KM-:VA
TK»S.
rOUTHK^.
Kf.KV A- 1 IONS.
t.OOO'"
:î,ooo
fi 10
L’aulcur a calculé celle table par inierpolulion , en employanl les portées observées à Givre sous les angles de 6®, 10®, 1$® cl 25®. Jusqu’à l’élévation de 10®, l’accord entre cette table et celle qu’on trouve dans le résumé des expériences de Givre se maintient d’une manière assez satisfaisante; mais, au delà de cette élévation , les différences d’inclinaison pour une augmentation de cent mètres dans la portée croissent plus rapidement dans la première table que dans la seconde.
7S6 SYSTÈME DE POINTAGE
M. de Cornulier pense que ses chiffres méritent la préférence, et il rend raison du désaccord signalé en disant que, la table de Gâvre ayant été calculée par la formule ordinaire du tir surbaissé, on aurait dû y introduire, pour les élévations supérieures à 40°, des vitesses initiales déduites des expériences qui ont été faites sous les angles de 40° et de 45°, tandis que l’on n’a eu égard qu’à celles de 40°, même en dépassant cette limite dans le calcul. A cette occasion, il fait remarquer que la marche des différences de la table de Gâvre ne peut conduire sans un saut brusque au chiffre qu’exige l’élévation de 45°, tandis que sa table, avec une marche régulière, représente d’une manière satisfaisante les quatre expériences qui lui servent de base.
Canon et affût employée dans les expériences.
Le canon-obusier n° 4 de 22 centimètres, auquel était adapté l’appareil de pointage que l’on vient de décrire, portait le n" 44; il avait été coulé à Ruelle en 4854, et pesait 5,770 kilogrammes; il était d’ailleurs dans les conditions ordinaires de service. Cette pièce était montée sur l’affût marin modifié, à échantignoles , devenu réglementaire pour elle aujourd’hui. Il est à remarquer à ce sujet que cet affût est un peu moins élevé que l’affût marin de 56 sur lequel on plaçait d’abord cette bouche à feu ; la différence est d’environ 5 centimètres. Cette réduction, dans la liauteur totale de l’affût, éloigne d’environ 1° la limite que les sommiers fixes imposent à l’élévation du pointage : ainsi, elle est avantageuse sous le rapport de l’étendue du tir, qu’on peut exécuter par des sabords fermés en haut. Mais, dans l’affût modifié, la sole étant placée à la même hauteur que dans l’affût marin ordi-
POUK LES CANONS-OBUSIERS
naire, il en résulte que la réduction, sur la hauteur totale des flasques, a été opérée tout entière dans les parties qui dominent la sole, et que par suite il ne permet pas de donner au canon une inclinaison extrême aussi considérable que celle qu’il pouvait recevoir sur l’ancien affût. Sur l’affût de 36, en effet, cette inclinaison pouvait aller jusqu’à 25° environ, tandis qu’avec l’affût modifié employé par la commission, l’inclinaison de l’axe du canon n’était encore que de 21° 50' quand la culasse reposait sur la sole.
Modification qu’il serait utile d’apporter aux affûts.
Aux environs de cette limite, un abaissement de la sole de 16 millimètres répond à environ cent mètres d’augmentation dans la portée (1). 11 semble qu’on pourrait sans inconvénient rapprocher du pont la semelle et la sole de 8 centimètres, on atteindrait ainsi la portée de 3,600 mètres, tandis qu’on s’arrête maintenant à celle de 5,100 mètres. Cette augmentation de 500 mètres dans les portées mérite de fixer l’attention quand il s’agit d’employer les canons- obusiers dans les bombardements maritimes, où il arrive souvent que des obstacles naturels empêchent les bâtiments de prendre la position qui serait la plus convenable pour les exécuter.
(1) Epaisseur du coin de mire aux portées de :
2,900 61 ; différence = 16'"'";
3,000 19 ; id. . . . = 1.-) . '
SYSTKME UE POINTAGE
Limite que les sommiers fixes imposent à l’élévation du tir.
