ACTE PREMIER
Un court prélude, divisé inégalement eu deux mouvements, l'un anclante con moto, l'autre allegro, précède le lever du rideau. Deux des principaux thèmes de la partition y sont exposés. Le premier, d'une intensité d'expression fort grande :
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se rapporte à Proserpine (p. 1, m. 1 et suiv.) (1). Il débute chanté par les seconds violons, les altos et les violoncelles ; à la seconde mesure, il est soutenu par les hautbois ; il est continué ensuite par les premiers violons, les bassons et les cors. Le second motif, qui apparaît (p. 1, m. 11, 12, 13, 14) aux hautbois, doublés par les violons,
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symbolise \ Aspiration à Varaour. qui rem-
(1) Les exemples musicaux sont reproduits avec Taimable autorisation «le MM. Durand et fils, éditeurs de la partition.
plit le cœur de Proserpine dégoûtée de son métier de fille. Page 2, mesure 3, je signale, mais sans y attacher d'importance , une curieuse ressemblance avec le début du leitmotiv d'amour des Maîtres Chanteurs.
Le rideau se lève sur les jardins du palais de Proserpine, l'opulente courtisane italienne à l'esprit fantasque, qui passe avec une égale facilité des bras d'un seigneur à ceux d'un manant :
Tous se valent pour elle ! Une chose lui plaît, C'est de dire au marquis : « J'aime autant ton valet ».
Pendant un mois, Proserpine a tenu sa porte close, puis, tout à coup, elle a annoncé une fête, à laquelle nombre de jeunes seigneurs sont accourus. Ceux-ci vont et viennent, s'entretenant de leur hôtesse et de ses fantaisies. Tout ce dialogue est traité d'une façon charmante. Un motif d'importance secondaire, mais que l'on rencontre néanmoins plusieurs fois pendant les premières scènes, celui de la Galanterie,
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se fait entendre aux violoncelles, puis aux altos (p. 8, m. 7 et 8). Le thème de Proserpine paraît de nouveau, page 10, mesures 8, 9, 10 et ensuite page 12, mesures 1 et suivantes, à
l'entrée de la courtisane. Celle-ci s'avance lentement, pensive, regardant à la déroMe dans les groupes. Sahatino n'est pas venu ! murmure-telle à part. Les jeunes gens s'empressent autour d'elle ; leur propos sont soulignés à l'orchestre par le motif de la Galan terie. Mais Proserpine n'est pas d'humeur à les écouter ; elle passe sans répondre, tandis que les instruments à cordes commentent sa Triste use
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en uuf superbe phrase, d'une douloureuse mélancolie (p. 14, m. 8. 9, 10, 11, 12, 13. 14), Pourtant, ses adorateurs ne se découragent pas. Deux d'entre eux, Orlando, puis Ercole, la supplient avec une amoureuse ironie. Cet andante (alla sicilianaj, comme l'a catalogué le musicien, est fort gracieux dans sa tonalité de si mineur. L'accompagnement, avec son contre-chant confié à la flûte, plus loin au hautbois et enfin, à la coda, au premier violon, est d'une délicatesse adorable. Commencée par un ténor, continuée par un baryton, cette sicilienne, puisque sicilienne il y a, se termine avec les deux voix.
Proserpine , le fi'ont toujours chargé de nuages, n'a rien entendu. Elle s'éloigne et disparaît dans le jardin à travers les buissons