‹ ProscritsChapitre 5 sur 34 · PREFACE · texte numérisé non relu

PREFACE

avorter leurs plans sanguinaires? Oui donna à ce jeune homme de dix-sept ans, le frère Luiz Gonzaga de Mariz, la force de se lever du lit, en pleine rechute de pleurésie, et, malgré l'ardente fièvre qui l'embrasait, de suivre ses frères jusqu'à Caxias, où il se rétablit au milieu des privations du cachot ?

En faisant allusion à la Providence de Dieu sur nos vies, je ne puis oublier ce qui m'est arrivé à moi-même. L'idée ne m'était jamais venue de me séparer de mes frères, lorsque je revenais en leur compagnie de la gare de Campolide, dans la matinée du 5 octobre ; nous avions, en effet, perdu l'espérance de sortir de Lisbonne, en voyant interrompre la circulation des trains. Et cependant le bon Dieu avait disposé que l'arrivée inattendue d'un groupe suspect m'obligerait à entrer dans une maison qui m'était complètement inconnue... Je n'y avais jamais mis les pieds, et j'avais, du reste, l'intention de retourner au collège lorsque le groupe se disperserait. Que serait-il arrivé, si comme les autres, j'avais trouvé la route libre ?

Je n'ose l'affirmer ; d'autres n'ont pas de doute à ce sujet, après toute la diligence employée pour m'arrêter, et après avoir entendu des phrases comme celle-ci : « Entre ceux qui ont réussi à s'échapper, il y en avait trois auxquels on réservait quelque chose de plus que la prison. » Et si je voulais entrer dans le détail, que de menues circonstances, insignifiantes en apparence, nuisibles même à première vue, dont la Providence s'est servie, pour détourner les soupçons de la maison qui m'offrait l'hospitalité, et pour aplanir les difficultés que j'eus à vaincre avant (l'arriver à l'abri sûr d'où je pus travailler à la délivrance de mes religieux.

En fait, aucun de nous n'a péri de mort violente en ces jourde fureur révolutionnaire, malgré les Irisiez nouvelles colportées, an début, à Tel ranger, el la ferme persualion de <|iielqnes-uns, confirmée par l'absence prolongée et le manque de nouvelles de plusieurs de nos fugitifs.

A Madrid, j'offris le saint sacrifice pour l'âme du P. bYancisco Justino, dont la mort avait été annoncée par les journaux el pour celles des scolastiques Antonio Faria el Julio de Moraes, qui se virent longtemps dans l'impossibilité de se mettre en correspon dance avec quelqu'un de leurs frères. Je célébrai aussi le saml

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