‹ Protococcacées et desmidiées d'eau douceChapitre 24 sur 32 · ISI · texte numérisé non relu

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somates indistinctement trilobés. Par la forme des émarginations latérales et apicales, par les lobes basilaires non sinués-lobés, notre type se distingue des nombreuses variétés de cette espèce décrites jusqu'ici. Les hémisomates sont larges à la base, à angles inférieurs presque droits; les côtés des lobes basilaires sont fortement convexes, puis une concavité arrondie passe aux côtés latéraux presque parallèles ou même un peu concaves du lobe polaire, dont les angles sont droits et non arrondis. Le sommet est à peu près plan ; dans son milieu est une émargination large et très peu profonde. La membrane est lisse, non ponctuée. Dans chaque demi-cellule se trouve un chromatophore contenant un pyrénoide. Dans la vue de profil, le sinus médian est évasé, aigu, l'hémisomate à peu près ovoïde, à sommet largement arrondi, à côtés très faiblement concaves.

Nos échantillons sont très voisins de E, pyramidaium West, qui est moins fortement émarginé, et dont les angles sont moins arrondis. Ds sont très semblables aussi à Cosmarium angustatum (Wittr.) Ndst. fa. oblusata Gutv^., et de mêmes dimensions que cette forme javanaise. Wittrogk avait considéré cette espèce, et il me semble avec quelque raison, comme une variété de E. binale. On Ta mise ensuite dans le genre Cosmarium. Il s'agit sans doute ici de types critiques comme il y en a tant d'autres, et qui établissent un passage entre les deux genres. Mais les émarginations sur les côtés et au sommet, tout aussi fortes que chez bien d'autres Euastrum, doivent nous engager à rattacher les individus qui nous occupent à ce dernier genre. De Wildeman a déjà signalé E. binale à Java.

Dimensions: les cellules mesurent 21ft de long et 15 de largeur maximum ; au sommet lOp; l'isthme 5.

Habitat: 0, 2 Avril 07.

*** Euastrum elegans Naeg. var. brevius N. var.

Pig. 217, 218.

Nos échantillons peuvent être rapportés à cette espèce, fort variable dans ses dimensions et dans ses caractères généraux. De Toni (71, P. 1107] lui attribue 19 — 60f* de long et 13 — 36 de large. La membrane de cette espèce est, il est vrai, ponctuée, mais souvent très subtilement, disent les auteurs, et ce caractère, que je n'ai pu constater, ne saurait s'opposer à la réunion de mes échantillons à E. elegans. J'en ai fait une nouvelle variété à cause des proportions des cellules très peu plus longues que larges, tandis que l'espèce est le plus souvent indiquée presque deux fois plus longue large. D'autres caractères, comme l'absence de ponctuations, la disposition des lobes^ et des

denticules angulaires, etc., compléteront la diagnose de cette variété. Celle-ci est voisine de E. denticulatum (Kirchn.) Gay: de mêmes dimensions et de même forme générale à peu près, mais dépourvue des épines caractéristiques de cette espèce.

Les cellules sont plus longues que larges, les hémisomates sont lobés par 3 émarginations, une apicale et deux latérales, toutes trois relativement faibles. Les lobes basilaires sont à leur tour plus ou moins échancrés, ce qui leur donne une apparence largement crénelée bien typique. Le lobe supérieur, au lieu d'avoir en son sommet un sillon linéaire assez profond, comme chez E. derUiculaium, est à peu près plan, mais échancré dans sa partie médiane par Tincisure peu profonde et aiguë. A chaque angle de ce lobe supérieur, est un épaississement obtus et hyalin de la membrane qui forme comme un denticule bien apparent. La constriction médiane est linéaire et profonde, chaque hémisomale contient 1 chromatophore et 1 pyrénoïde bien plus petit que chez E. dmUicukUum.

Dimensions :' Longueur 2B — ^26f*, largeur 17 — SO, sommet 12 — 14, isthme 4—8.

Habitat: 0, 2 Avril 07.

Euastrum turgidum Wall. var. Grunowii Tum.

Bibl.: De Wildeman 80, P. 147. Gutwinski 14, P. 603 (sous le nom de Micrasterias Mëbii West, var. javanica Gtw.).

Fig. 219.

Cellules très grandes, hémisomates de forme générale trapézoïdale, tronqués-ondulés aux extrémités; lobe terminal séparé du basilaire par un large sillon arrondi. Vu de dessus le lobe polaire est tétralobé. Le lobe basilaire porte, à sa pai'tie supérieure, deux émergences assez fortes, dressées, et qui,^ sur la vue de face, lui donnent l'apparence d'être bilobé par une faible émargination, et sur la vue de profil d'être trilobé: un lobe large inférieur et deux lobes petits supérieurs. Les lobes sont garnis de tubercules plus ou moins nombreux, assez forts sur une partie de la surface et bien visibles surtout sur la marge. Le reste de la membrane, et notamment le sommet et les incisures, sont lisses, ou (d'après De Wildeman entre autres) garnis de vemicosités beaucoup moins marquées. Au milieu de l'hémisomate, plus ou moins près de l'isthme, un renflement est orné de tubercules disposés en hexagones. Quatre chomatophores déchiquetés par hémisomate, et dans chacun d'eux un gros pyrénoïde. Constriction médiane étroite, aigué, quelquefois linéaire sur une petite partie vers l'intérieur.

Tous ces caractères concordent avec ceux de la variété Grunowii de E turgidum, citée déjà à Java par Db Wuj)EifAN. Gutwinski indique» P. 605 Micrasterias Moebii West, var. javanica Gutvir., qui, si j'en juge par les dessins, les descriptions, les dimensions, n'est certainement pas autre chose que notre type. Et c'est là, entre autres, un des exemples des inconvénients que j'ai signalés, résultant de la simultanéité des travaux deWaDEMAN et de Gutwinski : ces deux auteurs attribuant des noms différents à un même type de Java. Je me suis rangé à l'avis de Wildeman, car notre type doit être un Euastrum et non un Micrasterias, le premier étant caractérisé, comme on sait, par sa coupe transversale largement elliptique et ses protubérances hémisphériques au milieu des hémisomates. West a trouvé à Singapore ce Micrasterias Moebii {Euastrum verrucosum Ëhrb., var. Moebii Borge). Les formes de Singapore doivent être aussi considérées comme appartenant à E. turgidum, car le E. verrucosum est fort différent.

Dimensions: Longueur 110 — ISOf*, largeur 90 — 115, sommet 65—98, isthme 55 — 45.

Habitat: C, 20 Oct. — I, 4 Oct. 06.

MICRASTERIAS.

Micrasterias foiiacea Bail.

Bibl.: De Wildemam 89, P. 152, Gutwimski 14, P. 603.

Fig. 220, 221, 222, 225.

C'est une des plus jolies algues qu'il soit possible de rencontrer et elle a été fréquemment citée pour les régions tropicales et en particulier pour Java. On l'aperçoit souvent sous forme de rubans quelquefois assez longs (plusieurs mm.). En examinant ces rubans au microscope, on les voit composés de cellules rectangulaires. Hàtons-nous de dire qu'il n'y a aucun rapport entre ces rubans et la disposition filamenteuse ordinaire des algues. Ici ce sont des cellules isolées, groupées, comme nous le verrons plus loin, par un procédé tout mécanique. Il est très facile en effet de trouver des cellules séparées, de les observer en détail et d'en étudier les très curieuses découpures. Cette espèce ayant souvent été très imparfaitement observée, je ne résiste pas à la tentation d'en donner une description un peu minutieuse.

Le sinus médian, très profond, très étroit, mais non linéaire, partage la cellule en deux hémisomates environ deux fois plus larges que. longs et de forme générale rectangulaire. Deux incisures assez profondes et assez larges séparent un lobe polaire; d'autres incisures profondes et étroites déterminent.

de chaque c6té de rhémisomate, 2 lobes principaux. Les basilaires, horizontaux, sont découpés à leur tour par une incision étroite qui mesure à peu près la moitié des grandes incisions latérales. Il en est de même des lobes latéraux supérieurs, courbés, mais le sillon est moins profond. Aucun de ces sinus n'est aigu, aucun n'est linéaire. Généralement ils sont un peu rétrécis vers l'extérieur. Enfin, chacun des lobes est émarginé. Les lobes latéraux supérieurs sont encore pourvus, sur leur bord externe^ d'une forte dent. Le lobe polaire de Thémisomate doit, lui aussi, retenir notre attention. U est de forme générale carrée, ou un peu plus longue que large, et de chaque côté, à peu près en son milieu, il s'évagine en deux appendices en forme de fer de lance, triangulaires, aigus, à côté interne concave, à côtâs externes émarginés. Un de ces appendices se dirige un peu obliquement en avant, l'autre en arrière. En son sommet, de chaque côté, le lobe s'évagine encore en cornes assez longues, un peu courbées et aiguës. Du côté où l'appendice triangulaire se dirige en arrière, la corne est placée un peu sur le devant du lobe, et vice vei'sa pour l'autre côté. Enfin, deux cornes plus courtes, aiguès et un peu courbées, s'évaginent, en avant et en arrière, environ au milieu du lobe. Cette disposition un peu compliquée est de toute importance, et c'est pour cela que je l'ai exposée avec quelque détail: si nous examinons les cellules réunies en filaments, nous verrons aussitôt que, d'une cellule à l'autre, les appendices dirigés en avant correspondent à des appendices dirigés en arrière et que ces pointes pénètrent ainsi les unes entre les autres comme les dents d'un engrenage fort délicat, et retiennent ainsi fermement les cellules. Ceci n'est-il pas une preuve aussi que les aiguillons et crochets si variés des Desmidiées ont, avant tout, pour utilité de tenir les cellules en suspension en les accrochant à tout ce qui est susceptible de leur fournir un point d'appui? Ajoutons encore que, dans le cas de M. foUacea, il s'agit d'appendices cellulaires proprement dits, et non d'aiguillons plus ou moins compliqués émanant de la membrane; ou peut suivre le contenu cellulaire vert dans tous les lobes, dans tous les appendices. La membrane est ponctuée sur toute sa surface par de très petites pointes disposées en quinconce et qui ne sont visibles que très difiScilement. Cependant le traitement au bleu de méthylène les met très nettement en évidence. Deux chromatophores par hémisomate et plusieurs pyrénoïdes dans chacun d'eux.

