‹ Prospectus de l'École d'agriculture de Ste. Thérèse [microforme]Chapitre 5 sur 8 · L'ECOLE D'AGRICULTURE DU COLLEGE DE STE. THERESE · texte numérisé non relu

L'ECOLE D'AGRICULTURE DU COLLEGE DE STE. THERESE

Dans notre revue du mois d'octobre nous avons publié l’article précédent, qui nous sommes heureux de le dire, n’a pas été sans résultat, la création d’une école d'agricultture à Ste, Thérése étant aujourd'hui un fait accompli.

L'enseignement agricole fait tous les jours de nouveaux partisants plus puissants et plus zélés Le collége de Rimousky commencera prochainement un cours d'agriculture et les sociétés de Montmagny et de Bellechasse doivent créer dans un avenir prochain deux fermes experimentales. Le collège de Ste. Thérèse, au nombre de nos premières maisons d'éducation aujourd’hui, s'est appliqué depuis longtemps à mettre sous les yeux de sès nombreux élèves tous les détails d'une culture améliorée, conduite avec intelligence, et nous tenons de Monsieur le Supérieur lui-même que les élèves reçoivent les éléments de la science agricole. Le collège de Terrebonne, dont l'importance prend tous les jours des proportions plus considérables, doit faire l'acquisition d’un domaine destiné à la démonstration sur le terrain de la pratique agricole enseignèe dans les cours. Le collège de l'Assomption donnerait déjà l’exemple des meilleures cultures sur une ferme consacrée aux améliorations agricoles. St. Hyacinthe et Nicolet possèdent de vastes champs dont la culture résume à la fois toutes les conditions d’une exploitation rémunérative et d’un grand enseignement,

Ainsi donc dans toutes les parties de la province nous possédons les éléments de la diffusion la plus prompte et la plus efficace des connaissances agricoles. 11 ue nous reste plus qu’à agir avec ensemble et à mettre à profit ces nombreuses sources d'enseignement. Chaque fois qu’il nous a été donné de rencontrer les hommes de dévoüment chargés de la direction de nos maisons d'éducation, nous avons été convaincu qu’ils comprenaient toute l'importance de donner à notre jeunesse un enseignement agricole. Chapue fois nous lesavons entendus regretter amèrement l'encombrement actuel des professions libérales et invoquer comme un vaste débouché à l'intelligence et à l'énergie, la carrière agricole, relevée par des connaissances approfondies de l’artet dela science. Chaque fois nous les avons entendus regretter la présence, dans nos campagues, d'un plus grand nombre d'agriculteurs distingués, dont l’exemple pût profiter dans un rayon tous les jours

nion publique, non-seulement sur les questions d'intérêt local mais encore et surtout sur les grandes questions qui aujourd’hui agitent la province,

A ce grand mal, dont tout le monde se plaint, nous voyons un remède que nous nous sommeg fait un devoir de conseiller chaque fois qu'on nous l'a permis. Nous avons vu que presque tous nos collèges possèdent des domaines considérables, généralement très-bien cultivés, pourquoi alors pendant les deux dernières années d'étude, le cours des sciences naturelles ne serait-il pas dirigé vers l’agriculture? Au lieu de faire de la chimie de la physique, de la minéralogie, de la botanique, de la physiologie de la mécanique, au point de vue général, pourquoi ne ferait-on pas de la chimie agricole, de la physique agricole, de la géologie agricole de la botanique agricole, de la mécanique agricole, et ainsi de suite? Sans douteles élèves ne seraient pas trés-forts en science agricole après en avoir reçu les éléments, mais il n’en est pas moins vrai qu'à la faveur de ces éléments les vocations agricoles se degsineraient sous cet horizon nouveau ouvert à l'intelligence. Etil n’est pas moins vrai non plus que ces études de la science, aidées de promenades sur la ferme pendant les récréations et surtout aux jours de congé, donneraient aux élèves des connaissances très-précieuses et dont le’ prix serait plus tard fortement apprécié.

