I. Champfleury, 1,^5 Paris, Reinwald, 1870, p
C’est la phrase presque textuelle d’une lettre que Mérimée lui avait adressée : « Je n’ai rien écrit sur les chats, mais j’en ai élevé un très grand nombre et je crois les connaître assez bien. Je les estime beaucoup et je vous communiquerai mes petites observations sur ces animaux à qui je ne connais guère d’autre défaut qu’une excessive susceptibilité ». (Catalogue des autographes de la collection Champfleury, janvier 1891, no 105).
une bonne place, vous obligerez sensiblement votre bien dévoué serviteur,
« P*" Mérimée.
« Cannes, 9 mars 1868. »
Les années se passent. M. de Lagrené est mort, Gabrielle mariée, les fils partis : l’un à Saint-Cyr, l’autre à Brest, le troisième est diplomate. Mérimée est vieux et malade. La correspondance se ralentit. Puis vient la guerre.
Un jour d’octobre 1870, M"'^ Olga reçoit une lettre de Cannes. Ce n’est pas l’écriture de son vieil ami; c’est une écriture féminine, aux lettres aiguës : c’est miss Lagden qui lui annonce la mort de Prosper Mérimée « l’ami qui vous aimait tant ». La mort a scellé la correspondance !
De longues années s’écoulent : les lettres de Mérimée sont conservées pieusement. Dans le monde, jamais M^*^ de Lagrené ne parle de Mérimée ; quand on prononce son nom, elle se tait. Et cependant, elle désire faire connaître au public ces lettres qu’on avait été si heureux de recevoir :
« Je n’ai pas la prétention, écrit-elle, d’écrire une nouvelle vie de Mérimée après tout ce qui a été dit et si bien dit sur l’illustre écrivain par des auteurs d’un talent incontesté. Je veux seulement communiquer au public curieux des choses de l’esprit une série de lettres pleines d’originalité, de verve, d’humour, d’esprit, et, contrairement à ce que l’on pense
généralement de Mérimée, de cœur Elles sont écrites à mon père, ami intime de Mérimée, à ma mère, qui initia le savant académicien aux beautés de la littérature russe, après lui avoir enseigne 1 alphabet et la grammaire. Il y en a plusieurs et non des moins charmantes adressées à leur petite fille, Olga, sa grande favorite — une enfant alors — mais dont le cœur reconnaissant n’a jamais oublié 1 indulgente bonté et les gâteries de son grand et savant ami. «
Ce désir, la mort l’empêcha de le mettre à exécution.
Pour commémorer le centenaire de Mérimée % il aurait fallu entreprendre la publication de sa corres-
1 . Nous avons déjà dit ailleurs ce qu’il fallait penser du soidisant égoïsme de Mérimée. Cf. Lettres inédites, cxvii ssq. et Notes sur P. M., ix.
2. Il y a eu quelques articles sur ce centenaire. Voici l’indication des plus importants, utiles à consulter ; E. La Jeunesse, dans le Journal, [G. Montorgueil], dans V Éclair àu. 23 septembre, René de Valfori dans la Liberté du 26 [article reproduit dans le Soir, de Bruxelles, du 29, et dans la Roumanie de Bucarest, du 30-3 octobre], R. de Montreux, dans le Gaulois du dimanche, du 26-27 septembre, F. Chambon, dans le Journal de Gannat du 30, E. Faguet, dans la Revue du ler octobre [p. 74-78] ; G. Grappe, dans la Quinzaine, de novembre [p. 1 12-1 13]. — A l’étranger : Ed. Engel, Pros per Mérimée ^u seinem hundertsten Gehurtstage, dans Berliner Tageblatt du 28 septembre ; Alf. Semerau dans die Gegenwart, du 10 octobre; A. Friedmann, dans le Frernden- Blatt [de Vienne], du 27 sept.; Guido Menasci, dans Natura ed arte [de Milan], du 15 octobre [p. 701-705] ; Indépendance belge du 2 octobre; Berliner Borsen-Courrier du 27 sept.; Diario Uni-
pondance complète * : celle-ci ne pourra jamais être faite, même lorsque les œuvres de Mérimée seront tombées dans le domaine public, du fait de Tun des possesseurs d’une partie considérable de cette correspondance qui se refusera toujours — pour des motifs malheureusement trop plausibles — à communiquer ces lettres aux éditeurs actuels de Mérimée. Cette publication privée, faite par l’un des fils de M. de Lagrené, sera un souvenir In memoriam P. M. Nous le remercions de nous avoir fait l’honneur de nous charger du soin de présenter à sa famille et à ses amis cette impor-
versaî [de Madrid], du 21 ; Wiener Mode, du 15 octobre. Le Sikh du 28 septembre a reproduit un article de Arsène Houssaye sur Mérimée ; les Annales politiques et littéraires du 27, une pièce de la Gu:(l<^ [Le Fusil enchanté], et le Soleil du dimanche du 18 octobre, la Dame de Pique. — A noter, aussi, à cette occasion, les articles suivants : G. Malet, le Merveilleux dans Mérimée, dans VÉcho du merveilleux, du i^r octobre [p. 364-6], et G. Kahn, Uironie dans le roman français, dans la Nouvelle Revue du 15 oct. [p. 528-534]. — Cf. aussi, dans l’ouvrage de Benno Diederich, Von Gespenstergeschichten, ihrer Teknick ihre Literatur (Lpz. Schmidt, 1903, 8°) les pages consacrées à Mérimée et à la Vision de Charles XI [p. 30-37]. — Enfin il faut signaler le très remarquable travail de M. Max Kuttner, Eine neuphilologenfahrt nach Korsika. Auf den Spuren von Mérimée ’s Colomba, dans la Deutsche Rundschau, d’août 1903, p. 227-46 et les articles du même auteur dans VArchiv fur das Studium der neueren Sprachen, CXI, 350-64 et CXII, 94-109.
I . « Mérimée est un épistolaire de premier ordre et la publication complète de ses lettres serait des plus souhaitables. Là seulement il se livre tout entier et donne ou indique toute sa mesure. » (Larroumet, Petits portraits et notes d'art, 13/)).
tante correspondance^ où Prosper Mérimée se montre tel qu’il était, tel que ses amis en ont conservé le souvenir, esprit distingué et délicat, cœur sensible et ami fidèle.
Félix Chambôn.
Lettres de Mérimée.
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BIBLIOGRAPHIE