On ne peut, d'après la description et les dessins de Ralfs, se faire une idée de cette espèce. Les caractères qu'il indique sont si différents de ceux observés d'ordinaire, qu'il faudrait en faire une autre espèce, s'il n'était pas certain qu'il a commis des erreurs. Par exemple, il dessine un lobe terminal

cunéiforme, tronqué, sans donner de renseignements sur les curieux appendices qui l'ornent toujours. Sans doute, aura-t-il vu des cellules réunies et n*aura-l-il pu discerner le détail de ces formations. Beaucoup d*auleurs s'en sont tenus simplement à ces données de Ralfs. Nordstgdt, qui cite cette espèce pour Java, se contente d*en indiquer les dimensions (56fi de large). De Wildemam, qui n'a pas vu lui-même cette espèce dans le matériel récolté par Massart, reproduit les indications de Nordstbdt et donne, d'après Ralfs, un dessin qui n'a qu'une très lointaine ressemblance avec nos échantillons: sa forme générale est différente, ses dimensions trop considérables et sa membrane lisse. GoTwiNSKi ne décrit ni ne dessine cette espèce qu'il a trouvée aussi dans des récoltes faites par Ragiborski près de Buitenzorg. Nos échantillons diffèrent de ceux dessinés par Turmer, notamment par la disposition des appendices du lobe terminal : cet auteur représente les appendices en fer de lance comme de larges lobes, et 2 cornes au lieu de 4. U y a aussi quelques divergences dans les incisures des lobes latéraux et l'auteur ne dit pas que la membrane soit ponctuée. Des observations identiques pourraient se répéter à propos de la var. omata Ndst. du Brésil. Je n'ai pas voulu pourtant séparer nos échantillons sous un nouveau nom, car je suis sur que l'observation plus attentive des autres types décrits aurait supprimé la plupart de ces dissemblances.

Dimensions: Longueur sans les appendices 86 — 60f*, avec les appendices 75 — 80, largeur 78 — 80, largeur minimum du lobe polaire 13 — 14, largeur maximum du lobe polaire 58 — 41, isthme 18—17.

Habitat: C, 20 Oct. 06.

Mlcrasterias oscitans Ralfs var. pinnatfflda Kuetz.

Bibl.: De Wildemau 89, P. 181.

Fig. 224, 228.

Cellules un peu plus larges que longues, séparées en deux hémisomates par un sinus un peu évasé, et linéaire sur une toute petite partie vers l'intérieur. Hémisomates trilobés, lobes séparés par deux sillons amples, et arrondis à l'intérieur; lobes latéraux horizontaux, à peine relevés; lobe terminal large, triangulaire, à côté apical exactement plan. Les lobes latéraux sont terminés par deux muerons hyalins, égaux, pas très longs et non aigus. Ce sont des épaississements et non des évaginations de la membrane; le contenu cellulaire n'y pénètre pas. Chaque angle du lobe terminal est pourvu de deux semblables épines, mais la supérieure plus courte que l'inférieure. Membrane ponctuée de nombreux et très petits tubercules disposés en quinconce, et

rendus bien visibles par l'emploi de bleu de méthylène. Deux chroraatophores par hémisomates, ayant chacun généralement 4 pyrénoides, un à la base, un au milieu à peu près de chaque lobe.

M. osâtans, qui est du reste à ce point de^vue excessivement variable, est presque deux fois plus grand que sa variété pinnatiflda (souvent d'ailleurs considérée comme espèce). Nos échantillons correspondent assez bien aux indications de De Wildeman pour la variété, sauf que cet auteur donne 83 — lOOfi de largeur: notre forme serait donc un peu plus petite, mais elle s'accorde par contre de tous points avec les données de Turner; Nordstbdt du reste, sous le nom de M. didymacatUha, signalait cette espèce et lui attribuait des dimensions à peine plus grandes que celles que j'ai mesurées.

Dimensions : Longueur 6B/*, largeur 60, au sommet 38 — 40, isthme 10 — 14, largeur maximum des lobes inférieurs 10 — 1%

Habitat: C, 20 Oct. 06.

*** Micrasterias laticeps Ndst. var. Javanica N. var.

Fig. S26, 227.

Ce type, du même groupe que le précédent, s'en distingue tout d'abord par sa grandeur, presque deux fois plus considérable; les trois lobes des hémisomates sont déterminés par des sinus non plus largement arrondis, mais aigus ou subaigus. La constriction médiane est à peu près identique dans les deux cas; les lobes latéraux sont exactement horizontaux, le lobe terminal est horizontal, mais son côté apical est fortement convexe, quelquefois un peu tronqué ou même très faiblement concave dans sa partie médiane. Les extrémités des lobes latéraux sont bifides, aiguës, au lieu d'être munies de deux pointes hyalines. Il s'agit ici d'incisures et non plus d'épaississements des membranes: le contenu cellulaire pénètre dans ces lobes, dont le supérieur est légèrement plus court, d'ordinaire, que l'inférieur. Les angles du lobe terminal se terminent en une pointe aiguë et non pas par deux épines, comme chez M. ascitans. Chromatophores et pyrénoîdes conmie chez cette dernière espèce. Membrane lisse.

Le seul type auquel j'aie pu rapporter ces échantillons est celui dont je trouve le dessin chez Nordstedt (44, PI. II, fig. 14) et, malgré certaines divergences, je crois pouvoir attribuer aux formes javanaises le même nom spécifique : ce sont des dimensions identiques, ou à peu près, la même disposition du lobe terminal et des sillons, etc. La variété javanaise sera caractérisée par rapport au type du Brésil par la membrane non ponctuée (du moins je n'ai pu distinguer, malgré l'emploi de divers réactifs, les granules que j'ai si

distinctement aperçus, chez M. osâtans et que Nordstedt indique chez son M. laticeps), par les diamètres respectifs des différents lobes» et surtout par Textrémité des lobes latéraux qui, chez le type, rappelle bien plus ceux de M. osâtam que ceux de notre variété. Peut-être même serait-il légitime de considérer cette dernière comme une espèce.

Dimensions: Longueur 108 — ISOf», largeur 128—135, isthme 18 — 20, largeur au sommet 100 — 118, largeur maximum des lobes inférieurs 30 — 34, des bras du lobe polaire 25 — 28.

Habitat: I, 12 Oct. 06. — J, 10 Nov. 06.

*** Micrasterias apiculata (Ehrb.) Menegh. var. tjitjeroekensis N. var.

Cellules un peu plus longues que larges, hémisomates semicirculaires ; deux ineisures, atteignant jusqu'à la moitié de Thémisomate, séparent un lobe terminal émarginé, dont les angles latéraux viennent rétrécir l'ouverture du sinus, qui est, d'autre part, assez large. Un sillon étroit, mesurant à peu près le quart du diamètre de l'hémisomate, vient encore inciser chacun des lobes latéraux. La demi-cellule a donc 8 lobes principaux. Les quatre lobes latéraux et aussi les angles du lobe polaire sont de nouveau bilobés à plusieurs reprises, chaque sillon étant environ la moitié moins profond que le sillon d'ordre précédent. Il en résulte que le pourtour de ces cellules est fort gracieux, avec ses nombreuses pointes aiguës séparées par des sinus ep général arrondis. La membrane, au sommet des pointes, peut être un peu épaissie, formant comme un mucron aigu. On peut compter environ 60 pointes sur le pourtour d'un hémisomate. Sur toute sa surface, celle-ci est garnie de nombreuses épines hyalines, raides, aiguës ; au centre, près de l'isthme, une petite protubérance est entourée de 6 — 8 épines régulièrement disposées en cercle. De chaque côté de ce groupe, une autre petite protubérance peut être également environnée d'épines, soit sur tout son pourtour, soit seulement d'un côté; ici et là, à la surface de l'hémisomate, on trouve de semblables groupes, plus ou moins nettement différenciés. Deux chromatophores par demi-cellule, avec chacun un grand nombre de pyrénoides irrégulièrement disposés, mais répai*tis plutôt sur les lames vertes qui longent les sillons principaux; la constriction médiane est profonde, très étroite, mais non linéaire; ses bords sont ondulés.

Ce type appartient certainement à M. apiculata^ mais beaucoup de détails le distinguent de l'espèce. Par d'autres caractères, et notamment par la présence de protubérances entourées d'épines, il se rapproche de la fa. Joshuae

De Toni et Levî, mais il s'en écarte par ses dimensions plus grandes, ses épines plus fines mais beaucoup plus nombreuses, la forme générale des incisures et surtout par la constriction médiane qui, chez le type de Joshua, est évasée.

Dimensions: Longueur 180— 200f*, largeur 150 — 170. Largeur minimum du lobe polaire 40f*, largeur - maximum de ce lobe 60 — 80, isthme 45—60.

Habitat: r, 4 Oct. 06. — C, 2 Oct. 06.

Micrasterias Thomasiana Arch. var. Javanica Gutw.

Bibl. : GuTWiNsw 14, P. 603.

Fig. 232.

Grandes cellules circulaires, dont des incisures très profondes (atteignant les ^/, de rhémisomate) séparent les lobes polaires étroits. Des incisures, dépassant la moitié de l'hémisomate, divisent en deux les lobes latéraux, enfin des sillons mesurant un peu plus du tiers du diamètre de la cellule, déterminent de nouveaux lobes, si bien que finalement l'hémisomate se trouve divisé en 9 parties principales d'à peu près égale largeur. Toutes ces incisures sont étroites, quelquefois sublinéaires sur une partie de leur longueur. Les 8 lobes latéraux sont encore incisés deux fois par des sillons toujours moins profonds, les extrémités de ces lobes de dernier ordre étant enfin émarginées, incisées, par un sinus arrondi et étant terminées par deux pointes presque aiguës. Chacun des 8 lobes latéraux principaux sera ainsi terminé par 8 pointes. Quant au lobe terminal, il est élargi au sommet, et, à chaque angle, muni de deux pointes inégales. En outre, il est émarginé-incisé en son milieu, et de chaque côté de cette incisure peu profonde et subaiguê, il porte deux larges protubérances pyriformes. La constriction médiane est très profonde, sublinéaire; chaque hémisomate porte à sa base, près de la partie interne du sillon médian, deux fortes protubérances obtuses. La membrane est ponctuée de très nombreuses petites pointes disposées assez régulièrement en quinconce ; deux chromatophores et nombreux pyrénoïdes par hémisomate.

Malgré certaines divergences, je crois bien faire en laissant ce type, qui est certainement un M, Thomasiana, sous le nom indiqué par Gutwinski. Cependant, les protubérances basilaires et apicales des hémisomates de nos échantillons sont larges et aigués, celles qu'indique Gutwinski sont étroites et aiguës; malgré tous mes efl'orts, je n'ai pu apercevoir les proéminences que cet auteur indique à côté des incisures polaires, ni les dents éparses dont il orne ses cellules. Ces caractères pourraient peut-être autoriser l'établissement d'une nouvelle variété; j'ai préféré ne pas le faire; je n'ai vu que deux

échantillons, plus petits que ceux de Gutwinski et, dans cette espèce qui me parait assez variable, il pourrait bien s'agir de divergences purement individuelles ou peut-être de stades différents de développement.

Dimensions: Longueur 170f«, largeur 160, largeur minimum du lobe polaire 30, maximum 35, isthme 50.

*** Micrasterias Crux-Meiitemis (Ëhrb.) Ralfs var. bogeriense N. var.

Fig. 333.

