XXIV PREFACE
nière heure, ce plan, qui prouve au moins l'affection sincère et la délicate reconnaissance de ces jeunes gens.
Un fait plus significatif encore est la résolution, suivie d'exécution, prise par un groupe d'élèves de Campolide, quand ils surent ce qu'était devenue la bannière de leur collège, lors du pillage de l'édifice. Ils eurent la hardiesse d'adresser au ministre de la Justice une requête signée par plusieurs d'entre eux, afin de réclamer ce souvenir de la maison qui les avait élevés.
Le résultat fut celui qu'on devait attendre ; mais le nom de ces intrépides jeunes gens resta gravé en ce message, affirmant la solidarité dont ils s'enorgueillissaient d'être à nos côtés. C'était la meilleure réponse aux mensonges publiés par la presse jacobine, disant que les jeunes gens que nous avions élevés s'étaient montrés fort désintéressés de nos infortunes.
Mais la Providence, qui, au milieu de notre rude tribulation, nous envoya ces consolations de l'amitié, nous les fit trouver ailleurs encore que chez nos élèves.
Ce livre racontera d'innombrables preuves de dévouement généreux, et parfois héroïque, de personnes de toutes les classes sociales, envers les Jésuites prisonniers et proscrits. Je voudrais pouvoir dresser ici la longue liste de ces amis et de ces bienfaiteurs que nos coeurs n'oublieront jamais. On y trouverait côte à côte les noms de princes de l'Eglise et d'artisans qui gagnent avec peine leur pain de chaque jour1 ; de dames de la plus haute aristocratie et de pauvres servantes : de brillants officiers des armées de terre et de mer, de modestes employés de bureau et du commerce, des prêtres vénérables, des professeurs de l'Université et des eeoles supérieures, des médecins, des magistrats, des avocats, des membres de l'enseignement secondaire et primaire, des étudiants, des industriels, (h^ négociants, des laboureurs, des ouvriers et même i\r> pauvres dans toute la force du mol.
Dan- les seules lettres à moi dirigées, je pourrais recueillir une gerbe de témoignages où toutes les classes indiquées, sans en excepter une seule, viendraient témoigner en faveur des victimes de la fureur anticléricale.
En cet admirable concert de la charité, la note la plus douce (si j'étais libre de lui faire écho) serait celle qu'ont donnée nos