GŒTHE ET LA VIR
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Ce qui frappe ensuite chez lui, c’est le souci de tenir la pensée dans les borres du sens commun.
Si vous n'êtes pas un modéré, si vous forcez vos talents, je vous prie, ne lui demandez pas d’audience, vous le mettriez mal à l’aise.
Faust, ilest vrai, est le symbole de l’illimité, de la recherche immodérée.
Mais aussi, je puis dire sans vaine plaisanterie que Goethe charge le diable de faire l'éducation de Faust et le diable même y perd son latin.
Comme Descartes s’étudiait à séparer les plaisirs des vices, Goethe ne demande qu'à jouir dela vie sans s’encanailler.
- Comme ses joies, comme ses aspirations sont pures et généreuses !
Selon lui, vivre, c’est voir ; voir pour ensuite déduire ; voir avec calme pour déduire avec justesse.
Son travail primordial, c'est d'élargir ses goûts, d'agrandir sa vision en la libérant sans cesse.
Le génie, la beauté même, doivent être exclus, s’ils troublent le beau calme libertaire de l'esprit.
À ses yeux, le péché, c’est d’altérer la vie.
Pensez à vivre, dit-il, notez votre conduite avec les autres, trouvez votre voie naturelle et agissez.
Pour lui, l’action seule guérit la souffrance.
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Méphistophélès fait beau jeu des rêves de Faust : quand l’action commande, elle entraîne penseurs et
jouisseurs dans son élan dominateur, et Méphistophélès n’est que son prophète.
Dans ‘* Hermann et Dorothée’ la solitude a fait du jeune héros, non un faible et pusillanime écolier, mais un coeur fort, agissant, capable d'aimer la justice, de vivre la grande vie pleine et calme.
À trente ans, Coethe indiquait tout son plan de vie : ‘‘Le désir, dit:il alors, d'élever aussi haut que ‘possible la pyramide de mon existence, dont la base ‘‘a été posée pour moi, domine toute autre chose et ne ‘‘quitte presque jamais mon esprit. Je ne dois pas ‘perdre de temps, je ne suis plus dans ma première ‘jeunesse, et il faut que j'arrive au sommet.”
Le sommet qu’il poursuit, on le sait, c’est la maitrise de soi ; c’est de contempler le spectacle du monde et dela vie, dans la soumission intelligente des passions, dans l'apaisement des sens sous une. règle. dans la résignation finale de l'esprit.
D'ailleurs, il ne s’écarte guère du but.
Ses drames sont les étapes de sa pensée. Sa modestie parfume ‘‘Wilheim Meister’’ ; sa dignité émerge daus ‘‘Hermann et Dorothée’? ; sa foi à la vie éclate dans ‘‘Faust’’ ; son goût domine ‘‘ Werther.’’
Heureux Goethe, a-t-on souvent répété.