‹ Prose (volume 2)Chapitre 57 sur 87 · SCENE DE TSARDA · texte numérisé non relu

SCENE DE TSARDA

Il est tard. La tsarda penche sur l'eau son mur, Mais ne peut s'y mirer, tant la rivière est sombre.

* Taverne.

2Ui POÉSIES DIVERSES.

Le bac reste immobile, à la chaîne, dans|rombre. Le monde se repose et le ciel est|obscur.

Quel bruit dans la tsarda ! Chants et cris à la ronde. Le cymbalum frissonne et retentit sans fin. « Eh ! l'hôtesse ! Fleur d'or ! Apporte-nous du vin, Vieux comme mon aïeul et chaud comme ma blonde !

« Allons, Tsigane ! Ici tout de suite, et dansons ! Que la danse me brûle à son ardente flamme ! Je [veux perdre en sautant mon argent [et mon âme. Donc, tu vas nous jouer tes plus folles chansons. »

Mais on frappe à la vitre. — « Holà! qu'on se dégrise ! C'est un vacarme affreux. Mon maître veut dormir. » — « Qu'il aille au diable !... Et toi, Tsigane, fais frémir Ton archet, fallût-il te donner 'ma [chemise! »

On frappe de nouveau. C'est un enfant. — « Pitié !... Un peu plus bas !... Ma mère est malade... manière ! » On fait : « Chut ! » au Tsigane, on boit le fond du verre, Et tous les gars s'en vont sur la pointe du pied.

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