‹ Prosper MériméeChapitre 3 sur 11 · LES DESSINS · texte numérisé non relu

LES DESSINS

Mérimée fut de tout temps un dessinateur infatigable, et Victor Hugo seul a peut-être égalé sa fécondité; mais ce qui, chez le poète, est la libre manifestation du génie, fut pour Mérimée l’application patiente d’un instinctqu’il devait à ses origines : il était fils de deux artistes.

Jean-François-Léonor Mérimée, né à Broglie (Eure), le 16 septembre 1757, passa, sur les conseils de David, son premier maître, dans l’atelier de Vincent, puis à l’Académie royale de

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peinture; après avoir inutilement concouru pour le prix de Rome, en 1788, il avait pris part aux Salons de 1791 à 1799, et quelques-uns de ses tableaux, les Chasseurs trouvant dans une forêt le squelette de Milon de Crotone(i), T Innocence nourrissant un serpent , dont Bervic a laissé une planche estimable, Vertumne et Pomone (2), Daphnis et Chloé (3) dans la grotte du bonhomme Philétas, avaient obtenu le suffrage des « aristarques » d’alors. Léonor Mérimée a peint en outre une vaste et froide composition ( Hippolyte rappelé à la vie par Esculape ) qui couvre un pendentif d’une salle des antiques au Louvre, et la copie du portrait de Poussin, placée au-dessus de la cheminée, dans la salle des délibérations de l’École des Beaux-Arts. Secrétaire perpétuel de cette École depuis le 24 janvier 1807 jusqu’à sa mort, et

(1) Gravés au trait par Normand dans les Annales de Landon (XIV, 91 5 J.

(2) Le musée Fabre à Montpellier en possède une agréable répétition.

(3) Appartenant à M. Camille Raspail.

professeur de dessin à l’École polytechnique de 1801 à i8i5, il consacra surtout ses loisirs à des recherches chimiques sur les couleurs, les essences, les vernis; de plus, ses fonctions de membre du jury à l’Exposition de 1802 le mirent en rapport avec les plus illustres savants, et ce fut en grande partie à son initiative que l’on dut la création de la Société d’encouragement pour l’industrie nationale. Pendant plus de quinze ans, il présenta à cette Société une foule de rapports spéciaux, dont quelques-uns ont été imprimés et que M. Paul Lacroix a énumérés dans une notice de la Biographie Michaud(i). L’un des plus importants est celui qu’il adressa à M. Decazes, au retour d’une mission en Angleterre, sur l’état des arts industriels de ce royaume (1817). Mais son œuvre capitale et celle qui l’occupa toute sa vie est son traité De la Peinture à l’huile ou des Procédés ma-

(1) Quérard (dans la France littéraire) attribue à Prosper Mérimée un Rapport sur des échantillons de bleu de Prusse présentés par M. Drouet (1821, in-8) ; par contre, il qualifie le père de l’écrivain de maître des requêtes, titre qui fut promis à P. Mérimée, mais non accordé, bien qu’il eût exercé ces fonctions pendant six semaines.

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