Cette espèce et ses voisines forment encore un de ces groupes de Didymioidées dont une révision totale s'impose. On a multiplié énormément, et souvent sans raison, les noms nouveaux et, à la lecture des descriptions, à Texamen des dessins, il est souvent presque impossible de saisir la différence fondamentale entre les différents types. Chez le nôtre, les cellules sont de forme générale orbiculaire; 4 sillons profonds, atteignant ou même dépassant la moitié de Thémisomate, découpent 5 lobes principaux par demi-cellule; mais, et c*est ce qui distingue cette variété de l'espèce, les lobes médians sont encore incisés par un sinus presque aussi profond que les sillons principaux. Les deux lobes ainsi déterminés, ainsi que les lobes basilaires, sont encore divisés en deux lobules, à l'extrémité desquels une large émargination subaiguê forme deux pointes courbées divergentes. Le lobe terminal est large en son sommet, lequel est émarginé par une découpure arrondie en demi cercle. De chaque côté de cette découpure, les angles du lobe sont terminés par deux pointes divergentes. Constriction médiane étroite, un peu évasée vers l'extérieur, linéaire dans son tiers interne. Dans chaque demi-cellule, deux chromatophores ti*ès développés poussent leurs ramifications jusque dans les lobules extrêmes des hémisomates. Chacun d'eux contient plusieurs (généralement 7) gros pyrénoides disposés de façon assez régulière.

Le fait que les lobes médians sont bilobés et ainsi différents des lobes basilaires, ne m'a pas paru suffisant pour autoriser la séparation de mon type en une nouvelle espèce, et cependant ce caractère est du même ordre que celui sur lequel on se base pour séparer M. Wallichii Grun. (trilobé latéralement), de M. Mahabuleshwarensis Hobs. (bilobé). Notre type serait trois fois bilobé latéralement, le M. Crux-melUensis typique et ses variétés étant toujours représentés deux fois bilobés. D'autres points de moindre importance viennent encore autoriser la création d'une nouvelle variété qui serait donc un passage à M. Lux Josh., lequel est 4 fois bilobé latéralement.

Dimensions: longueur 125 — 130^», largeur 110 — 120, largeur minimum du lobe polaire 22, maximum 4 S, isthme 20. Habitat: D, 2 Oct. 06.

Micrasterias Mahabuleshwarensis Hobs.

Bibl.: De Wuj)bmai« 89, P. 151, Gutwinski 14, P. 603.

Fig. 234, 235, 236, 237.

Cette Desm'idiée, qui est une des plus curieuses et des plus élégantes, est assez fréquente dans les régions tropicales. Joshua, Tubner Tout citée aux Indes Anglaises, Ragiborski en Amérique du Sud, West à Madagascar et à Ceylan, Nordstedt en Nouvelle-Zélande, etc. Pour Java, ce dernier auteur l'avait déjà signalée en 1880; Moebius, Db WIldeman, GimviNsiu l'ont retrouvée depuis et c'est bien à la forme typique que nous avons affaire ici.

Grandes cellules un peu plus longues que larges; deux larges sillons arrondis partagent Thémisomate en 3 lobes assez étroits. Les deux lobes basilaires, un peu obliques, sont partagés, jusqu'à la moitié de leur longueur, par une profonde et large incisure subaiguê, déterminant deux bras un peu divergents. Le lobe polaire droit, à parois presque parallèles dans sa partie inférieure, forme au sommet deux grands bras latéraux, un peu relevés obliquement, et deux bras plus courts légèrement dressés, l'un en avant un peu à gauche, l'autre en arrière un peu à droite. Ces formations sont analogues, en moins compliqué, à celles qui ornent l'extrémité du lobe polaire de M. foUacea, et ont aussi pour but de retenir l'une à l'autre, par cette sorte d'engrenage, les cellules, que l'on trouve souvent disposées, en effet, en filaments plus ou moins longs. La constriction médianef est large, 'subaiguê ; tous les lobes, dans leur partie terminale, c'est-à-dire jusqu'à la base de leurs bras, sont garnis sur leur marge de nombreuses fortes dents hyalines, très aiguës et recourbées vers l'extrémité du bras; celui-ci se termine généralement par 3 de ces dents. En outre, sur la face des hémisomates, à une courte distance des marges, se trouvent des lignes de dents très régulièrement disposées. Deux chromatophores par hémisomate, munis chacun de plusieurs (6 — 7) pyrénoîdes assez petits. Vu de dessus, le lobe polaire montre bien la disposition de ses lobes, les deux grands bras latéraux placés parallèlement au grand axe de la cellule^ les deux bras plus petits placés obliquement sur cet axe. La vue de profil montre distinctement que ces bras du lobe polaire sont assez fortement dressés. Sur la vue de profil, on peut aussi se rendre compte que le milieu de l'hémisomate est muni vers l'isthme d'une petite protubérance. J'ai eu l'occasion de voir

uue cellule peu après sa division: rhémisomate adulte, comme nous venons de le décrire, rhémisomate jeune, trilobé, chacun des lobes largement émarginé, et les membranes minces dépourvues d'ornements.

Dimensions: Longueur 100 — ISOi^i, largeur 90 — 135, largeur minimum du lobe polaire 20 — 25, sommet 75 — 100, largem» des bras latéraux 10 — 12, isthme 15—25. *

Habitat: C, 20 Oct 06.

Micrasterias inflata N. sp.

Fig. 238.

J'aurais pu faire de ce type une variété de M. Mahabukshwarensis Hobs., mais elle m'a paru si différente par sa forme générale, les ornements de sa membrane et son contenu cellulaire, que j'ai cru pouvoir la considérer comme espèce distincte. Les caractères différentiels, comme nous allons le voir, sont très constants et en outre bien plus importants que ceux qui ont servi dans beaucoup d'autres cas à séparer des espèces. La forme des bras latéraux rappelle un peu M, Mahabuleshwarensis Hobs. var. letracera West, de Madagascar: mais tous les autres détails les séparent

La disposition générale des lobes est à peu près la même que chez l'espèce précédente, mais ils sont plus larges, et les bras latéraux, au lieu d'être longs et minces, sont plus courts et trapus, renflés en massue à leur base, très étroits à leur extrémité. Le lobe terminal est encore plus différent : les bras latéraux sont non plus dressés, mais horizontaux et même un peu abaissés. Un sillon étroit, mais peu profond, les sépare au milieu du lobe. Les bras antéro-postérieurs sont, eux aussi, à peine dressés. Les sinus qui séparent le lobe terminal des lobes latéraux sont non plus laidement arrondis, mais beaucoup plus étroits et presque aigus. Il en est de même des incisures qui séparent les bras latéraux, de même aussi de la constriction médiane moins profonde et très aiguë, même ordinairement un peu linéaire vers l'intérieur. L'isthme est notablement plus large que chez M. Mahabuleshwarensis. Les dents ne se trouvent que sur les marges des lobes, mais jusqu'au fond des sinus et non plus seulement sur les bras. Elles sont plus petites et environ deux fois moins nombreuses que chez l'espèce précédente, n en existe quelques unes sur la face des hémisomates, mais éparses et non plus disposés en séries linéaires. Les bras sont terminés par 3 petites dents. Dans chaque demi-cellule, deux chromatophores avec plusieurs pyrénoides (4 — 5) très gros et assez régulièrement disposés.

lis

Dimensions: Longueur 110 — 120f«, largeur 110 — 140, largeur minimum des lobes polaires 43 — 25, sommet 75, largeur des bras latéraux 18, isthme 40—40.

Habitat: I, 4 Oct. 06.

STAURASTRUM.

*** Staurastrum formosum N. sp.

Fig. 459, 440.

Cellules aussi longues que larges, à sillon aigu mais non linéaire, à hémisomates subelliptiques, largement aiTondis du côté du sinus, presque plans du côté externe. Membranes lisses, mais fortement épaissies aux extrémités latérales des hémisomates, et prolongées en ce point par 3 forts aiguillons aigus, recourbés et très divergents. Vue de dessus, la cellule apparaît triangulaire, à côtés concaves, à sommets arrondis ; Tépaississement de la membrane est bien distinct, et les 5 aiguillons sont disposés de façon très caractéristique. Le chromatophore, vu de dessus, se présente avec un corps central contenant un gros pyrénoide, et prolongé par 6 lames vertes, se dirigeant 4 par 4 vers les sommets du triangle.

Cette espèce est certainement très proche parenjLe de S. trifidum Ndst., mais elle s'en distingue par la forme générale des hémisomates, par le sinus (ample chez S. trifidum). En outre, les aiguillons, sur la vue de face, ne sont pas, chez 5. formosum^ dirigés à peu près horizontalement dans le prolongement de Taxe de Thémisomate, conmie c'est le cas chez S. trifidum; ils sont au contraire placés presque sur la face dorsale de Thémisomate; sur la vue de dessus, la membrane mince ne passe pas insensiblement à la partie épaissie, mais elle s'arrondit d'abord, et la partie épaissie est nettement séparée de la partie mince, puis elle est à son tour brusquement prolongée par les aiguillons très divergents. Par la disposition des aiguillons que je viens d'exposer et par la forme générale des cellules, notre type se rapprocherait davantage de S. ensiferum Tum. (73, P. 109), mais ce type, qui du reste est notablement plus grand que nos échantillons, n'a que deux aiguillons à chaque angle de l'hémisomate, et son sinus est ample et non aigu. Il est bien probable que le S. }\ildemani de GoTwmsiu (14, PI. XI, fig. 61), n'est pas autre chose qu'une forme longispinée du type de Turner.

Dimensions; Longueur des cellules 35p, largeur sans les aiguillons 3Sfi, isthme 14, aiguillons 8 — 10.

Habitat: D, 4 Oct. 06.

14S ** Staarattrum dejectum Bréb. var. patens Ndst

Pig. 241.

Cellules aussi longues que larges, à sinus aigu, très vite évasé vers Textérieur. Hémisomates très arrondis sur le côté du sinus, et un peu convexes du côté dorsal ; à chaque angle des hémisomates, un aiguillon hyalin, court et aigu, se redresse presque verticalement. Vue de dessus, la cellule apparaît trigone, à côtés un peu concaves, à angles arrondis, prolongés par l'aiguillon court. Un pyrénoide par hémisomate. Membrane lisse.

Tous ces détails coïncident avec la description et les dimensions que NoRDSTEDT iudiquc pour cette variété, et avec le dessin qu'il en donne. Je ne veux pas discuter plus longuement la bibliographie des types tricuspidés de Staurastrum; elle est fort embrouillée et les auteurs semblent ne pas se reconnaître exactement au milieu de la foule des espèces voisines, et de leurs nombreuses variétés, de sorte qu'ils ne s'entendent guère sur les formes qu'il faut ranger sous l'un on l'autre nom Aussi une telle discusion serait-elle fastidieuse et sans utilité, à moins de revoir par le menu tous les échantillons d'écrits et de reprendre comparativement les opinions de tous les auteurs, ce qui ne m'était pas possible à faire ici. Je me suis donc contenté de déterminer les quelques formes javanaises appartenant à ce groupe, de la façon qui me paraissait la plus logique.

Dimensions: longueur et largeur non compris les aiguillons 20 — SSf^, aiguillons 2 — 5, isthme 7 — 8.

Habitat: 0, 2 Avril 07.

Staurastrum dejectum Bréb. var. latius N. var.

