VOLVOX
Volvox aureu8 Ehrb.
Bibl. : Lbmmerma5n 32, P. 157.
Fig. 315, 316, 517, 318.
Cette espèce n'a été récoltée jusqu'ici à Java qu'au Sitoe Bagendit près de Garoet, par le D' Volz, et signalée par Lbmmkrmann. Lés échantillons que j'en ai rencontrés ne peuvent être rapportés à aucune autre espèce, malgré certaines divergences que nous discuterons ci-dessous. Les colonies sont des sphères gélatineuses, à contour généralement très régulier, assez grandes, et où les cellules, très nombreuses, sont disposées en une couche à la périphérie de la sphère, et orientées toutes de la même façon. Ces cellules, vues de dessus, ont un contour arrondi; elles sont séparées les unes des autres par un espace qui n'atteint pas la moitié de leur diamètre; de profil, c'est à dire observées sur la coupe optique de la sphère, les cellules sont pyriformes, pas tout à fait deux fois aussi longues que larges; leur pôle arrondi est du côté de l'intérieur de la sphère, le pôle pointu, assez aigu, est du côté de l'extérieur. Le chromatophore remplit presque toute la partie elliptique de la cellule; il laisse en son extrémité pointue une région hyaline. Au pôle externe sont fixés deux cils excessivement fins, très difficiles à distinguer malgré les réactifs, et qui, après avoir cheminé à peu près parallèlement pour traverser la zone gélatineuse externe, passent dans le milieu atnbiant où ils divergent plus ou moins et sont soumis à un mouvement vibratil qui rend leur observation plus diflScile encore. Quant au stigma rouge, il est décrit généralement antérieur dans les cellules de V. auretis; mais j'ai pu m'assurer que ce caractère est loin d'être constant; quelquefois ce stigma est situé tout près du point de fixation des cils; plus souvent il est à peu près au tiers antérieur de la cellule; fréquemment il est au milieu de celle-ci ou même en son tiers postérieur. Ce stigma est arrondi et très distinct. On décrit le genre Volvox comme possédant entre ses cellules des communications plasmiques de nature et d'apparence fort différentes, selon qu'il s'agit de V. globator (L.) Ehrb. par exemple, ou de
V. aureus. Je n'ai pas besoin de rappeler ici les discussions sans fin auxquelles ont donné lieu ces relations cytoplasmiques, ainsi que celles signalées entre les cellules de Gonium, Je renvoie le lecteur aux études de Klein (20), de Chodat (9) et d'autres. Ces filaments protoplasmiques intercellulaires, bien visibles chez V, globator, où les cellules sont polyédriques, sont si fins chez V, aureus, dit Klein, qu'ils atteignent à peine la grosseur des cils vibratils. On conçoit donc que leur observation soit des plus difficiles. Je dois dire que, malgré toutes mes recherches, malgré l'emploi des grossissements les plus puissants et de réactifs variés, je n'ai pu arriver à les mettre en évidence. J'ai pu apercevoir, après le traitement au bleu de méthylène par exemple, une structure spéciale de la gelée générale: entre les cellules, dans l'espace clair qui les sépare, des lignes se colorent plus vivement que le reste, mais ne vont pas d'une cellule à l'autre, au contraire, elles se réunissent par leurs extrémités, établissant ainsi une sorte de réseau très subtil de mailles polygonales, dans chacune desquelles est une cellule ronde. Mais il n'y avait pas le moindre trait plus fortement coloré réunissant les cellules les unes aux autres, ni la moindre trace quelconque pouvant faire croire à la présence de communications plasmiques. Mais, je l'ai dit plus haut, ces formations sont souvent si peu distinctes, elles sont encore si mal étudiées et si discutées, que je n'ai pas cru possible, sur l'absence de ce caractère, de séparer mes formes du type de V. aureus. J'ai pu constater aussi que les cellules sont plus rapprochées chez nos individus qu'elles ne le sont d'ordinaire chez V. aureus^ et que, par conséquent, pour des sphères de mêmes dimensions, j'ai un nombre de cellules bien plus considérable. Cela non plus ne m'a pas paru un caractère suflSsant pour établir une distinction profonde entre ces formes.
Je n'ai parlé jusqu'ici que des cellules végétatives. J'ai pu observer encore, dans ces colonies, 8 cellules beaucoup plus grandes que les autres, sphériques, et qui, par leur nombre, leurs dimensions, leur structure, doivent être considérées comme des oogones. Nous serions donc en présence ici d'un état hermaphrodite protérogyne, ou plutôt d'une forme uniséxuée femelle, car j'ai conservé longtemps plusieurs individus, sans pouvoir y constater la formation de cellules mâles. Je n'ai pas remarqué, comme on le décrit d'habitude pour les Volvox, que la colonie fut différenciée en deux hémisphères, l'un où les cellules sont incapables de devenir reproductives, l'autre où sont localisées les cellules susceptibles de grossir pour devenir parthénogonidies ou éléments sexués. Les oogones sont indifféremment épars parmi les cellules végétatives; leur membrane est assez épaisse, ils possèdent un gros noyau et un chromatophore réticulé contenant quelques pyréuoïdes; ils n'ont ni cils ni stigma.
