‹ Propriétés optiques des MusclesChapitre 88 sur 142 · ME · texte numérisé non relu

ME

Organes contractiles des Protozoaires

L'étude des organes contractiles de Protozoaires est extrêmement importante et intéressante. Malheureusement elle est très limitée du fait de l’imperfection de nos moyens d'investigation. En effet, les organes trop petits ne donnent, tant au point de vue de la biréfringence que de la dépolarisation, que des réactions trop vagues pour qu’on puisse les utiliser avec certitude. L'expérience doit donc se cantonner dans quelques grosses formes, et il faut absolument rejeter tous les éclairements douteux. C'est ainsi que pour les cils nous nous sommes adressés (Mackinnon et Vlès 1908) aux gros cils adoraux des Stentors et des Vorticelles; pour les flagelles nous n'avons pu malheureusement trouver de matériel assez net, et après avoir examiné quelques Dinoflagellés nous avons dû nous décider à abandonner l'étude de ces organes. Quant aux myonèmes enfin, nous avons en vain cherché un éclairement net dans des Stentors, Spirostomum, Dileptus, etc., dont les myonèmes sont cependant décrits comme biréfringents, et nous sommes arrêtés au spironème du pédoncule de très gros Carchesium.

C’est qu'ici, outre les difficultés optiques dues à la petitesse du matériel, se trouvent des difficultés de technique, qui se rencontraient peu en présence de branchies de Moule ou de muscles de Grenouille. Il est absolument nécessaire, pour éviter la dissociation des éléments de la préparation et la perte des individus repérés pour l'observation, d’opérer tous les changements de liquides sous lamelle, avec un lutage partiel de celle-ci. De pareilles conditions sont évidemment moins favorables au point de vue du mélange et de la diffusion des essences assez visqueuses que l’on emploie ; l'élimination de l’ancien liquide et son remplacement par le nouveau ne se font jamais parfaitement ; de sorte que l'indice réel du liquide sous lamelle est inférieur ou supérieur à son indice nominal, suivant que le liquide à éliminer avait un indice inférieur ou supérieur au nouveau.

Il en résulte des apparences d° « Aysteresis » de l’éclairement : les éclairements d’une même préparation, à l’aller et au retour dans la série ascendante des indices ne sont pas rigoureusement identiques dans un même liquide. L’extinction en particulier paraît se faire dans un indice légèrement plus bas quand la préparation monte vers les forts indices que lorsqu'elle en descend. La chose est de peu d’importance (par exemple pour l'extinction de cils de Stentor N; Z 1,51 (nominal bien entendu)

en montant, N; = 1,53 (en descendant) mais il est bon d’en être prévenu, on peut être dérouté dans les premières préparations par cette apparence de contradiction.

Ce phénomène diminue d'ailleurs avec le temps que l’on accorde à la diffusion des liquides.

Les organes contractiles que nous avons étudiés chez les Protozoaires sont (Mackinnon et Vlès 1908) :

1° Cils adoraux de Sfentor polymorphus Ehr, et de Vorticelles. L'immersion montre que l’éclairement est nettement dû à de la dépolarisation. Ce résultat concorde parfaitement avec ce qui a été exprimé plus haut pour les cils épithéliaux. L’ « indice d'extinction » est également voisin de 1,51 et la réversibilité existe aussi.

2° Myonèmes : pédoncule de gros Carchesium. — Nous avons étudié l'éclairement du cordon intrapédonculaire ainsi que celui de la gaine du pédoncule, tous deux nous ont donné une réaction faible mais très nette, la réaction de la gaine étant d'intensité sensiblement égale, et parfois même supérieure à celle du spironème (contrairement à l’opinion d'Engelmann). Sur ce matériel l'expérience d'immersion n’a montré aucune variation notable de l’éclairement, aussi bien pour la gaine que pour le cordon, ces éléments doivent donc être considérés l’un et l’autre comme anisotropes et vraiment biréfringents. Il est intéressant de noter que le pédoncule des Vorticelles à été justement présenté comme exemple probable de.dépolarisation par Rouget, dans son hypothèse que nous avons signalée plus haut.

3° Nous avons eu enfin l’occasion d'étudier l’éclairement de Trypanosoma (Spirochætla) Balbianii Certes (qui n’avait pas encore été, je crois, observé jusqu'ici). Dans cette forme à affinités si discutées, les propriétés de contractilité sont particulièrement intenses dans la « membrane ondulante » ; elles existent également dans le «corps » qui peut présenter des flexions assez vives et assez accentuées. Il est intéressant de constater que le corps et la membrane donnent une réaction faible mais nette, entre les nicols croisés ; cette réaction, dans la membrane, est principalement visible dans la région du « filament bordant ».

L'expérience d'immersion a montré que l’éclairement total de cet organisme (corps et membrane) est dû à de la dépolarisation. L’ «indice d'extinction » est voisin de N, = 1,56.

ser AD

Cette nature de l'éclairement de 7. Balbianii n’est pas sans intérêt à propos d’une discussion récente sur la nature des « stries de renforcement » de sa membrane. Ces stries ont été considérées par Vlès (1906) comme de nature ciliaire : la membrane serail une sorte d' « agglomeré » d'éléments ciliaires analogue aux palettes de Clénophores par exemple, et capable de se dissocier sous certaines influences.

Cette opinion a élé rejetée par Borrel et Cernovodeanu (1907) et enfin par Fantham (190%) qui fait de ces stries des myonèmes. Les propriétés optiques que nous venons de décrire semblent plutôt en faveur de la première théorie (1).

L'éclairement dû uniquement à la dépolarisation écarterail ces éléments des éléments musculaires el des myonèmes vrais.

Cils adoraux de Stentor polymorphus.

(Comparaison de diverses préparations)

1 pute aie Rene de, JÈrt nue RER RS

dise Estimation Comparaison ns ne Liquide employé de l'éclairement desindices du liquide du liquide : de l'objet et de l’objet A

1785 Eau Très net

1,36 Alcool éthylique »

1,37 Eau glycérine Plus faible mais net

1,47 Glycérine lrès fable

1,49 Huile de ricin Extrêémement faible

1651 Essence de cèdres Nul ne

1458 Essence de girofles Extrêmement faible

1,54 Créosote »

1,60 Créosote + bromure Faible mais net

naphtaline 1,66 Monobromure net de naphtaline EEE 2 TE UT à Cils adoraux de Stentor.

(Préparation réversible)

EE

nr Liquide Eclairement Indice d’extinction DT DAS or EE

1,36 Alcool éthylique net

1,53 Essence de girofles Sensiblement nul

1,66 Bromure de naphta- net

line 1.51 1529 Essence de girofles Extrèmement faible 4,36 Alcool éthylique Faible mais net

Page 1