Fig. S42.

n ne m'a pas paru nécessaire de faire de cette forme une nouvelle espèce ; dans ses grandes lignes elle concorde à S, dejectum, et par ses détails, elle ne s'écarte guère plus du type que les nombreuses variétés déjà admises de cette espèce. Cellules plus larges que longues, à sinus aigu vers l'intérieur, mais immédiatement évasé vers les angles des hémisomates. Ceux-ci sont subelliptiques-cunéiformes; du côté du sinus, ils sont assez fortement convexes ; du côté dorsal, ils sont plans ou très légèrement convexes ou très faiblement concaves. Chacun de leurs angles, subaigus sur la vue de face, peu arrondis sur la vue de dessus, sont prolongés par un aiguillon court, hyalin, aigu et un peu redressé, pouvant parfois se trouver dans le prolongement du côté latéral de l'hémisomate. Membrane lisse.

La présence simultanée des caractères suivants: largeur plus forte que la longueur, sinus aigu, aiguillons divergents, ne me permettait pas de réunir ce type à une des variétés déjà connues.

Dimensions: longueur SOf», largeur (y compris les aiguillons) 30 — 34, aiguillons 3 — 4, isthme 8.

Habitat: C, 20 Oct. 06.

** Staurastrum connatum (Lund.) Roy et Biss. var. Spencerianum

(Mask.) Nordst.

Fig. S43, S44.

Cellules à isthme subaigu, à peine plus longues que larges, hémisomates subtriangulaires à cAtés latéraux un peu convexes, à cAtés dorsaux à peu près plans ou très peu convexes. Chaque angle des demi-cellules est prolongé par un fort aiguillon hyalin assez long, subaigu, très légèrement relevé. Dans chaque hémisomate, un chromatophore à 6 lames rayonnantes contient un assez gros pyrénoide. Membrane lisse.

Sauf les dimensions un peu différentes, mes échantillons concordent très exactement avec les indications de Nordstedt. Cet auteur donne, pour les formes de la Nouvelle-Zélande, les dimensions suivantes: 24 — S6ft sur 34 — 40. Mes individus au contraire seraient aussi longs ou un peu plus longs que larges. J'ai rencontré un stade de division où les deux cellules-filles n*étaient pas encore séparées, et où les hémisomates jeunes, avec leurs aiguillons plus fins et plus aigus, étaient notablement plus petits que les hémisomates adultes.

Dimensions: Cellules de 30 — 40ft, de long sur 50 — 33 de large, aiguillons 6 — 9, isthme 9 — 10; dans l'individu en voie de division, les hémisomates adultes mesuraient 17 — I8pt de long sur 32 — 34, les aiguillons 5 — 8, les hémisomates jeunes 13 sur 25 — 26, aiguillons 6 — 9, isthme 9 — 11. La longueur et la largeur sont toujours comptées non compris les aiguillons.

Habitat: 0, 2 Avril 07.

** Staurastrum cuapidatum Bréb. var. divergent Ndst.

Fig. 245, 246.

La constriction médiane est fort caractéristique pour cette espèce: •isthmo •cyUndric(helongato*\ dit Db Toni, 71, P. tl41. Et ce détail surtout m'a conduit à mettre mes échantillons sous cette dénomination spécifique. Sur d'autres points, il est vrai, il y a divergence, mais le dessin donné par Nobd-

8TEDT (44, PL IV9 fig. 49), concorde si exactement avec nos formes, non seulement par la disposition des hémisomates, de l'isthme, des aiguillons, etc., mais aussi par les dimensions, que je n'ai pas hésité à homologuer les formes javanaises et les formes brésiliennes. Turnbr indique (73, PI, XIX, fig 14) un St. dejectum Bréb. var. apiculatum Lund., dont l'isthme allongé et les dimensions me donnent à penser qu'il s'agit, dans ce cas aussi, du type de

NORDSTIDT.

Elégantes cellules à peine plus longues que larges, hémisomates réunis par un isthme allongé, incolore, exactement cylindrique. Les hémisomates sont subtriangulaires, leurs côtés internes convexes, formant un angle obtus (souvent presque droit) avec les parois de l'isthme. Leur face dorsale est un peu convexe ou presque plane. Leurs angles sont prolongés par un aiguillon hyalin, aigu, redressé, et généralement légèrement courbé. Vue de dessus, la cellule est triangulaire, a angles peu arrondis, à côtés légèrement émarginés. Dans chaque demi-cellule, le chromatophore est composé d'un corps central contenant un pyrénoide, et possédant 6 lames rayonnantes dirigées 2 par 2 vers les angles de Thémisomate.

Dimensions: longueur 20 — 22f<, largeur 17 — 19, aiguillons 5—5, isthme long de 6/*, large de 4 — 4Vi.

Habitat: 0, S Avril 07.

** Staurastrum orbiculare (Ehrb.) Ralfs. var. depreasum R. et B.

Fig. 247, 248.

Cellules aussi longues que larges, à sinus profond, linéaire vers l'intérieur, évasé vers l'extérieur. Hémisomates elliptiques, un peu plus fortement convexes sur le côté dorsal, qui est même très légèrement gibbeux, que du côté du sinus. Membrane lisse. La cellule, vue de dessus, apparaît triangulaire, à angles largement arrondis, à côtés un peu concaves. Un pyrénoide.

Cette forme est très voisine de 5. muticum Bréb., mais elle concorde presque exactement à la variété de Roy et Bisset (52, P. 23*?, PI. 269, fig. 14). Cependant, chez le type japonais, la longueur est plus considérable que la largeur (22fi sur 20) et c'est le contraire chez nos échantillons. Cela n'a du reste pas grande importance et ne saurait autoriser l'établissement d'un nouveau nom.

Dimensions: longueur des cellules 21/*, largeur 23, isthme K.

Habitat: I, 4 Oct. 06.

*** Staarattrum Joehaae N. sp.

Fig. 249, âBO.

Les cellules sont plus larges que longues, séparées par un sillon assez ample et non aigu, en deux hémisomates subelliptiques, un peu concaves sur une petite partie de leur face dorsale, puis arrondis latéralement. La courbure de rhémisomate vers le sinus est plus brusque que celle, largement arrondie, vers la face dorsale. La partie concave du sommet est lisse, comme le fond du sinus; le reste de la marge est garni de nombreuses très petites crénulations. Vue de dessus, la cellule est triangulaire, largement arrondie aux angles qui sont crénulés, un peu concave sur les côtés qui sont lisses. Dans chaque demi-cellole, il y a un chromatophore. Celui-ci comprend un corps central qui émet 4 branches vertes vers chacun des angles de Thémisomate. Un pyrénoide par demi-cellule.

Dimensions: longueur SSft, largeur 28, isthme 9.

Habitat: D, 2 Oct. 06.

*** Staurastrum tjiomense N. sp.

Fig. 251, 252.

Cette espèce est certainement voisine de S. mbscabrum Ndst., mais elle s'en écarte plus ou moins par de nombreux détails: par le sinus, la forme générale, le détail des verrucosités, les proportions, etc. Chez notre type, les cellules sont plus longues que larges, séparées par un sillon linéaire assez profond; deux hémisomates trapézoïdaux ont des côtés latéraux convexes et largement arrondis vers le sinus et un côté dorsal plan. La membrane est assez épaisse et, sur toute sa surface, elle est ornée de larges crénulations subtriangulaires, peu proéminentes, tronquées ou très vaguement émarginées, et qui sont au nombre de 3 sur la marge apicale, de 4 — 5 sur la marge latérale. Vue de dessus, la cellule est triangulaire, à angles arrondis, à côtés légèrement convexes. Le pourtour est orné d'une vingtaine de crénulations identiques à celles décrites ci-dessus. Un chromatophore par hémisomate, avec un gros pyrénoide.

Dimensions: longueur 37fi, largeur 27, isthme T^^.

Habitat: J, 1 Nov. 06.

Staurastrum basidentatam Borge var. simplex Borge fa. trigona De Wild.

Bibl.: De Waj>BMAN 89, P. 153.

Fig. 253, 254, 255, 256.

Petites cellules aussi longues que larges, ou un peu plus larges, séparée^

par un sillon largement évasé, mais aigu vers ^intérieur. Du cAté du sinus, les hémisomates sont un peu convexes; du côté dorsal ils sont presque plans, très légèrement concaves; les angles sont tronqués. La membrane est garnie de très petites crénulations, ou plutôt, comme cela apparait nettement à un plus fort grossissement, de denticules sub-aigus, plus accentués vers les extrémités latérales de l'hémisomate que vers son centre, et disposés en lignes annulaires autour du bras de l'hémisomate. Vue de dessus, la cellule apparait triangulaire, à angles obtus, à côtés concaves dans leur partie médiane, un peu convexes vers leurs extrémités. Uhromatophore bien visiblement disposé, comme c*est le cas ordinaire chez les StauraHrum, en 6 lames rayonnant S par S autour d'un corps central contenant un pyrénoide. Les denticules sont très nets tout le long de la marge des hémisomates vus de dessus.

Par ces caractères, nos échantillons concordent très bien à la forme de Db WaDBMAif. Cet auteur dit, il est vrai, que le sinus est ample; je pense qu'il entend par là très évasé, et le fait que, dans mes individus, le sinus est aigu vers l'intérieur, ne s'oppose pas à une homologie. Db WnDBMAii dit encore (85, P. 99): le fait d'être trigone n'est pas de très grande importance, puisque plusieurs espèces peuvent posséder des cellules tri- tétra- et même pentagones, n ajoute que sa forme, mesurant 18 — 19ft de largeur, et étant plus petite dans toutes ses parties que le type et la variété de Borgb, est donc en même temps une forme mtnor. Je pense que cette petitesse n'est pas un caractère distinctif de la forme trigone, puisque, dans certaines stations, j'ai observé des individus aussi petits et même plus petits que ceux de Wildbman, tandis que, dans d'autres stations, la longueur des cellules était aussi grande que celle de la variété timplex de Borge. Notre type est voisin aussi de divers autres Staurastrum comme S. dikUatum Ëhrb., S. striolalum Arch., etc.; cependant, il m'a semblé préférable de le ranger sous le nom indiqué par Dt

Wn^OBUAN.

Dimensions: Petites formes 15f< de long, 18 — ^0 de large, isthme B. Grandes formes 19— J4fft de long, 19 — 22 de large. Isthme 7—9. Habitat: L, 24 Mars 07. — N, 26 Mars 07. — B, 27 Sept 0&

** Staurastrum qiiadricornutum Roy et Bisset.

Pig. 287, 2B8.

Cellules plus longues que larges (si l'on ne tient pas compte des appendices), profondément étranglées par mi sinus aigu. Hémisomates subquadrangulaires. convexes du côté du sinus, plans (quelquefois un peu concaves) au

sommet, concaves latéralement. Les angles des demi-celIuIes sont prolongés par 4 appendices hyalins, divergents, bifides à Textrëmité, et superposés: S supérieurs, un peu relevés, 2 inférieurs, subhorizontaux. Vue de dessus, la cellule est triangulaire, à angles arrondis-subtronqués, prolongés par les 4 appendices; les côtés de l'hémisomate vu de dessus sont largement concaves. Le chromatophore est formé d'un corps central contenant un gros pyrénoîde et envoyant vers chacun des angles de la demi-cellule 4 bras verts, disposés comme les appendices, de sorte que, par leur superposition, on n'en aperçoit que deux, aussi bien sur la vue de face que sur la vue de dessus. Ces bras sont incurvés, divergents à partir de leur point d'attache, puis rapprochés vers leurs extrémités.

