‹ Protococcacées et desmidiées d'eau douceChapitre 9 sur 32 · COSMOPOLITISME · texte numérisé non relu

COSMOPOLITISME

D'autres questions se posent encore, qui doivent être toujours présentes a la mémoire de l'algologue; entre autres le cosmopolitisme exagéré des plantes aquatiques et surtout des organismes inférieurs. A plusieurs reprises déjà nous avons vu combien il est intéressant de constater que des individus se retrouvent, identiques, dans des contrées fort éloignées et dans les conditions les plus dissemblables. D'autres types, il est vrai, sont bien spéciaux aux contrées tropicales et il est à présumer que la température élevée et constante de ces régions, et d'autres conditions à déterminer, ont permis l'évolution d'espèces d'algues dont l'aire de dispersion sera bien plus restreinte que celle des espèces qu'on pourrait appeler universelles. Cependant, il sera toujours imprudent, dans l'état actuel de nos connaissances, de décréter a priori qu'une espèce est cosmopolite ou locale, car rien ne prouve que tel type, rencontré à Java, ne se trouvera pas, dans un avenir plus ou moins rapproché, au Japon, en Nouvelle-Zélande ou au Spitzberg.

Tous les auteurs qui ont étudié les algues d'eau douce dans les régions arctiques ou dans les régions tropicales, ont été frappés du nombre considérable de formes rencontrées à la fois dans les contrées froides et chaudes et qui avaient été déjà trouvées dans les pays tempérés d'Europe et d'Amérique.

En 1897, De Wildeman dans son Prodrome (87, P. V.), dit: «Il est très «probable que l'aire de dispersion des algues, pai* suite môme de leur habitat, «est relativement très vaste. C'est ... ce que semblent prouver certaines «recherches récentes; elles ont montré, sur les continents les plus éloignés de «l'Europe, la présence de formes identiques à celles que nous avons l'habitude •d'observer dans l'ancien monde".

Je ne veux pas entrer dans le détail de ce sujet; les tableaux que De WaDEBiAiv donne dans son supplément du Prodrome (88)9 et où il indique d'une façon générale Taire de dispersion des espèces en dehors des Indes Néerlandaises, l'illustrent assez. Chodat (9) a insisté à plus d'une reprise sur le cosmopolitisme, ses causes et l'obligatiod pour les algologues d'en tenir compte dans une large mesm'e: »Les algues vertes inférieures, dit-il P. VI, >et en particulier celles dont nous nous sommes occupés, sont ubiquistes pour •autant qu'elles trouvent des conditions biologiques convenables". Et P. 2: «La composition de la flore chlorophycéenne d'eau douce ne varie presque pas •d'un continent à l'autre". Il s'arrête plus longuement aux causes du cosmopolitisme dans le passage suivant (P. 72) que je tiens à citer intégralement et qui me dispensera d'insister: »Les algues d'eau douce sont remarquablement •adaptées à supporter les variations de conditions d'existence les plus exces- •sives. La rapidité de leur évolution leur permet d'utiliser en temps utile •les conditions favorables à leur développement, . . . aussi les voyons-nous •peu dépendantes de la latitude. Un catalogue des algues d'eau douce du •Kordofan, de Kerguelen, du Paraguay, des Etats-Unis, diflere peu de ce que •serait celui des algues d'Europe. Les différences constatées diminuent avec •chaque nouvelle publication quant à ce qui concerne les algues submer- •gées .... Ce cosmopolitisme est un des faits les plus intéressants de l'algo- •logie et doit mettre en garde ceux qui seraient tentés d'excuser l'établisse- •ment d'espèces critiques par des raisons de géographie ".

Lemmermann dit encore à ce sujet (32, P. 144), dans son travail sur les algues récoltées par Volz: •Es geht daraus hervor, dass die Algenflora •der tropischen und der europâischen Gewâsser weit grôssere Uebereinstim- •mungen zeigt als man a priori vermuten sollte .... Offenbar sind die •Lebensbedingungen fur die niederen Organismen an vielen Stellen der Erdo- •berflâche vollkommen gleich, so dass eine weitere Differenzierung der ein- •zelnen Formen nicht eintreten konnte .... Dass die klimatischen Verhâltnisse, •vor allen Dingen hôhere und niedere Temperaturen, auf die Gestaltung der • wasserbewohnenden Algen gar keinen oder nur einen sebr geringen Einfluss •auszuûben vermôgen, darf nicht Wunder nehmen, gibt es doch Formen, •welche unverândert sowohl in kalten Gewâssern als auch in heissen Quellen •gedeihen".

Lemmerbiann donne ensuite, P. 146, une liste des espèces trouvées d'abord aux Tropiques et rencontrées ensuite en Europe, et vice versa.

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