Nous ne demandons que cette direction donnée aux études des sciences naturelles, et ce n’est certainement pas demander une révolution, pour réaliser un bien immense et diriger vers la carrière agricole le surplus des aspirants aux professions libérales, Jln’en coûtera pas un professeur de plus et pas un cent de plus. De fait, tout ce qu'il faut pour amener ce grand résultat, c’est le concours de nos maisons d'éducation, et nous savons qu'il ne manque jamais chaque fois qu’il s'agit de nos plus chers intérêts,

À nos collèges la tâche glorieuse de relever l’agriculture de l’ornière où elle se traîne, pour la porter à la hauteur des sciences, ‘Bien sûr qu'ils ne resteront pas insensibles aux injures grossières jetées à la figure des représentants cullivateurs de nos districtruraux. Y a-t-il des expressions assez fortes dont on n'abuse à leur égard sous prétexte que leur ignorence doit tout accepter ? Derniérement encore la division de Lanaudière portait au conseil législatif un des siens, M. Bareil, et un journal annon-

plus grand, et dont l'influence püût diriger l’opi- | gant son succès, disait ironiquement : “M.

!! Bateil est élu parce qu'il est cullivateur, Ce ‘préjugé, exploité auprès des classes agricoles, ‘a tué, en quinze jours, la candidature de son ‘adversaire. Ainsil'éleciion d'un cultivateur, comme représentant des intérêts agricoles est passé à l’état de préjugé, C’est admirable lit Mais si l'ignorance des cultivateurs vous répugne si fort que ne les instruisez-vous ? Pourquoi monopolisez-vous les derniers publics votés à l'éducation, en faveur des études universitaires, etne laissez-vous rien à l'enseignement agricole? La suppression des abus naît des abus mêmes, et puisque vous avez.abusé de l'éducation au préjudice des campagnes, subissez-en les résultats et rougissez de votre propre œuvre, Pour nous, des longtemps, nous avons demandé pour n08 Campagnes un enseignement agricole complet, et nous le demanderons encore chaque fois que l'occasion s'en présentera, Le mouvement qui 8e fait aujourd'hui dans les esprits, au sujet de ces élections, fait des partisants à notre manière de voir et en conséquence nous insistons sur la question. Les professeurs de nos collèges sont trop intimement liés evec les populations de nos compagnes pour ne pas souffrir de cet état de choses autant que nous, Aussi espérons-nous qu'ils multiplieront leurs efforts pour relever l'agriculture et la mettre à l'abri des accusations d'ignorance dont on l’accable, Il ne tient qu'à eux que dans dix ans

OUS avons publié f dans notre dernier numéro le Prospectus de l'Ecole g d'Agriculture de E Ste. Thérèse, et & déjà des applications ont èté faites par plusieurs de nos jeunes agriculteurs, qui ont compris que la carrière agricole, pour être lucrative et hono- FA rable, devait $se

bâser sur des connaissances théoriques et pratiques. Combien d'intelligences d'élite, aujourd'hui courbées sur la charrue, sont incapables de conceptions élevées, parce que l'éducation à été systématiquement mise hors de leur portée, Que nos jeunes Canadiens réfléchissent à toute la Puissance que peut leur donner un cours complet d'agriculture. A eux de forcer leurs Parents à leur donner cette éducation avec laquelle ils peuvent prétendre à tout par leur énergie et leur persévérance. Ste. Thérèse, Rimousky et Ste Anne sont autant de points lumineux d'où nos populations ruralesrecevront la lumière, Ste. Thérèse surtout, par les vastes moyens mis à sa disposition et le programe

de ses études, est appelé à compter de nom- |

la carière agricole ne compte ses représentants distingués par leurs connaissances générales, dignes sous tous les rapports de marcher les égaux de nos plus grande hommes publics, Depuis le mois d'octobre dernier, le Collège de Ste, Thérèse à pris la louable initiative % la création d'une école d'agriculture, Les étudiants sont admis à suivre le cours des sciences naturelles données aux élèves du Collège, C'est là un immense avantage offert aux fils de n08 cultivateurs, arrivés à l’âge de 15 ans sans avoir eu la bonne fortune d’une éducation classique, Ils pourront en quelque sorte faire leur philosophie sans avoir préalablement passé cinq années au latin. Cette facilité offerte aux étudiants agricoles est donc infiniment précieuse et mérite au collége de Ste. Thérèse les sympathies les plus vives de nos campagnes, Nous n'avons pas besoin de dire que le cours classique du Collège n’est nullement affecté par cette création d'une école d'agriculture en dehors du Collège lui-même, ainsi que le démontre le Prospectus, Le cours du College reste ce qu’il est tandis que l'Ecole d'Agricnlture est un nouveau moyen d'instruction spéclale sous la direction de la corporation du Collège de Ste, Thérèse, Dans un prochain numéro, nous donnerons les gravures du Collège et des bâtiments de ferme, que nous fesons préparer en ce moment pour la { Revue.”