Dimensions: colonies 170 — ^50^; 2 — 3000 cellules végétatives qui mesu rent 8f* sur 4 — B. Oogones 20 — 50.
Habitat: D, 20 Sept 06.
PLEUROCOCCOIDES — PROTOCOCCACEES.
** SCHIZOCHLAMYS.
*** Schizochiamys geiatinosa A. Br. var. minor N. var.
Fig. 319, 320, 521, 522.
Cette espèce a été fréquenunent citée en Europe et se trouve, d'après West, à Ceylan (81); mais elle n'a pas été signalée jusqu'ici à Java. A plusieurs reprises cependant, je l'ai rencontrée abondante et bien typique. Je ne pense pas avoir eu affaire, sauf peut-être* pour quelques cas, à un stade Schizochiamys d'une autre espèce d'algue, comme Chodat en a décrit dans son livre (9, P. 51). Il m'a bien semblé être en présence de l'unique espèce connue de ce genre; mais la forme de Java se distingue de la forme typique par l'exiguïté de ses cellules. Cette différence m'a paru insuffisante pour établir une nouvelle espèce, et je me suis borné à considérer mes formes comme une nouvelle variété sous le nom de var. minor. Les cellules du type mesurent en général 10 — 18/*.
Ici, les cellules sont sphériques, entourées d'une gelée bien visible. Le chromatophore est peu distinct. Je n'ai pas aperçu de pyrénoïdes. Par suite de la gélification, la membrane est brisée, mais reste à la périphérie de la gelée sous forme de petits fragments en arc de cercle bien distincts. Les cellules restant, après leur division, plus ou moins longtemps groupées, il se forme de petites masses gélatineuses à la périphérie desquelles sont les nombreux débris de membranes.
Dimensions: les cellules mesurent 5 — 9/i de diamètre.
Habitat: A, 15 Août — I, 15 Oct. 06.
DICTYOSPHAERIUM.
Dletyosphaerium Ehrenbergianum Naeg.
Bibl.: GuTWUfSKi, 14, P. 577.
Fig. 523 à 340.
Les cellules sont ellipsoïdales et de dimensions très variables. Après leur division, elles restrent groupées en élégantes colonies et sont retenues les unes
aux autres par les débris des membranes de la cellule mère. En outre, elles sont entourées d'une gelée abondante presque impossible à voir si. l'on n'emploie pas des réactifs colorants. Pour libérer les produits de la division, la membrane se brise, quelquefois de façon irrégulière, formant une plaque hyaline à 2 ou 4 lobes aigus, quelquefois de façon très régulière, formant une croix à 4 branches étroites et incolores. A l'extrémité de ces bras, viennent se fixer les cellules filles, puis la division recommence; les débris de membranes des cellules filles restant à l'extrémité des débris de la cellule mère, font comme une ramification di- ou tétrachotomique ; à l'extrémité de chaque branche viennent se fixer les cellules petites-filles. La division peut se répéter encore et il se forme ainsi des arbuscules fort gracieux. Les colonies à plus de 16 cellules sont du reste rares. Le chromatophore est une plaque irrégulièrement découpée ou échancrée, et il contient un pyrénoide souvent indistinct. Quant à la gelée, j'ai pu faire à son sujet des observations analogues à celles que Chodat a faites sur la gelée des Oocystis (9, P. 3S). Ayant traité les colonies avec le bleu de méthylène ou le vert d'iode, j'ai pu suivre le contour général de la gelée, et, dans l'intérieur de celle-ci, autour de chaque cellule, j'ai pu observer une structure radiée très délicate, formant comme une auréole déchiquetée autour.de chaque cellule et parfois aussi autour des débris des membranes. Ceux-ci apparaissent comme de petits arbuscules ramifiés assez vivement colorés à l'intérieur de la gelée.
Ce type ne s'écarte nullement des formes bien connues et si variées de D. Ehrenbergianum Naeg. déjà cité à Java.
Dimensions: Colonies de 4 — 16 cellules 20 — 40fi. Cellules 4 — 7/* sur 5 — 6.
Habitat: A, 13 et 21 Août 06.
Dictyosphaerium pulchellum WoUe.
Bibl: GuTWiNsw 14, P. 577.
Fig. 141, 14i, 145.