Cette jolie espèce est toute semblable à celle que Rot et Bisset oUt trouvée au Japon (52, P. 240, PI. 269, fig. 4). Ces auteurs donnent pour dimensions 2KfA sur 30 (incl. les appendices). Notre type serait donc un peu différent par ses proportions, mais cela n'a pas grande importance: Turubr, West, etc., qui citent cette espèce, donnent eux aussi des proportions assez variables et je crois pouvoir sans hésitation attribuer mes échantillons à cette espèce.

Dimensions: sans les appendices Stf^ de long, 17 — 19 de large; avec les appendices 26/» et 2B. Isthme 6.

Habitat: L, 24 Mars 07. — N, 26 Mars 07.

*** Staurastrum diengianum N. sp.

Fig. 2S9, 260, 261,

Très voisine de la précédente, cette forme s'en sépare cependant par des caractères assez importants pour permettre de diagnostiquer une nouvelle espèce. Je n'ai pu en effet l'homologuer à aucun des types déjà connus. Il est très possible cependant qu'elle appartienne à ce groupe de Staurastrum à bras latéraux, dont on a signalé tant d'espèces et de variétés, trop souvent imparfaitement décrites et rai'ement accompagnées de croquis suffisants. Soit la disposition des appendices, soit les dimensions, soit la forme générale ou tout autre détail distinguait trop cette forme de toutes celles que j'ai rencontrées dans la littérature, pour que j'aie pu la rattacher à l'une d'elles. Aussi, pour bien préciser ce que j'entendais, j'ai préféré lui donner une désignation spéciale, toute provisoire, et, cela va sans dire, recommandée à l'attention des spécialistes qui voudront la conserver ou qui jugeront préférable de la supprimer. Comme il est souvent fort difficile de distinguer exactement la dis^

position des 4 appendices latéraux qui ornent les angles des hémisomates, il sera bon aussi de revoir si, parmi les types qu'on a décrits comme possédant à chaque angle des hémisomates 3 appendices, U n'en est pas qui posséderaient 4 appendices disposés en diagonales et paraissant au nombre de 3 par suite de la superposition de deux d'entre eux.

Les cellules sont plus longues que larges, (si l'on ne tient pas compte des appendices^, le sillon est aigu et les hémisomates assez régulièrement elliptiques: arrondis latéralement et presque aussi convexes sur la face dorsale que sur le côté du sinus. Les appendices, bifides et hyalins, sont plus gros et plus fortement divergents que dans le cas précédent et disposés de tout autre façon: l'un d'eux se dresse obliquement sur la face dorsale; au dessous de lui, près du sillon, un autre appendice est presque horizontal; latéralement, deux autres sont légèrement inclinés vers le haut; comme ils sont exactement Tim derrière l'autre, ils se confondent fréquemment. La vue de dessus caractérise surtout cette espèce; les appendices étant très divergents, séparés par de larges sinus arrondis, il en résulte que la cellule, au lieu d*étre triangulaire, comme chez S. quadricomutum R. et B., a 9 angles prolongés par 9 appendices presque régulièrement équidistants, sauf qu'entre chaque groupe de 3 appendices, le sinus est très faiblement plus large. Dans chacun de ces groupes, les appendices latéraux sont bifides, l'appendice médian n'a en apparence qu'une pointe ; en réalité, il en possède deux comme les autres, mais l'inférieure est cachée; de même le 4°^ appendice, situé exactement sous l'appendice médian, ne peut être aperçu. Le chromatophore est disposé comme chez S. quadricomutum: du corps central part vers chaque appendice une branche verte, soit en tout 12 bras. Trois de ces branches apparaissent seulement, pour chaque angle de l'hémisomate, les deux médianes étant superposées. J'ai eu l'occasion d'examiner des stades de division où les hémisomates jeunes ne possédaient pas encore trace *d'appendices ou seulement des appendices encore rudimentaires.

Dimensions: sans les appendices, longueur 2B — SGy, largeur 20; avec les appendices 29 — 30ft de long sur 27 — 30. Isthme 10.

Habitat: 0, 2 Avril 07.

*** Staurastrum Elyanum N. sp.

Fig. 262, 263.

Cette espèce est voisine des 5. furcatum Bréb., S. nonanum Tum., etc., et surtout de 5. senarium Ralfs, à cause de la présence d'appendices dorsaux.

Mais elle diffère de toutes ees espèces, de leurs nombreux proches parents et de leurs variétés, plus nombreuses encore, par toute une série de caractères qui en font à coup sur un type nouveau. S. furcatum n'a pas d'appendices

dorsaux, 5. ienarium a des bras bifides autrement disposés que chez notre type, et sa constriction médiane est fort différente. Les 5. gemelliparum Ndst., 5. leptacanthum Ndst., S. tohopekaHgense WoUe, etc. s'éloignent de notre S. Elyanum soit par Tun de ees caract^es, soit par les dimensions.

Les cellules, abstraction faite des appendices, sont plus longues que larges, séparées par un sillon profond, linéaire à l'intérieur, évasé vers l'extérieur en deux hémisomates irrégulièrement elliptiques. Ces hémisomates sont hérissés de bras terminés par 3 longues pointes hyalines. Au. premier coup d'oeil, la disposition de ces appendices est difiBcile à tirer au clair, et il semble d'abord que la cellule soit hérissée, sans ordre, de pointes entremêlées. Mais un examen attentif et surtout Tétude de la cellule vue de dessus permet de se rendre compte de cette disposition. L'hémisomate est de forme triangulaire, peu arrondi aux angles, très faiblement convexe sur les c6tés. Chaque angle est prolongé par un bras assez étroit, terminé par 3 pointes hyalines. Sur le côté de l'hémisomate, à une distance de l'angle égale presque au tiers du cAté, sont des bras à peu près identiques aux précédents. 11 y a donc, pour chaque angle, 3 bras, un terminal et deux latéraux. En outre, sur le dos de l'hémisomate, s'élèvent encore 4 bras analogues (dans un cas j'en ai vu K). Tous ees bras sont des évaginations de la membrane, le contenu cellulaire y pénètre, d'où l'apparence irrégulièrement lobée de l'hémisomate. Au contraire, les longs aiguillons hyalins et aigus sont des formations de la membrane, laquelle est épaissie à l'extrémité des bras, tandis qu'elle est mince sur le reste de la cellule. Les aiguillons, je l'ai déjà dit, sont au nombre de 3; quelquefois 2 seulement sont visibles: ou bien le 3°^® est caché, ou bien il est resté rudimentaire, et on finit par l'apercevoir avec un peu d'attention. Ayant constaté cette disposition sur la vue de dessus, il sera facile de la vérifier sur la vue de foce, et d'apercevoir les 3 bras angulaires, le médian horizontal, les deux latéraux situés un peu plus vers la face dorsale, et légèrement obliques, enfin les 4 bras dorsaux, divergents et dressés. A part cela, la membrane est lisse. Les chromatophores (1 par demi-cellule) sont, comme d'ordinaire, formés d'un corps central avec un pyrénoîde et de 6 lames vertes rayonnant 2 par 2 vers chaque angle.

Dimensions: longueur non compris les bras 34/s«, largeur 27. Longueur y compris les bras, mais non compris les aiguillons 42fA, largeur 36. Aiguillons 7 — 10a, isthme 6.

Habitat: I, 4 Oct 06.

*** Staurastram javanicum (Ndst.) Tum. var. imudmom N. ynt.

Bibl.: De WapEiuN 89, P. 154 (sous le nom de S. probosddeum (Bréb.) Arch. var. javanicum Ndst.), cite pour Java la forme type de cette espèce.

Fig. 264, 26B, 266, 267.

Je crois bien faire en appliquant ici l'idée que Turnbr a suggérée (73, P. 129) à propos de son S. festivum: >I think, dit-il, that the Javanese form of •NoRDSTEDT and this one migbt possibly be nnited as S, javanicum*\ Car on a distingué souvent comme espèces différentes des types bien moins distincts que ne le sont 5. probosddeum type et S. proboscideum var. javanicum^ qui a été signalé à Java par Norbstedt et après lui par Db Wn^DEHAiv : Proportions, longueurs des bras, cHrnements des membranes, sillons, tout les sépare. Si encore on trouvait entre eux des formes de passage; mais non, j'ai rencontré les deux types, trop distincts pour qu'il soit possible de les réunir sous un même nom. GtrrwufSKi (14, P. 604) a décrit pour Java un S. javanicum dont le nom ne saurait subsister, si l'on admet avec Turner la nécessité d'élever au rang d'espèce la variété javanaise de S. proboscideum. Je propose donc d'attribuer au S. javanicum Gutwr., le nom de Staurastrum Gutwinskii.

Cellules assez grandes, qu'un sillon peu profond partage en deux hémisomates trapézoïdaux, dont le côté large (dorsal) est un peu convexe et se prolonge en longs bras, un peu convergents, d'un hémisomate à l'autre. Près du sinus, la membrane est un peu convexe et émarginée peu profondément en un ou deux endroits. Toute la marge de la cellule est ornée de verrucosi(és aigués, un peu courbées vers l'extrémité des bras, et qui sont de légères ondulations de la membrane, accentuées par des épaississements. L'extrémité des bras est généralement tridenticulée. Les verrucosités sont de plus en plus fortes à mesure que l'on va de l'extrémité des bras vers le centre de l'hémisomate. Là, ce sont souvent de fortes ondulations, et l'épaississement hyalin peut être comme bidenté; à peu près au tiers de l'hémisomate, une de ces verrucosités bidentées est plus proéminente que les autres et se dresse presque verticalement, formant des appendices qui ne sont cependant pas aussi différents des autres verrucosités, ni aussi régulièrement disposés que Nordstedt l'indique dans son dessin. En outre, il y a encore, entre les deux marges du bras, une ligne de denticulations et aussi, sur la face de la cellule, quelques denticulations éparses Dans la vue de dessus, les hémisomates softt bien typiques: triangulaires, à longs bras denticulés sur la marge, tridentés à leur sommet obtus : les côtés sont concaves, mais, dans leur partie médiane, ils sont presque plans. Cette partie médiane n'est ornée que de très petites verrucosités peu nettes, comme de petites crénelures. Rien à dire de spécial du chromatophore, avec

son corps central et ses 6 branches pénétrant 3 par 3 très avant dans les bras de rhémisomate. Tous ces caractères concordent effectivement avec la forme de Nordstedt^ mais les dimensions, beaucoup plus considérables, les verrucosités, beaucoup plus fortes, distinguent notre type et j'en ai fait une variété maximum. J'ai rencontré aussi une forme en voie de division, avec hémisomates jeunes encore, dépourvus de bras et de vemicosités. Les dimensions des demi-cellules adultes tenaient le milieu à peu près entre notr« variété et le type de Nordstebt. Les verrucosités de la marge étaient très développées. Peut-être cette petite forme mériterait-elle d'être rangée sous un autre nom; je n'ai pas voulu le faire, n'iiyant pu l'étudier à fond.

