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XXVI PREFACE

nous, d'une fondation à Bahia ; il a admirablement motivé sa demande. J'ai eu ensuite une longue conférence avec le P. Menezes. Cette fondation serait d'une grande importance ; mais où trouver des religieux pour ia réaliser ?

La persécution d'octobre est venue nous donner la réponse ce doute. La fondation de Bahia est aujourd'hui un fait accompli ; et ce n'est pas une simple fondation ; elle est double : la résidence de Santo Antonio da Barra et le collège Antonio Vieira.

Et, outre Bahia, combien de villes grandes et petites mettent à profit au Brésil l'activité et le zèle des exilés du Portugal.

Les demandes de collèges et de résidences ont été nombreuses. Nous nous voyons obligés de procéder lentement et prudemment pour que notre option se fasse avec discernement.

La velléité d'une mesquine intolérance, qui prétendit nous fermer l'entrée de cette seconde patrie, a été dignement étouffée par l'esprit de saine liberté qui oriente heureusement aujourd'hui la plus grande et la meilleure part de la grande République sudaméricaine. Le Brésil ouvrit ses portes aux Jésuites expulsés du Portugal ; et cela, après une explosion de noble indignation qui, à cette occasion, se fit jour dans le Parlement et fut solennellement confirmée par la sentence du suprême tribunal de la Fédération.

Mais la grande République entend la liberté d'une manière bien différente de celle que suivent les démocrates rétrogrades des <( rives occidentales de la Lusitanie ».

Le président de la République brésilienne, le maréchal Hernies da Fonseca, présidait, il y a peu de temps, à Rio de Janeiro, la distribution solennelle des prix, au collège de Saint- Ignace, dirigé par les Pères de la Compagnie de Jésus.

Au goûter, on lui présenta le R. P. Antonio de Menezes. aujourd'hui supérieur de la nouvelle mission portugaise de la Compagnie au Brésil. Le Père le remercia de la généreuse hospitalité que la République avait accordée aux religieux arrivés de Portugal et il ajouta qu'il aurait ardemment désiré voir le gouveroement provisoire de Portugal présent à celte fête pour apprendre ce qu'est la liberté en pays libre. « Mais, c'esl tout à fait comme ceci », répondit aimablement le président.

Ce qui esl arrivé au Brésil, où. depuis le commencement de

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