RONOMIQUES, FEVRIER 1863.

breux élèves. Nous avons déjà insisté sur l’importance qu’il y a pour nos jeunes agriculteurs de pouvoir suivre le cours de phylosophie de Ste. Thérèse, tout en fesant leur cours agricole et sans avoir préalablement étudié le latin où le grec. C'est là un avantage qui ne se rencontre dans aucune autre institution, Un jeune agriculteur pourra ainsi entrer à l'école d'agriculture à 16 ans et à 19 ans posséder toutes les connaissances théoriques et pratiques se rattachant à l’agriculture, Nos cultivateurs ne manqueront pas de saisir tout ce qu’il a de pratique dans ce mode d’enseignément. En effet, à quoi bon les études classiques pour celui qui se destine à la culture du sol, L’étude des sciences pour lui est infiniment prférable à tous les points de vue. A l’aide des sciences il suivra les transformatious des engrais, de: puis l’étable jusqu’à l’épi de blé, il se rendra compte des phénomènes si importants de la vie végétale et animale, il résonnera la construction de son matériel et l'emploi des forces aveugles aux travaux du sol. Telles sont les connaissances que doit posséder le cultivateur préférablement au latin et au grec, dont il ne saurait que faire,attendu qu'il n’étudiera pas les méthodes de l’agriculture d'aujourd'hui dans les auteurs anciens. Et toutes ces sciences, telles qu'enseignées à Ste. Thérèse, seront mises sous les yeux de l'étudiant, non seulement pendant les cours, mais encore et surtout pendant les applications faites sur le champ même, ou dans les étables, La le pourquoi de chaque opération sera donné à l'élève, qui trouvera dans la pratique d’une ferme bien tenue l'application rigoureuse dés principes dé l’agriculture améliorante.

Nous donnons aujourd'hui une ecellènte vue du Collége de St, Thérèse, pour montrer

Gravure No. 1.—Pensionnat de l’Ecole à

toute l'importance de l'institution, qui a aujourd'hui le mérite d'une initiative aussi louable dans la diffusion des connaissances a ricoles, Cet acte d'administration éclairée, lui sera compté dès à présent, et le Canada agricole eurégistrera,comme une de ses prusbelies pages, le Preapegtes de l'école d'agriculture de Ste. rèse,

Nous Lisons dans un de nos journaux au sujet de l'Enseignement Agricole en Canada.

Déjà, l'enseignement agricole, des écoles spéciales, des livres et des journaux consacrés à ce premier des arts, sont heureusemeut en opération parmi nous. On enseigne à Ste, Anne, à Rimouski, dans les écoles normales, ailleurs sans doute, C'est un commencement, un noyau, un point de départ assuré pour toute une carrière aussi large en quelque sorte que le pays, qui partout a besoin de ce bel exemple, Monsieur Smith, de Rimouski, a

compris, on ne peut mieux, ce besoin impérieux aujourd'hui d'agréger enfin l'enseignement agricole à notre éducation nationale, Avant ce monsieur, ce qui ne lui ôte aucun mérite, d'autres hommes bien pensants avaient écrit des enseignements ‘élémentaires sur l'agriculture. L'ancien M. Perrault, cet homme si canadien par la modestie de ges utiles travaux et alors si peu aidé, et plus tard si vite oublié, avait écrit, lui aussi, en homme pratique et dévoué, des notions simples snr l'agriculture, lesquelles n’ont jamais été accueillies et utilisées par ses contemporains comme elles auraient dû l'être. Plus tard, M. Evans, de Montréal, par son journal agricole, avait eu le même dévouement au cœur, et il n'eut point lui aussi, le succès et le concours qu'il méritait. Dans le même temps à peu près, M, Chagnon, de l'Assomption, district de Montréal traduisit des ouvrages anglais traitant élémen-

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