PREFACE. XVII
ont mis en relief la nouvelle d'une petite brebis (ovelhinha) qui a enfin abandonné la plaine (varzea) et d'une Laurette {Laurinha), dont le Mundo, de Lisbonne, en un style de roman, demande : Qui est-elle?
Rien de plus simple. Le scolastique Joâo Rodrigo Miranda est originaire de Varzea de Ovelha {Plaine de la Brebis), et le P. Neves, faisant un gracieux jeu de mots sur le nom de son pays, lui annonce l'arrivée de sa siœur à Louriçal clo Campo, où son père, généreux chrétien qui a déjà donné au service de Dieu trois de ses fils dans la Compagnie, était allé l'accompagner au couvent. L'auteur de la lettre, écrivant à un frère de la novice, la désigna tout naturellement par le diminutif de son nom, comme on en avait l'habitude dans l'intimité de la famille, et comme il l'avait très certainement entendu traiter en ces derniers jours par son père.
Quelle austérité pudibonde et sévère que celle des collaborateurs immaculés du Mundo !
Une série de documents servit de prétexte à de nombreux articles cherchant à produire un scandale. Ce furent les lettres adressées à un certain élève de Campolide, âgé de onze à douze ans, auxquelles on ajouta une lettre de l'élève adressée à la sainte Vierge. La conscience méticuleuse des publicistes s'effraya du vocatif : meu querido Jaime, mon bien cher Jaime ! Assurément, c'est une terminologie inconnue à la langue portugaise ! Un professeur, un directeur, un ami ne pourra plus employer cette formule en répondant à la lettre d'un enfant dont il a surveillé l'éducation : il serait plus naturel sans doute de commencer gravement par un solennel : Monsieur ! Mais soyons francs : ici l'indignation ne laisse pas de place à l'ironie. Pour souligner de la sorte une formule aussi innocente il ne suffit pas d'une malice vulgaire ; cela suppose un fonds abominable de corruption.
On nous a accusé également d'avoir employé la violence pour attirer un enfant de douze ans. Ou c'est mensonge, ou ignorance crasse. Il ne s'agit pas d'attirer, vu qu'on fait ici allusion à une demande plusieurs fois réitérée et dont j'avais moi-môme ajourné la réalisation ; il n'est pas question non plus d'entrer dans la Compagnie à onze ans (on ne peut même commencer le noviciat