‹ Prose (volume 2)Chapitre 31 sur 87 · D'APRÈS LE TABLEAU DE GUSTAVE JACQUET · texte numérisé non relu

D'APRÈS LE TABLEAU DE GUSTAVE JACQUET

Au sortir du lit de dentelle, Les cheveux emmêlés encor, Ce matin, à quoi rêve-t-elle, Dans le vieux fauteuil gaufré d'or ? ■■

Sur sa poitrine, sa main fine Se pose d'un geste distrait.

Hélas 1 est-ce qu'elle y devine Le lent travail d'un mal secret ?

Car c'est un matin de novembre, Et sous le velours onduleux De la longue robe de chambre, Son frêle corps est tout frileux.

On dirait presque qu'elle tremble ; Ce cher visage est amaigri, Et cette bouche exquise semble Avoir plus toussé que souri.

Serait-il si cruel, le rêve De l'enfant pensive aux yeux las?

Songe-t-elle qu'elle est bien brève La claire saison des lilas?

Pauvre mignonne ! Songe-t-elle Que l'automne vient de finir, Qu'il fait froid et que l'hirondelle Sera bien lente à revenir?

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