L'ANNEAU
Lentement, lentement, tout s'est décomposé ; Le squelette lui-même à la fin s'est usé :
Rien, plus rien qu'un peu de poussière !
Pourtant, en la fouillant du bout de son soulier, Parfois, le fossoyeur voit un objet briller
Parmi cette cendre incolore :
C'est l'anneau que le mort jadis eut à son doigt, Et qui, métal fidèle et pur, comme il le doit,
Demeure intact et brille encore.
Dans ces jours de chagrin où je hais le soleil, Il me semble souvent que mon cœur est pareil
A ces antiques sépultures, Et qu'on n'y peut plus rien désormais découvrir \h>> mille sentiments qui l'ont tant fait souffrir
Par leurs cruelles impostures.
Ce n'est plus que néant, que ténèbres, qu'oubli; Kl ce tombeau, d'un peu de froide cendre empli,
M'en offre le parfait modèle ; Mais l'œil de ma pensée y voit briller encor, Comme, au fond de l'ancien sépulcre, l'anneau d'or,
Ton souvenir tendre et fidèle.