Après avoir examiné la limite extrême que la construction des affûts impose à l’élévation du tir, la commission s’est occupée de vérifier celle qui dépend des sommiers fixes. En présentant la pièce à un sabord qui avait le même encadrement que ceux des batteries basses des vaisseaux, elle a reconnu que l’angle de projection ne devait pas surpasser 12*' SCK pour que le recul s’opérât librement, c’est-à-dire sans que la volée rencontrât le sommier du sabord, le pont étant supposé plat et horizontal. Le bouge que l’on donne aux ponts des bâtiments diminue un peu cet angle; il n’était que de 10° 30' à bord du ponton sur lequel la commission opérait, mais son pont avait un bouge excessif-, on l’eût trouvé de 12° environ sur un bâtiment ordinaire. Cette élévaticm de tir permet d’atteindre la portée de 2,260 mètres ; les indications des hausses actuelles s’arrêtent à 1 ,1 50 mètres ; en appliquant aux canonsebusiers, placés dans les batteries basses des vaisseaux, le nouveau système de pointage, son effet réellement utile serait donc de régulariser le tir dans une étendue double de celle à laquelle satisfont les moyens actuellement en usage. L’auteur dit expressément dans son mémoire qu’il a eu principalement en vue, dans sa proposition, les pièces placées à ciel ouvert et tirant par des sabords à sommiers mobiles; ces circonstances sont bien en effet celles dans lesquelles le nouveau système jouit de toute son utilité avec l’installation la plus simple; néanmoins, la commission a pensé que son application aux pièces des batteries couvertes avait encore assez d’importance pour la justifier dans ce cas, même avec le double appareil qu’il exige alors.
POUR LES CANONS-OBUSIERS
Les iimilcs que la conslruction des affûts et que la présence des sommiers mobiles imposent à l’élévation du tir et qui viennent d’être rapportées, sont celles qui ont lieu quand le navire est droit-, la bande fue qu’il donnerait sur un bord ou sur l’autre éloignerait ces limites ou les rapprocherait selon le bord sur lequel on serait couché. En quelques occasions, on |H>urrait même employer ce moyen auxiliaire pour étendre les portées, ainsi que la commission l’a pratiqué pendant scs expériences en déplaçant du lest volant.
Examen du nouveau tijttème de pointage.
Les essais devant se faire sur un ponton dont le plat-bord était peu élevé, M. de Cornulier s’était borné à établir son appareil de pointage sur un seul flasque, ce qui était suffisant pour juger toutes les questions sur lesquelles la commission était appelée à prononcer. Elle a remarqué que l’établissement de cet appareil n’endommageait pas l’affût d’une manière sensible ; son poids total est insignifiant relativement à celui de la pièce, et son prix de revient ne saurait être élevé eu ^rd à sa simplicité. Son exécution ne présente aucune difficulté, et il est toujours facile de pratiquer à terre les vérifications que son ajustage exige.
Après avoir considéré ce système de pointage en lui-même, la commission a porté son attention sur la facilité avec laquelle on pouvait passer d’un système à l’autre. Dix à quinze minutes suffisent pour enlever le nouvel appareil ou pour le mettre en place; son usage est d’ailleurs restreint à des circonstances rares et exceptionnelles, toujours prévues assez longtemps à l’avance pour qu’on puisse s’y préparer sans éprouver de retard
SYSTEME DE l’OrNTACE
à celte occasion. Sa présence n’apporte, au reste, aucun oEistacle à l’emploi de la hausse ordinaire, qui reste disponible pour le cas où il faudrait y recourir à l’improviste.