Dimensions: longueur 43 — 46fi, largeur 65 — 75, isthme 11 — 16. La petite forme mesurait 37fi sur 47, isthme 10.

Habitat: C, 20 Oct. 06. — I, 4 et 15 Oct. 06. — D, 2 Oct. 06.

Staurastrum proboscideum (Bréb.) Ârch.

Fig. 268, 269.

De Wuj)eman dit de cette espèce qu'elle n'a pas encore été signalée à Java. Les échantillons que j'en ai rencontrés, de dimensions un peu plus faibles que celles indiquées d'ordinaire, coïncident cependant très exactement, par l'ensemble de leurs caractères, avec cette espèce, et j'ai cru pouvoir les ranger sous ce nom. Le sillon est assez profond, aigu; Thémisomate trapézoïdal (la petite base du trapèze étant du côté de l'isthme) a son côté dorsal largement et faiblement convexe jusqu'à l'extrémité des bras qui sont courts. A partir du sinus, la membrane est d'abord un peu convexe, puis concave à la base du bras. Toute la marge de la membrane est garnie de verrucosités qui sont des ondulations épaissies et émarginées de la membrane, et dont les dimensions diminuent du centre vers Textrémité des bras. Ceux-ci, obtus, sont tridenticulés. Dans la vue de dessus de l'hémisomate, on voit les verrucosités formant des ondulations à une petite distance en dedans de la marge lisse. Les côtés de l'hémisomate triangulaire sont concaves. La partie centrale du triangle est lisse.

Rappelons encore que Turner a multiplié énormément, sur des divergences très minimes, le nombre des espèces voisines de 5. proboscideum, de S. gracile Ralfs, &c. Je n'ai pas tenu compte de cette foule de noms, dont beaucoup disparaîtront certainement dans la suite.

Dimensions: longueur 37/*, largeur 66, isthme 12.

Habitat: I, 16 Oct 06.

** Staarastrum gracile Ralfs var. cyathiforme West.

Fig. 270, 271, 272.

Nos échantillons rappellent par plusieurs points S. Sebaldi Reinsch., S. Racibarskii Gutw., etc. Mais ils m*ont paru le plus identiques, par les dimensions, la forme générale, les verrucosités, etc., à S. gracile Ralfs, tel que je le trouve chez Wbst sous le nom de var. cyathiforme (77, P. 77, PL IX, fig. 2). Quant au S. Racibarskii que GoTvnivsKi a décrit pour Java, Une s'écarte du type de West que par des détails sans importance et qui me font supposer que des recherches ultérieures pousseront les algologues à réunir les deux formes. Je ne puis élucider ce point pour le moment.

Les cellules ont un sillon peu profond; au-dessus de l'isthme, l'hémisomate est renflé en une région assez étroite, à membrane lisse, puis brusquement il se dirige latéralement vers les extrémités des bras, lesquelles sont tronquées et 2 — 4 — denticulées. Le côté dorsal de l'hémisomate est très légèrement convexe; la marge dorsale est garnie de fortes ondulations épaissies, émarginées dans la partie médiane de l'hémisomate, subaiguês et moins larges le long du bras. La marge inférieure du bras est denticulée de petites pointes disposées en séries annulaires autour du bras. L'hémisomate, vu de dessus, est triangulaire, à côtés foi'tement concaves et à longs br^s; la marge est lisse, mais, un peu à l'intérieur, elle est munie de verrucosités plus ou moins anguleuses qui se réunissent d'un côté à l'autre à la base des bras et vont jusqu'à l'extrémité de ceux-ci en une série axile. La partie centrale de la face dorsale est lisse; cette disposition est tout analogue à celle que nous avons vue chez S. proboscideum. Le corps central de l'hémisomate envoie 2 par 2 ses 6 bandes vertes très avant dans les bi*as. Vu de dessous, l'hémisomate montre en son centre un cercle qui n'est autre chose que le renflement basilaire, à membrane lisse, situé au dessus de l'isthme. Quant aux bras, ils sont garnis de séries transversales de spinules aigus, dont le nombre diminue de la base du bras à son extrémité.

Dimensions: longueur 77fi, largeur BO, isthme 11.

Habitat: C, 20 Oct 06.

Staurastrum ambiguam Turn.

Fig. 275, 274.

TuRNER indique (73, P. 128) cette petite espèce de Staurastrum voisine de ceux dont nous venons de voir la description, et il en représente (PI. XVI, fig. 18), une forme tétragone; mais, dans son texte, il dit qu*elle peut être

trigone, et les dimensions qu'il donne (18 — SOf» de long mr SS — tH de large) concordent à peu près avec nos échantillons, qui seraient peut-être seulement un peu plus proéminents sur le dos que les formes de Turner, et dont les ornements de la membrane seraient un peu plus accentués.

' Les cellules sont petites, à étranglement médian faible. Une ligne qui irait d'une extrémité à l'autre des bras, partagerait Thémisomate en deux parties à peu près symétriques; c'est-à-dire que la partie qui unit les bras i l'isthme n'est guère plus développée que la partie médiane dorsale de Thémisomate, partie fortement renflée et plane en son sommet Les bras sont horizontaux. Sur toute la marge de la cellule, sont des ondulations de la membrane, accentuées par ui\ épaississement aigu. Ces denticules sont disposés selon des lignes longitudinales et selon des lignes transversales le long et autour des bras. Vue de dessus, la cellule est triangulaire, à côtés concaves, à extrémités obtuses, tridentées.

Dimensions: les cellules mesurent 20u de long; leur largeur, y compris les bras, est de S8ft, l'isthme de 6.

Habitat: C, 20 Oct. 06.

Staurastrum margaritaceum (Ehrb.).Meuegh. var. hirtum Ndst.

Bibl.: De Wuj)eman 89, P. 154.

Fig. 275, 276.

Cellules un peu plus larges que longues, à sillon aigu peu profond; à partir du sillon, la membrane est un peu convexe, puis légèrement concave; l'ensemble de l'hémisomate est trapézoïdal (petite base du trapèze du côté de l'isthme), le côté dorsal est un peu convexe. Dans sa partie médiane, il est muni d'assez petites verrucosités ; les bras sont garnis de 3 — 5 If gnes annulaires, transversales, de denticules. Vus de dessus, les hémisomates ont 6 bras assez longs, plus larges à leur base qu'à leur extrémité qui est obtuse, tridenticulée. Les bras ont des côtés droits et ils ont séparés par des sinus larges, arrondis. Le chromatophore est composé d'un corps central qui envoie 2 lames vertes vers chaque bras de l'hémisomate.

Par ses caractères, ses dimensions, etc., ce type concorde exactement à S. margaritacewn var. hirtum, déjà signalé à Java, et le dessin qu'en donne NoRDSTEDT (42, PL I, flg. 18), est très semblable à notre forme; il n'est donc pas nécessaire de discuter plus longuement son identité.

Dimensions: Longuem* 55f*, largeur 45 — 50, istshme 12.

Habitat: C, 20 Oct. 06.

1KB

*** Staurastniin Inflatum N. sp.

Fig. 277, 278.

Ce type est très semblable au précédent et j'ai hésité longtemps avant de le considérer sous un autre nom spécifique. Mais les caractères distinctifs sont trop importants et trop constants pour que j'aie pu en faire une simple variété de S. margaritaceum, et il y a entre ces deux formes des différences de mAme ordre que celles signalées plus haut entre Micrasterias MahabuleshwarmsU Hobs. et M. inflata Bern.; aussi^ comme je n'ai rien trouvé dans la littérature à quoi puisse être rapporté ce Staurastrum, je l'ai considéré comme une nouvelle espèce et lui ai donné le même nom qu'à mon Micrasterias, afin d'indiquer d'un mot par quel caractère surtout il se distingue de l'espèce voisine 5. margaritaceum.

Cellules un peu plus larges que longues, sinus aigu, peu profond, hémisomates prolongés latéralement par des bras courts; le côté dcHrsal étant presque aussi convexe que le côté du sinus, l'hémisomate a une forme générale subelliptique. Ce caractère déjà, sépare cette espèce de la précédente; de même aussi, les ornements de la marge qui est garnie, presque jusqu'à l'extrémité tridenticulée des bras, de verrucosités assez fortes, et non plus de nombreuses et fines denticulations en séries annulaires. Mais la vue de dessus est particulièrement typique: l'hémisomate a aussi 6 bras, mais ceux-ci sont plus étroits à leur extrémité que dans le cas précédent, et sont ornés de denticules aigus, sur leur marge seulement. Enfin leur côté, au lieu d'être droit, est, vers la base, assez fortement convexe, puis, vers Textrémité, faiblement concave; le bras est donc renflé à sa base et il en résulte que les sinus séparant les bras, au lieu d'être larges et arrondis, sont aigus. Le chromatophore est disposé de la même façon que chez S. margaritaceum.

Dimensions: longueur 41f«, largeur 47. Isthme 13.

Habitat: D, 2 Oct 06.

Staarastrum sexangubre (Bulnh.) Lund.

Bibl. : Db Wodbman 89, P 155. — Gutwinski 14, P. 606.

Fig. 279.

Cette espèce, déjà signalée à Java par Nordstedt, est très caractéristique par ses curieux appendice ; ses dimensions sont très vai'iables, de même aussi les détails de sa structure, de sorte qu'on a pu en publier un nombre considérable de variétés. J'aurais pu m'évertuer à deviner à laquelle de toutes ces nombreuses formes on pourrait rattacher mes échantillons; cela m'a paru

par trop fastidieux et au moins inutile, puisqu'un grand nombre de ces formes disparaîtront quand des recherches ultérieures auront fait trouver les types intermédiaires, et j'ai rangé tout simplement mes formes sous le nom spécifique. GuTWiifSKi a décrit pour Java une variété bidentatum qui semble assez nettement séparée du type par ses bras très longs et à denticules nombreux.

Les cellules sont aussi longues que larges, assez grandes, à sillon ample et plus ou moins arrondi vers Tintérieur. Hémisomates vaguement trapézoïdaux, à côté dorsal presque plan; à chacun des angles des hémisomates (hexagonaux dans la vue de dessus), est une paire de bras assez longs, l'un dressé obliquement, l'autre subhorizontal. Ils sont garnis de dents aiguës, hyalines et dirigées vers les extrémités des bras. J'ai pu compter 1 — 3 de ces spicules sur la marge de chaque appendice. Ceux-ci ont leurs côtés presque parallèles; leurs extrémités sont obtuses et garnies de 3 — 4 pointes hyalines très aiguës et bien plus longues que les denticules de la marge. Je ne crois pas que la longueur assez faible des bras, la disposition des dents et d'autres détails soient des caractères assez importants et assez contants pour que J'aie pu faire de mes individus une nouvelle variété.

