui sur la semelle de l’affût , au moyen d’un talon entaillé à fleur de bois, et traversé par un boulon qu’un écrou retenait en dessous de la semelle. A son extrémité supérieure, cette branche portait un patin faisant corps avec elle , et ayant l’inclinaison convenable pour s’appliquer contre la face intérieure de la branche verticale. Cette dernière branche et le patin étaient liés ensemble par trois vis. Toutes les pièces que l’on vient de décrire étaient en fer carré de 24 à 27 millimètres de côté.

Les coussinets de la hausse mobile étaient formés d’une seule pièce en bronze, longue de 245 millimètres et épaisse de 30 millimètres , appliquée contre la face intérieure du bras horizontal avec lequel elle était liée par le milieu au moyen d’un boulon à écrou. A chaque extrémité , elle était pourvue d’un épaulement sous lequel venaient se loger les massifs qui surmontent le bras horizontal et qui y étaient fixés par des vis. Cette même pièce portait à chaque bout une oreille qui faisait saillie à l’extérieur, et dans laquelle passait l’axe de suspension.

La hausse mobile glissait dans une boîte en fer forgé, haute de 10 centimètres, évidée sur l’arrière et sur les côtés pour lui donner plus de légèreté. Au milieu de la face avant était une embase circulaire , de 25 millimètres de diamètre, au centre de laquelle était implanté l’axe de suspension, qui était cylindrique et avait 10 millimètres de diamètre. Cet axe traversait horizontalement les 'deux oreilles en bronze qui lui servaient

SYSTÈME DE POINTAGE

de coussinets, et était retenu par un écrou placé au delà de l’oreille la plus rapprochée du canon. De chaque côté de la boîte, on avait conservé une joue pour recevoir une vis de pression un peu aiguë, au moyen de laquelle on fixait la liausse mobile à la hauteur convenable. Une ligne de foi , tracée sur l’extrémité de chaque joue, à la hauteur de l’axe de rotation , servait de repère pour les graduations de celte hausse. On avait eu l’attention de placer la partie supérieure de la crampe en bronze, servant à maintenir la hausse fixe contre le flasque, sur le prolongement de ce même axe, en sorte qvk’elle servait également de repère pour les graduations de cette seconde hausse.

Les deux règles étant en place, leurs faîtes étaient éloignés l’un de l’autre de d"’,751 ; c’est avec cette distance prise pour ^ rayon que l’auteur a calculé la graduation de ses hausses de la ' manière qu’il a indiquée dans son mémoire. Cette graduation était tracée sur la face extérieure de la règle fixe et sur la face arrière de la règle mobile ; elle commençait à la portée de 1,000 mètres, et s’arrêtait à celle de 3,100 mètres sur la rfçle mobile, allant jusqu’à 5,400 mètres sur la règle fixe. Elle était marquée de 100 mètres en 100 mètres seulement; mais il était facile d’apprécier à vue les fractions utiles. Pour avoir des chiffres plus distincts, on s’était borné à indiquer la valeur de chaque division en centaines de mètres, en supprimant les zéros; les chiffres indiquaient ainsi directement la valeur des portées en demi-encàblures. S’il ne s’étnit pas agi d’expériences dans lesquelles toutes les distances devaient être exprimées en mètres, l’auteur n’aurait marqué la valeur de ses divisions que de deux en deux, en réduisant leur indice de moitié, afin de se conformer à l’usage généralement reçu dans la marine de compter les distances en encablures.

Pour donner à la pièce, relativement à" son affût, l’inclinai-

TOUR LBS CANONS-OBUSHiRS. 35

•son qui convient à la portée qu’on veut obtenir, l’auteur cm> ploie successivement un coussin et un coin de mire particulier; tous les deux sont en bois d’orme et ont la même largeur, qui est de 28 centimètres. La hauteur du coussin est de 29 centimètres à l’arrière et de 16 centinaètres à l’avant; sa longueur est de 60 centimètres. Le coin qui lui hut suite est long de 84 centimètres et haut de 18 centimètres à l’arrière. Chacun jwrte, au milieu de la face arrière, une poignée en fer au moyen de laquelle on le retire facilement. Pour être certain de reproduire à volonté une inclinaison relative déterminée, il était nécessaire d’astreindre le coussin et le coin de mire à se mouvoir toujours dans la même direction sur la sole; c’est ce que l’auteur a obtenu en fixant sur la semelle deux oreilles en fer forgé, entre lesquelles ils glissent.

Ces oreilles, placées en regard l’une de l’autre, à 28 centimètres de distance, et sur la ligne qui joint les deux adents coupés en biseau, ont 12 centimètres de haut, 5 centimètres de large et 4 centimètres d’épaisseur à la base; elles sont amincies en sifflet vers le sommet. Au lieu de les implanter immédiatement dans la semelle, l’auteur a préféré les établir sur deux branches en fer assemblées en forme de ï, avec lesquelles elles font corps. Ces branches, épaisses de 2 centimètres et larges de 4 centimètres, sont posées à plat sur la semelle dans laquelle elles sont entaillées de 1 centimètre; elles y sont d’ailleurs fixées par trois boulons à écrous. Les deux branches dirigées longitudinalement forment, par leur relief au-dessus de la semelle, une coulisse qui détermine bien la direction de la course des coussins et du coin de mire, tandis que la branche transversale s’oppose efficacement au renversement de l’oreille qui maintient le coussin.

L’auteur a pensé qu’il serait avantageux, quand une foison aurait reconnu l’élévation qui convient le mieux à la distance

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SYSTÈME UE POINTAGE

du bul, de n’avoir jilus à ramener dans leurs repères après chaque coup le coussin ou le coin de mire; il a voulu, en conséquence, qu’on pût les y assujettir d’une manière fixe. A cet elTet, il a placé dans chaque oreille une vis de pression aiguë qui mord dans les faces du coussin et l’empëche ainsi d’avancer et de reculer. Craignant que ce moyen ne fût pas suffisant pour le bien assujettir quand la culasse viendrait à porter près de son extrémité avant et que la plus grande partie du coussin se trouverait en arrière des oreilles, il a laissé une grande saillie au>dessus de la semelle, à la tête du boulon qui fixe le talon de l’arc-boutant latéral , et a maintenu l’arrière du coussin par une seconde vis de pression établie dans la tête de ce boulon.

La graduation qui donne l’inclinaison du canon relativement à la sole était tracée sur chaque côté du coussin et du coin de mire, et la face arrière, verticale, de chaque oreille servait de repère pour lesdivisions. Ainsi, amenant, par exemple, la division marquée 2,000 mètres à effleurer cette face, et laissant porter la culasse sur le coussin, le canon se trouvait à l’élévation requise pour cette portée, si, d’ailleurs, la sole était horizontale.

L’auteur a tracé celte graduation par l’expérience directe, ainsi qu’il l’indique dans son mémoire; il s’est servi, pour mesurer les inclinaisons de la pièce, du demi-cercle en cuivre que la commission de Gâvre emploie ordinairement à cet usage. Les points de division sont marqués de 100 mètres en 100 mètres, comme sur les hausses , et l’œil apprécie d’autant plus facilement les fractions utiles de chaque division, qu’elles sont moyennement espacées de 49 millimètres sur le coussin et de 83 millimètres sur le coin de mire.

Pour graduer ses hausses, son coussin et son point de mire, M, de Cornulier a fait usage de la table suivante :

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Table des élévations à donner à l’axe du canon-obusier n“ 1 de 22 cent., pour obtenir les différentes portées auxquelles serap~ porte le système de pointage proposé avec la charge de ô'‘,500 de poudre et uu obus.

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