Les dimensions du coin de mire que l’auteur emploie pour faire suite à son coussin sont trop considérables pour qu’H soit d’un usage facile en le posant sur celui-ci ; son emploi doit donc être restreint aux élévations supérieures à celles que le coussin seul peut régler. Mais ce coussin [)eut très-bien servir lui-même pour le pointage ordinaire, sans qu’il soit nécessaire d’enlever les oreilles que l’auteur a placées sur la semelle pour l’y fixer ; ainsi le nouveau coussin dispenserait d’embarquer l’ancien. La hauteur de ce nouveau coussin n’est que de 29 centimètres à l’arrière; celle de l’ancien est de 33 centimètres, et il porte un coin de mire de 16 centimètres. 11 suffirait donc, pour obtenir avec le nouveau coussin les mêmes inclinaisons qu’avec l’ancien, d’employer avec le premier un coin de mire qui aurait 20 centimètres de hauteur, et auquel on donnerait une longueur de 48 centimètres; dimensions avec lesquelles il serait encore très-maniable , ainsi que la commission s’en est assurée en le faisant exécuter.
Dispositions prises pour l’exécution des expériences.
Le ponton qui a servi aux expériences était à fond plat, et avait la forme d’un parallélipipède rectangle; sa longueur était de 18”, 56; sa largeur de 7",72, et son creux de 1“,78; il calait 1“,40.
Les trois baux sur lesquels reposait l’affût étaient épontillés au milieu ; ils avaient 24 centimètres de hauteur sur 30 centimètres de largeur. Les bordages du pont avaient 8 centimètres.
POUR LES CANONS-OBUSIERS. 41
d’épaisseur. Pour mesurer la flexion des baux pendant le tir, on avait placé deux montants verticaux surmontés de curseurs sous le bau du milieu; le premier à 1”,4 du vaigrage intérieur, et le second à 2“,7. Apiês chaque coup, on reconnaissait la quantité dont le pont avait fléchi par l’indication des curseurs.
Un oscillomètre avait été établi à bord pour mesurer l’amplitude des mouvements de roulis et de langage; on notait en môme temps leur durée moyenne comptée sur une montre à secondes.
Le ponton était mouillé en dehors de la citadelle de Port- Louis, dans la direction du prolongement de la presqu’île de Gftvre, qui servait de champ de chute aux projectiles. Tous les points de celle presqu’île n’étant pas également favorables pour servir de champ de chute, et quelques-uns devant être évités à cause des dommages que les obus auraient pu occasionner en y tombant (dans les salines, par exemple), on a été obligé de faire prendre deux mouillages successifs au ponton; • le premier à 2,480 mètres environ de la Batterie-Verte , et le second à 1,930 mètres du môme point. Pour ne pas multiplier outre mesure les déplacements du ponton, il a fallu intervertir l’ordre naturel des séries de tir, et la considération du choix des points de chute a obligé la commission d’adopter des élévations de tir un (>eu différentes de celles qui lui étaient prescrites par l’article 7 du pre^ramme, les localités ne lui ayant pas permis d’opérer avec une aussi grande régularité.
Dans chaque série de tir, on a toujours visé sur le môme point, et, après chaque coup, le point de chute était marqué par un Jalon qui portait le numéro du coup et du projectile près duquel il était planté. Quand le tir de la Journée était terminé, on procédait au relèvement des projectiles, et les déviations, tant latérales que longitudinales, étaient rapportées
SYSTÈME DE l>OINTAGE
provisoiretnenl à une ligne dirigée du ponton au point sur lequel on visait. Ces résultats premiers sont ceux qui sont consignés dans les tableaux suivants.
Tir du canon-obusier exécuté du premier mouillage du ponton, le 26 mat 1842, de midi à 2 heures, avec la charge de poudre de 3k, 500.
OtMl
des
coupe.
dLdVàTtOlf
de la haueas mobile.
dL^fATIOtl
de la hausse fixe et du couseio.
Roailao
de
l’obus.
AilCLB
du tir avec la quille.
POSTEE.
DdVUTIO
lapportéi
de
â gauche.
1 LATÉSALB
S ^ la Ugae ■lire.
à droite.
l'OUU LES CANONS-OBLSIERS.
Baromètre, 759““,0; thermomètre centigrade, 16‘’,7.