Dimensions: longueur et largeur des cellules, non compris les bras, 5Sft. Longueur et largeur des cellules, y-compris les bras, 85. Isthme 28.

Habitat: i, 4 Oct. 06.

*** Staurastram Ernstii N. sp.

Petites cellules, un peu moins longues que larges. Hémisomates de forme générale trapézoïdale (la petite base du trapèze est du côté de l'isthme), mais prolongés latéralement par des bras relativement longs, très grêles, hyalins, et dressés obliquement à peu près à 45^ ce qui fait que la cellule, dans son ensemble, prend la forme d'un X. Le côté dorsal de l'hémisomate, de l'extrémité d'un bras à l'autre, est largement concave. Ses côtés latéraux sont un peu convexes vers l'isthme, puis droits jusqu'à l'extrémité des bras. Le sillon est aigu, peu profond. La marge des cellules est ornée, sur tout son pourtour, de très petits denticules obtus. Le long du bras, dont l'extrémité est obtuse, même légèrement dilatée par suite de la présence de ces denticules, ces minuscules vemicosités sont placées en alternance d'un côté à l'autre. En outre, il en existe quelques unes, très peu nombreuses, éparses à la surface de la cellule. J'en ai compté 12 — 16 sur la marge d'un hémisomate. On peut constater que le bras est une évagination de la cellule et non une sorte

d'épaississement de sa membrane, car on peut, avec quelque attention, suivre dans son intérieur un lumen très étroit. Dans chaque demi-cellule, se trouve un chromatophore contenant un petit pyrénoide souvent indistinct. Vue de dessus, la cellule apparaît fusiforme : la partie médiane et renflée est verte, elle est prolongée par les deux bras hyalins; je n'ai jamais rencontré d'échantillons trigones, et cependant j'ai vu des centaines d'individus; j'ai rencontré cette petite espèce dans plusieurs stations et toujours en si grande abondance que je pouvais chaque fois me livrer sur eUe à une étude détaillée; j'ai pu constater la constance de tous ses caractères, aussi bien de ses dimensions que de sa forme générale et de la disposition des ornements de sa membrane. Sur la vue de dessus, on peut . constater aussi, sur toute la marge, les petites verrucosités assez espacées (j'en ai compté 14 — 16 sur le pourtour). Vue de profil, la cellule a à peu près la même forme que vue de dessus, sauf que la partie renflée du fuseau est un peu plus forte relativement aux bras, et qu*elle est partagée en son milieu par le sillon qui Tétrangle très faiblement.

Cette espèce est très proche de S. paradoomm Moyen, mais elle s'en distingue surtout par sa petitesse et par sa forme 2 — gone. Je n'ignore pas que S. .paradoxum, qui est généralement 5 — gone peut être aussi 2 — 4 — gone; je n'ignore pas davantage que cette même espèce, dans certaines de ses formes, comme par exemple la variété depressum de Turnier, peut être presque aussi petite que mes échantillons; mais chez ces derniers, la vue de dessus, fusiforme, et les dimensions étaient trop constantes pour qu'on puisse établir une comparaison entre les deux types. De plus, le sillon et surtout la structure et la disposition des denticules étaient bien différents. Gutwtinsri a signalé à Java un S. irregulare West, aussi petit que le nôtre et de même forme à peu près; mais il était plus long que large, et ses bras, beaucoup moins graciles, étaient ornés de dentelures beaucoup plus fortes et de nature si différente, qu'une homologie était impossible.

J'ai rencontré de nombreux individus à tous les stades de la division, les hémisomates jeunes étant d'appai*ence fort variable: d'abord en forme de simple bourrelet, puis devenant trapézoïdaux, puis poussant obliquement leurs bras hyalins. Leur croissance se fait souvent de façon très asymétrique. Les membranes, d'abord lisses, acquièrent finalement les denticules caractéristiques.

Dimensions: longueur 17 — 2V (généralement 20), largeur 18 — 24 (généralement 22), épaisseur B — 6, isthme 4 — 6 (généralement 5).

Habitat: A, 31 Juillet, 1, 13 et 21 Août, 20 Oct. 06. — C, 20 Oct 06.

i5â CHLOROPHYCEES. — EUCHLOROPHYCEES.

Nous suivrons, dans l'étude de ce groupe, la classification de Chodat, telle que nous la trouvons exposée dans son livre sur les Algues vertes de la Suisse (9). Parmi les cinq ordres que cet auteur indique comme faisant partie des Euchlorophycées, nous ne nous occuperons que du premier, les Pleurococcoïdes. Des 9 familles constituant cet ordre, nous n'aurons à examiner que celles ayant des représentants unicellulaires : nous n'aurons qu'un petit nombre de Palmellacées et de Volvocacées et davantage de Protococcacées, notamment de la tribu des Ëuprotococcées et très peu de la tribu des Characiées; en passant, nous dirons un mot d'une Pleurococcacée. Je ne veux pas m'arrèter longuement à discuter cette systématique, je renvoie pour le détail de la classification et pour l'énumeration des genres et des espèces au livre de Choi»at.

PLEUROCOCCOIDES — PALMELLACEES.

** TETRASPORA.

*** Teiraspora bogoriensis N. sp.

'Masses gélatineuses plus ou moins considérables, allongées, assez étroites, pouvant atteindre jusqu'à 1 cm. de long et plus. La gelée se colore activement par les solutions de bleu de méthylène. Dans cette masse, les cellules petites sont très nombreuses, éparses, disposées sans ordre en une couche périphérique. Les cellules adultes sont isolées et sont en forme de croissant dont les deux pointes sont en général assez rapprochées, la concavité étant assez profonde. Cette forme rappelle celle des cellules du genre Seletuxlerma, mais ce genre a un thalle microscopique, tandis que les Tetraspara sont bien visibles à l'oeil nu. La membrane propre de la cellule est mince, et le chromatophore en plaque contient un pyrénoïde. J'ai pu constater tous les stades de division de ces cellules : la première division se fait par une cloison perpendiculaire à l'axe longitudinal du croissant, au milieu de la cellule. Une seconde division se fait par un cloisonnement perpendiculaire au grand axe des deux cellules filles, et perpendiculaire par conséquent à la fN^emière cloison. Puis, par une gélification de la membrane de la cellule mère, les cellules filles sont expulsées dans la masse gélatineuse qui les entoure. Longtemps on les voit encore environnées de la membrane distendue de la œllule mère; cette membrane finit par s'ouvrir, les cellules filles sont libérées^ mais

ISÔ

restent longtemps groupées par 4; elles sont alors de contour irrégulier, plus ou moins vaguement tétraédriques ; elles grossissent bientôt, s'éloignent les unes des autres, et prennent alors la forme de croissant plus ou moins caractéristique.

J'avais pensé d'abord avoir affaire au TetrcuporicUum javanicum de Moebius, et j'ai attentivement cherché les perforations assez régulières de la masse gélatineuse que décrit cet auteur. Mais je n'ai pu les apercevoir chez les individus jeunes et en bon état. Ici et là, des ouvertures irrégulières m'apparaissaient plutôt comme des déchirures du thalle, peut-être accidentelles, en tous cas trop irrégulièrês et trop peu constantes pour pouvoir servir de base à une distinction générique. En outre, si je me reporte à la publication de Moebius, (37, P. 22, PI. VIII, fig. 6), je vois que les cellules du Tetrasparidium sont troj^ rondes et trop généralement disposées par 4 pour que notre forme puisse lui être homologuée. Chodat s'exprime en ces termes (9, P. 11 S): >Mobbius a établi le genre Teirasporidium pour les • Tetraspara javanais dont le thalle est régulièrement perforé, mais dont la «structure et l'évolution sont ceux d'un Tetraspora. Ce caractère du thalle «perforé se rencontre aussi souvent chez nos Tetraspora'\ De WaDBMAM (85, P. 80), après avoir signalé l'espèce de Mobbius, attire l'attention des botanistes sur l'intérêt qu'il y aurait à retrouver cette jolie forme. Je ne puis prendre parti dans cette discussion avant d'avoir vu du matériel de Moebuis, et je pense qu'il sera préférable de conserver le genre Tetrasporidium, au moins jusqu'à ce qu'on ait observé les spores, puisque c'est elles qui fournissent le principal argument, dit Moebius, pour la séparation des deux genres. Quoi qu'il en soit, nos échantillons n'ont rien à voir avec ceux de Moebius, et ils sont en tous cas nettement caractérisés comme Tetraspora. A cause de la forme et de la disposition des cellules adultes, j'ai cru pouvoir faire de ce type une nouvelle espèce. Peut-être, après tout, ne sera-ce qu'une forme de Tetraspora gelatinasa. Le genre Tetraspora en effet est mal connu; on en a décrit beaucoup d'espèces que certains auteurs ne considèrent que comme des formes de T. gekuinosa.

Dimensions: cellules adultes lOf^; les cellules jeunes, encore groupées par 4, mesurent K — 7f*

Habitat: K, 30 Oct. 06.

* 8L0E0CYSTIS.

** Gloeocy8ii8 vesleulosa Naeg.

Fig. 391, 299, 293.

Colonies de 2 ou 4 cellules ellipsoïdales, munies d'un pyrénoide souvent

peu distinct. Les cellules sont entourées d'une gelée générale nettement zonée de couches concentriques, et de plus, chaque cellule est entourée d'une gelée propre qui reste visible dans la gelée de la colonie. Les cellules par 4 peuvent être sur un plan ou disposées de façon plus ou moins tétraédrique.

On voit, par Ténumération de ces caractères, que nos échantillons paraissent bien appartenir à G. vesiculosa. Les descriptions et les nombreux dessins que j'en ai vus, les dimensions qu'on en donne d'ordinaire, m'ont confirmé dans cette idée. On dit que les GloeocysHs habitent en général sur les bois et les pierres submergés. J'ai trouvé en effet mes éch*antillons en raclant les parois des petits bassins cimentés où j'ai effectué mes premières pèches.

Je ne veux du reste pas m'arrèter longuement aux formes arrondies unicellulaires ou bicellulaires que j'ai si fr^emment rencontrées. Leur détermination est par trop difficile si l'on ne peut étudier leur développement au moyen de cultures. Le plus souvent, en apercevant des cellules vertes isolées ou réunies en petit nombre, je n'ai même pas essayé de savoir s'il s'agissait d'une Palmella, d'un état larvaire de Volvocacée, d'une Chlarella ou d'une forme de Pleurococcus.

Dimensions: colonies 17 — 20/* sur 14 — 16. Cellules 47i — 7 sur

Habitat: A, 13 Août 06.

'*"*' Gloeocysiis boiryoides Naeg.

Fig. 294, 295.

Les colonies sont très semblables à celles de G. vesiculosa, mais beaucoup plus petites, et les cellules sont sphériques et non plus ellipsoïdales. Dans la gelée générale, les cellules sont disposées sur un plan et entourées chacune d'une gelée propre bien distincte. Je n'ai vu que des colonies 4-cellulaires ; quant à la structure des cellules, elle est tout identique à celle de l'espèce précédente.

