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PREFACE. IX

lèvres, à défaut d'informations précises, seraient incapables de détruire.

Parmi nos ennemis, il y en a qui, de bonne foi, sont dans l'illusion ; les autres sont des calomniateurs conscients. En face de ces deux catégories d'adversaires, il était indispensable de rompre le silence. La narration intégrale et sans passion des événements auxquels nous avons été mêlés suffira pour défendre les Jésuites portugais.

Pour tous ces motifs, nous devions à nos frères et aux étrangers l'équivalent des pages qu'on va lire.

Mais en premier lieu c'est à la Providence divine que nous les devons.

L'histoire de ces mois qui ont suivi le 5 octobre est vraiment un poème de la Providence. Une vie ne suffirait pas pour remercier le Seigneur des preuves de tendre sollicitude qu'il nous a dispensées durant toute cette persécution.

Providence de Dieu dans la conservation des vies et dans la fidélité à la vocation ; Providence de Dieu à protéger notre réputation, se servant pour cela des moyens mêmes imaginés par les ennemis pour la ternir ; Providence de Dieu à nous ménager les consolations de l'amitié, voire des ressources temporelles au moment précis où tout allait nous manquer ; Providence de Dieu, à se servir de ce moyen pour réaliser ses plans de miséricorde sur d'autres peuples qui profitent déjà de nos travaux.

Au milieu de la fureur diabolique de véritables apaches, soucieux de faire croire, aux premiers jours de la révolte, qu'ils étaient le peuple portugais, qui ne s'étonnera qu'aucun de mes trois cent cinquante religieux n'ait péri de mort violente ? Les coups de fusil et de revolver déchargés contre eux aux environs de Campolide furent si nombreux, et quelques-uns tirés tellement à brûle-pourpoint, qu'il semble incroyable qu'aucun religieux n'ait été atteint. Quand, à Alcantara, après avoir enlevé les rails pour provoquer un accident, (il n'eut pas lieu, grâce au 15e d'infanterie qui venait dans le même train), les carbonari armés se préparaient à immoler nos novices et nos jeunes étudiants, qui Qt

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