Vent de O.-S.-O. bonne brise, ciel nuageux; mer houleuse du O.-S.-O. assez forte pour embarquer de temps à autre dans le ponton. L’amplitude des roulis était de 8", et celle du tangage de 2°; les embardées restreintes, mais continuelles ; les mouvements du ponton trés-vifs, brusques et saccadés; il exécutait 7 oscillations en 10 secondes.
Dans le tir à 2,000 mètres, la flexion des baux a été trouvée de 8 millimètres sous l’affût , et de 5 millimètres au second curseur. Dans le second tir, à 2,300 mètres, cette flexion a été de 11 millimètres sous l’affût, et de 8 millimètres au second curseur.
C’est pour racheter le bouge du pont que l’on a été obligé de donner à la hausse fixe une élévation supérieure à celle de la hausse mobile; sans cette facilité que donne le système proposé, on ne pourrait pointer qu’à des intervalles éloignés, une ligne de mire parallèle à la sole atteignant rarement le but situé à l’horizon dans les circonstances qui accompagnent le tir à la mer.
Remarques faites pendant le tir du 26 mai.
Au sixième coup , on s’est aperçu que le pivot de la hausse mobile s’était courbé d’une manière très-sensible dans le coussinet de l’arrière. Pour le septième coup et les suivants, on a passé la hausse mobile en sens contraire dans sa boite, et
le pivot s’est trouvé redressé après le onzième coup ; on l’a examiné alors , et il ne présentait aucun indice de rupture. Dans le recul de la pièce, le mouvement est communiqué à la hausse mobile par son pivot de suspension ; la partie inférieure, qui est la plus pesante , résiste par son inertie, et il en résulte un effort qui tend à rapprocher cette partie de la queue de l’affût; c’est d’ailleurs ce que manifeste le sens dans lequel le pivot était courbé.
Après le dixième coup, on s’est aperçu que la biTigue endommageait la hausse fixe établie contre le flasque; elle s’appliquait sur elle avec tant de violence dans le recul de la pièce, qu’elle y laissait l’empreinte de ses torons. Pour garantir cette r^le de la pression de la brague, on a cloué près d’elle un taquet présentant une saillie de 5 à 6 centimètres, et qui, en la débordant, a supporté tout l’effort du cordage.
La tète du boulon implanté dans l’adent coupé en biseau était trop saillante ; elle endommageait l’anspect chaque fois qu’il fallait embarrer sur cet adent pour éleverou pour abaisser la culasse de la pièce. Il est nécessaire que la tète de ce boulon soit noyée dans un large écrou, ou que le tout soit recouvert d’un placage en bois; au reste, ces dispositions sont faciles à prendre.
L’appareil de pointage ne gène en rien la manœuvre de la pièce ; il permet de l’amarrer à garants simples et à garants doubles ; on n’est obligé de le retirer que dans le cas où on la met à la serre; mais , n’étant pas destiné à rester habituellement adapté au canon, la commission n’y voit aucun inconvénient.
La pièce qui repose sur la semelle, et qui arc-boute le chandelier contre les secousses latérales , ne laisse pas libre l’ouverture des anneaux carrés qui sont placés contre les laces intérieures des flasques; il serait facile de dégager ces anneaux
POUR LES CANONS-ODUSIERS
en coudant un peu l’arc-boutant, mais celte précaution paraît superflue pour les affûts à écbantignoles^ qui se dirigent au moyen d’un levier particulier; il n’y aurait lieu d’y avoir égard que dans le cas où la pièce serait montée sur un affût à quatre roues, qu’on dirige en engageant un anspect dans ces anneaux; ce moyen n’est pas employé avec l’affût r«%lementaire du canon-obusier.
SYSTÈME DE POINTAGE
Tir du eanon-obusier exécuté du premier mouillage du ponton , le 27 mai, de 8 heures 40 minutes du matin ù H heures 30 minutes, avec la charge de poudre de 3'‘,500.
ORDRC
des
coups.
de la hausse mobile.
aLtVATION
do la hausse fixe et du coussin.