Je garde ce nom spécifique, malgré le doute émis par certains auteurs sur sa valeur. Chodat entre autres, après avoir énuméré toute une série de formes de Gloeocystis dit (9, P. 116): >n y a encore beaucoup d'incertitude quant à •l'autonomie de ces formes qui ne sont peut-être que des états gléocystoides «d'autres algues". Il se pourrait aussi que nos échantillons appartinssent à G. vesiculosa, dont ils seraient une petite forme à cellules sphériques. Cependant, en attendant de plus complètes informations qui décèleront peut-être des formes de passage entre les deux espèces, ou qui établiront que nos formes, se développant ultérieurement, sont des états d'autres algues, laissons-les

provisoirement sous *ie nom de G. botry aides. Mêmes observations quant à rhabitat de ces petits organismes que pour l'espèce précédente.

Dimensions: Colonies 11 — 18f* sur 10 — 11. Cellules î'/a — 4f*.

Habitat: A, 13 Août 06.

** SPHAEROCYSTIS.

'*''*' Sphaerocysiis Schroeieri Chod.

Fig. 296, 297, 298, 299, 300, 301.

J'ai observé à plusieurs reprises dans mes pèches, des algues en masses plus ou moins sphériques, gélatineuses, et que j'ai cru reconnadtre comme l'espèce de Chodat. Ce n'est pas sans quelque hésitation que j'ai hon^ologué mes échantillons, si divers d'apparence, à S. Schroeieri^ et je suppose bien que, pour quelques-uns d'entre eux, du moins, cette détermination devra être rapportée. Il pourrait en effet s'agir, dans certains cas, d^états gélatineux d'algues toutes différentes dans leur état normal, et c'est par des cultures seulement qu'on arrivera à une certitude à cet égard. C'est assez dire que je considère ma détermination comme toute provisoire.

Quoiqu'il en soit» si nous comparons nos figures à celles données par Chodat, (8, 1897, PI. XI), nous trouvons de grandes analogies de formes. J'ai pu aussi constater que les cellules, sphériques ou plus ou moins ellipsoïdales, ont un chromatophore en plaque échancrée et un pyrénoïde. J'ai pu observer des cellules isolées, et des colonies à 2, 4, 8 cellules et plus. Les grandes colonies gélatineuses, à nombreuses cellules périphériques, rappellent, par la disposition et la forme de leurs cellules, les figures 1, 10, 12 de Chodat. Parmi les cellules adultes, on aperçoit des groupes de 4 éléments plus petits qui sont des cellules filles peu après la division, et avant qu'elles aient atteint leur grandeur normale et qu'elles se soient complètement séparées Les dimensions des colonies sont fort variables, puisque Chodat dit qu'elles peuvent mesurer 50 — 1200f*. Le'fe miennes sont loin d'atteindre de semblables proportions. Mes individus à 2 — 8 cellules sont très analogues aux figures 2 et 8 de Chodat. Enfin, j'ai vu des colonies à divers stades de division, tout identiques aux figures 5 et 6 de cet auteur. (Voir aussi 9, P. 114). La gelée est d'ordinaire bien visible autour de la colonie générale, comme autour des petites colonies filles. Quant à l'espèce, il ne m'a pas été possible de tirer de mes observations des données pour faire de mes échantillons un type différent de S. Schroeieri,

Dimensions: Colonies 20 — 280f*, cellules 4 — 15.

Habitat: A, 21 Août. — I, 8 Oct. — D, 2 Oct. 06. — N, 26 Mars 07.

16Î PLEUROCOCCO IDES. — VOLVO V AGEES.

** CHLAMYDOMONAS.

** Chiamydomonad (P) globulosa Perty.

Fig. 302.

n est très probable que les échantillons que j'ai groupés sous ce nom appartiennent en effet au genre Chlamydomonas, mais ils pourraient être cependant des zoospores d'autres algues ou des cellules isolées de Pandarina. Je les ai homologués cependant à C. globulosa, malgré certaines divergences, car c'est de cette espèce, en tous cas, qu'ils se rapprochent le plus, par leur membrane assez épaisse, leur chromatophore remplissant toute la cellule et leur petite papille apicale. Je n'ai pas pu suivre cette forme dans tous ses stades de développement et n'ai donc pas pu en faire une étude complète ni arriver à la déterminer de façon certaine ; les dimensions concordent à peu près à celles que je trouve indiquées par De Toni (71, P. 549) pour C. Pulvisculus Ehrb., espèce dont certaines formes, dit Chodat (9, P. 131), doivent être attribuées à C. globulosa.

Dimensions: cellules de 14fA sur 10.

Habitat: A, 21 Août 06.

Chlamydomonas (P) Reinhardi Dang.

Fig. 503, 304, 505, 306.

Les mêmes doutes subsistent au sujet de cette espèce qu'au sujet de l'espèce précédente. Il pourrait s'agir, aussi ici, de zoospores d'une algue verte quelconque ou de stades de développement unicellulaires d'une autre Volvocacée. Cependant, il me semble pouvoir rattacher mes individus avec plus de raison au genre Chlamydomonas, car j'ai trouvé des individus qui m'ont paru être des stades sporangiaux tout semblables à certains états analogues dont j'ai vu les dessins dans la littérature, et qui étaient attribués à ce genre. Voir par exemple Wille (92, P. 33, fig. 18 B, où l'individu mère a perdu ses cils et s'est divisé en deux cellules filles ciliées). Voir aussi Chodat (9, P. 136, fig. 63), qui représente un état larvaire de Chlamydomonas où la multiplication, dit l'auteur, s'est faite à l'intérieur de la membrane qui fonctionne comme sporange.

J'ai trouvé en plusieurs localités les éléments adultes, unicellulaires, à cellules assez grosses, globuleuses ou un peu elliptiques, munies de deux cils assez longs, d'un chromatophore remplissant presque toute la cellule et très

peu échancré au sommet. Chaque cellule possède un stigma rouge plus oU moins net dans son tiers antérieur et un pyrénoïde assez gros. Quant aux états sporangiaux que j'ai rapportés à cette même espèce, j'en ai rencontré à % 4, 8 cellules: dans la membrane distendue de la cellule mère, les individus filles se sont développés, se sont séparés les uns des autres, et, en attendant leur mise en lib^té, se meuvent dans Tintérieur de la membrane générale où il est facile d'observer le détail de la structure et les deux cils de chaque petite cellule. Cette espèce se rapprocherait le plus de C, Beinhardi, mais je ne puis affirmer Inexactitude de cette détermination, n'ayant pu suivre de très près le développement J'ai aperç4i encore des cellules sans cils qui pourraient être des états larvaires immobiles de ce même Chlamydomonas.

Dimensions: cellules adultes isolées 12 — 13/^ sur 10 — 11. Dans les états sporangiaux, les cellules mesurent 7 — 8/^ ; les familles de deux cellules avaient 18 — â^i» de diamètre, celles de 4 cellules 25, celles de 8 cellules 33 environ.

Habitat: B, 27 Sept. 06.

** Chlamydomonas gloeocyatifomiis Dill.

Fig. 507, 308.

J'ai rencontré encore une troisième forme de cellules biciliées, appartenant sans aucun doute à un Chlamydomonas, et que j'ai pu homologuer au C. gloeocystiformis décrit par Dnx. Les cellules sont assez grandes, ovoïdes, munies du côté des cils d'une papille peu apparente. Le chromatophore est fortement échancré et possède un pyrénoïde bien net dans la partie inférieure de la cellule. La membrane cellulaire est gélifiée, plus ou moins épaissie; le stigma est allongé et antérieur.

Dimensions: cellules (non compris la membrane gélifiée) 16 — 17fi sur 12 — 13. Y compris la membrane 20 — 25 sur 17 — 20.

Habitat: A, 51 Juillet 06.

PANDORINA.

Paadorina morum (Muell.) Bory.

Bibl. : De W^deman 89, P. 98.

Fig. 309, 310, 311. 312.

Je ne m'arrêterai pas à cette espèce si bien connue, déjà citée à plusieurs reprises pour les régions tropicales et en particulier pour Java, et que j'ai eu la chance d'obtenir en cultures pures sur milieu agarisé, ce qui me permettra

d'étudier à fond son développement et les conditions de sa variation. Les

cénobes de cette espèce, dit De Toni, peuvent atteindre jusqu'à ââOfi et les cellules 9 — 15.

Je n'ai pas rencontré, dans mes pèches, de colonies aussi considérables.

Celles que j'ai observées étaient à 8 ou 16 cellules, plus ou moins régulière-

ment arrondies, plus ou moins serrées les unes contre les autres, à chromatophore remplissant complètement la cellule, à gros pyrénoïde, à deux cils divergents. Le stigma rouge, plus ou moins circulaire, est situé près du point de fixation des cils. Par tous ces caractères, nos échantillons, comme on peut le voir, ne s'éloignent pas du type décrit d'ordinaire.

Dimensions: cénobes de 8 cellules 19 — 28/*. Cellules 7 — 8. Cénobes de 16 cellules 35— 45/*. Cellules 9—15.

Habitat: E, 19 Août 06. — A, 21 Août 06.

** EUDORINA,

** Eudorina (??) Wallichii Turn.

Fig. 513, 514.

Si je me reporte à la publication de Turner sur les algues de Indes Anglaises (73), je trouve en effet une figure (PI. XXI, fig. 10) qui ressemble de très près à nos échantillons et que cet auteur considère comme appartenant au genre Eudorina; il est vrai qu'il met un point d'interrogation après le nom de genre; vu l'identité de formes et de dimensions, je veux laisser mes échantillons sous ce nom, mais en insistant encore sur le doute émis par TuRNER. Des individus de cette nature pourraient en effet appartenir à une tout autre algue dont ils seraient des états larvaires; ils rappellent aussi certaines formes du genre Sphaerocystis, dont je trouve les dessins chez Chodat (8, 1898, PI. IX, fig. 5, par exemple). L'attribution de ces échantillons au genre Eudorina est donc plus que problématique, et ce doute ne pourrait être levé que par l'étude du développement.

Les cellules sont assez régulièrement sphériques, avec un chromatophore remplissant à peu près toute la cellule et un pyrénoide plus ou moins distinct. Les cellules sont éloignées les unes des autres à la périphérie d'une vaste gelée générale e( sont au nombre de 8, disposées par 4, sur deux plans superposés et assez régulièrement alternantes d'un plan à l'autre. C'est tout à fait la disposition indiquée par Turner. J'ai rencontré encore des groupes de 16 et de 52 cellules analogues comme structure, mais moins régulièrement disposées et qui pourraient être d'autres formes du même type. Mais si ce

sont des Eudorina, ce sont toujours des états larvaires, et, malgré toutes mes recherches, je n'ai pas pu rencontrer l'état adulte mobile présentant les caractères de Eudarina.

Dimensions: Cénobes à 8 cellules 70 — 90fi, cellules 10 — 12. Cénobes à 16 cellules, 85— lOOf», cellules 12—18.

Habitat: D, 20 Sept. 06.

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