J'ai rencontré un autre type de Dictyosphaerium qui m'a semblé assez différent du précédent et que j'ai cru pouvoir placer sous la dénomination de WoLLE, quoique celte espèce soit peu étudiée et qu'on ait émis quelquefois des doutes sur son autonomie, certains auteurs supposant qu'elle pourrait bien n'être qu'une variété de D. Ehrenbergianum. Les cellules sont notablement plus grosses cependant, chez nos échantillons de D, pulchellum, que chez nos exemplaires de D. Ehrenbergianum, et de plus elles sont sphériques. La gelée est rendue bien visible par l'emploi d'un réactif colorant, et les débris hyalins
des membranes mères, sont plus déliés, et d'ordinaire disposés plus régulièrement en ramifications tétrachotomiques. J'ai fréquemment vu des échantillons de ce type formant des colonies de 16 — 64 cellules. Quant au contenu cellulaire, il est moins net que chez D. Ehrenbergianum. Les cellules sont remplies complètement par le chromatophore ; à de rares occasions, j'ai pu constater qu'ici aussi, celui-ci forme une plaque verte plus ou moins échancrée. La forme globuleuse des cellules et leurs dimensions permettent de caractériser assez facilement D. pulchellum vis à vis de D. Ehrenbet^gianum, Gutwinski a également signalé ce type à Java; mais, comme pour le précédent, il se contente de le citer, sans autre.
Dimensions: colonies de 16 — 64 cellules 40 — 65//, cellules 6 — 9. Colonies de 4—8 celUles 30— 40/x, cellules 8 — 10.
Habitat: A, 20 Oct. 06.
**♦ TREUBARIA N. Gen.
Je ne trouve nulle part dans la bibliographie quelque chose d'analogue à ce type, aussi je me vois obligé d'en faire un nouveau genre C'est un joli petit organisme, unicellulaire dans son état adulte^ et qui se présente le plus souvent sous une forme générale plus ou moins triangulaire, à sommets arrondis,, à côtés quelquefois droits ou légèrement convexes, mais plus souvent faiblement émarginés. Mais, ce qui en fait l'intérêt, c'est que la membrane bien nette de la cellule est entourée d'une membrane externe excessivement hyaline, qui 'enveloppe toute la cellule et se prolonge, aux trois sommets du triangle, en bras pointus d'une transparence telle, qu'on ne les aperçoit qu'avec les plus grandes difficultés. Un peu de bleu de méthylène ajouté au liquide permettra de voir ces prolongements un peu, mais très peu plus nettement. Quelquefois on peut les distinguer un peu mieux, (et c'est même ainsi que mon attention a été attirée sur ces curieux prolongements), parce que, à leur surface, sont de petits points réfringents de diverses grosseurs. En voyant fréquemment près des sommets des cellules des lignes divergentes comprenant 2 ou 5 de ces points brillants, je. me suis demandé la raison de cette présence constante et de quelle manière ces corpuscules étaient réunis à la cellule; puis, en examinant mieux pour élucider ce point, j'aperçus les bras hyalins, larges à leur base, très pointus à leur extrémité; à cause de leur transparence et de leur finesse près de l'extrémité, il était le plus souvent presque impossible de suivre ces processus sur toute leur longueur. Les chromatophores remplissent complètement la cellule et sont généralement si denses qu'on ne peut en
distinguer le détail. Parfois cependant, il m*a semblé qu'ils étaient en forme de plaque échancrée. Quelquefois on peut y distinguer un pyrénoide (ou peut-être 3 dans les stades qui précèdent la division). J'ai pu apercevoir, rarement il est vrai et assez peu nettement, des stades de développement qui me paraissaient être des états de division; mais je n'ai pas encore pu élucider tous les détails du phénomène et notamment l'origine des appendices hyalins. Il m'a semblé que les cellules se divisent en 5, ce qui est assez éU*ange. Il se pourrait que la division fut tétraédrique et que cela m'eût échappé; mais je crois pouvoir affirmer que tel n'est pas le cas et que la cellule est triangulaire et non tétraédrique : j'ai porté non attention très spécialement sur ce point et j'ai examiné un nombre considérable d'individus; j'ai employé toutes sortes de réactifs, j'ai écrasé plus ou moins fortement les cellules entre le couvre-objet et le porte-objet, et je n'ai jamais pu mettre en évidence le 4"® bras éventuel. La forme triangulaire de ces cellules et leur division en trois cellules-filles ne serait pas d'ailleurs un fait unique dans l'histoire des Algues ; il rappelle ce qui se passe chez certaines formes trigones de Polyedrium par exemple.
*** Treubaria iriappendiculata N. sp.
Fig. 344, 346, 3*6, 347, 348.
Caractères du genre.
Dimensions: cellules 6Vi à lOfA de diamètre: bras hyalins 15 — âOfi, plus rarement 26 — 30.
Habitat: A, 31 Juillet, 13 et 21 Août 06.
** LA8ERHEIMIA.
*** Lagerheimia Chodaii N. sp.
Fig. 349, 350.
Cellules sphériques, à chromatophore en plaque remplissant toute la cellule et contenant un pyrénoide assez gros. La membrane générale est assez épaisse, son double contour est nettement visible. A chaque extrémité de deux diamètres perpendiculaires, la membrane est épaissie en un petit tubercule d'où s'élève une forte barbe roide qui va s'amincissant de la base à l'extrémité très fine et très aiguë.
Par sa membrane à double contour, ses 4 piquants disposés à angle droit, et renflés en un petit tubercule basilaire, ce type ne peut appartenir qu'au genre Lagerheimia de Chodat. Mais il serait alors nécessaire de modifier quelque peu la diagnose de ce genre. Les cellules, dit Chodat (9, P. 188)