XVIII PREFACE
qu'après quinze ans accomplis). Il s'agissait de Y Ecole apostolique où cet enfant, encore à Campolide, avait demandé à être admis pour continuer ses études.
Pour rendre plus palpable comment, à défaut de documents compromettants, nos ennemis s'efforçaient d'empoisonner par leurs commentaires la prose la plus in offensive, je vais transcrire une lettre, par moi adressée à cet élève, et publiée par le Mundo du 14 avril, sous l'en-tête : Un chef des Jésuites à la recherche d'une victime :
Mon cher Jaimk,
J'ai reçu aujourd'hui, par l'intermédiaire du P. Justino, ta bonne lettre: de tout cœur, je t'en remercie. Je comprends parfaitement la crainte que tu manifestes, mais ce n'est pas une raison pour me fâcher, suivant l'expression dont tu te sers. Tu n'imagines pas combien les deux pages de ta lettre m'ont rappelé le souvenir du temps où je m'employais à faire quelque bien à ces chers jeunes gens, que je n'oublierai jamais. Toi et les tiens vous pouvez compter sur mes faibles prières ainsi que sur les effets d'une large part des nombreuses souffrances que Notre-Seigneur, en sa miséricorde, a daigné m'accorder.
Je quitte aujourd'hui ce lieu de refuge, mais si tu veux m'écrire, adresse ta lettre à M. Wilhelm Kaulen, qui me la fera parvenir.
Ton ami dévoué, P. Luiz Gonzaga Cabrai
Tel est ce document suspect!
Je ne dois pas taire non plus la lettre que le même adressa à la très sainte Vierge.
I n journal jacobin de Lisbonne lui attribua une si grande importance qu'il en publia l'autographe en photogravure, et lui réserva une place d'honneur à la première page. Pourquoi ? Parce que, des nombreuses fautes d'orthographe de ce document, il lirait avec beaucoup de finesse la conclusion que les études au collège de Campolide allaient forl mal. Or, une fois de plus, le dupeur s'esl laissé duper. Le- éludes allaient si mal a Campolide.