‹ Prosper Mérimée et la RussieChapitre 3 sur 29 · Lettres à une inconnue, II · texte numérisé non relu

Lettres à une inconnue, II

2. Nous sommes profondément surpris de retrouver ce reproche sous la plume élégante de M. Filon, dans l’article (d’ailleurs très intéressant) qu’il a consacré au Centenaire de Mérimée dans le Gaulois du 19 septembre 1903, pour lequel il y aurait quelques réserves à faire, et dans l’article de M. Ed. Rod, Le cœur de Mérimée, dans les Annales politiques et littéraires du 27 septembre. L’article de M. H. Albert, Mérimée sensible, dans la Chronique des livres du 10 nov. [p. 273-7] ^st beaucoup plus juste.

Fac-simiIe d'une lettre de l'Inconnue

auxquelles il prenait plaisir à écrire. Les lettres qu’il lui écrivit sont des chefs-d’œuvre de charme et de bon goût.

M. de Lagrené mourut en 1862, Mérimée huit ans après ; et, dès qu’il fut mort, miss Lagden écrivit à de Lagrené pour lui annoncer la mort de son vieil ami. On serait plus que surpris que son nom ne figure pas sur le testament daté du 30 mai 186^ (??), si certains autres faits singuliers contenus dans le même document n’avaient déjà attiré l’attention des amis survivants de Mérimée ^ Je n’en citerai que deux : l’omission des noms de Panizzi et de Jenny Dacquin ! Jenny Dacquin ^ mourut en 1894 : trois ans après, Mademoiselle Olga de Lagrené mourait à son tour. M”"® de Lagrené arriva à un âge avancé : elle n’est décédée que le 27 janvier 1901.

Cette nouvelle correspondance, qui n’était pas

1. Cf. la question posée par M. Victor Jacquemont du Donjon dans V Intermédiaire des Chercheurs du 20 décembre 1903, col. 890, et ma lettre confirmative, dans le no du 10 janvier 1904, col. 9.

2. Cf. Notes sur P. M., 350. Un fureteur boulonnais, M. Th. Lefebvre, avait commencé des recherches sur la famille de V Inconnue. L’enquête à laquelle je me suis livré parallèlement avec lui m’a donné la conviction que ses papiers ont été détruits à sa mort. J’ai pu retrouver sa tombe au cimetière du Père- Lachaise. M. Émile Faguet a consacré aux Lettres à une Inconnue dans la Revue latine de juillet 1904 un article intitulé : Mérimée amoureux, qui donne matière à de nombreuses objections.

tout à fait ignorée ‘ , quoiqu’elle n’ait jamais été communiquée, apporte bien des renseignements sur divers points de la vie de Mérimée. On n’y trouve rien, par exemple, sur son élection à l’Académie française. Jadis, à deux 'reprises j’ai donné quelques détails sur les rapports de Mérimée avec l’Institut, mais j’ai trouvé depuis quelques nouveaux renseignements.

La réception de Mérimée devait avoir lieu plus tôt qu’elle n’a eu lieu, comme le montre cette lettre inédite de son « récipient » à Lebrun :

« Mon cher Confrère,

« Depuis deux ou trois jours je me trouvais indisposé de manière à me faire craindre de ne pouvoir présider la séance de jeudi. Cependant j’espérais à force de soins ne pas faire ajourner une réception qui a "déjà beaucoup trop tardé. Mais ce matin même je me trouve dans l’impossibilité de sortir. Je vous prie de faire prévenir nos collègues qui devaient se réunir aujourd’hui à une heure, et de demander la remise de la séance publique jusqu’au moment où ma santé me permettra de recevoir M. Mérimée. Vous devez bien penser que je suis extrêmement contrarié de ce retard.

1. M. A. Filon, M. F. Bruncticrc connaissaient son existence, mais n’ont pu Futiliscr.

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