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tion au dehors des sentiments nés et développés initialement dans la famille,
Quant à l’affinement de l'esprit de justice sous l'influence de l'éthique familiale faite de chasteté et de dévouement volontaire, il est démontré par cette constatation expérimentale que la conscience juridique d’un pays se mesure toujours à son degré de chasteté.
Reprenant une idée de Le Play, M. Sorel déclare : « Je suis persuadé que la conscience juridique ne peut être affinée dans les pays où le respect de la chasteté n’est pas profondément entré dans les mœurs » (4) ; et ailleurs il résume sa pensée dans cette phrase lapidaire: « Nous pouvons affirmer que le monde ne deviendra plus juste
que dans la mesure où il deviendra plus chaste (2). »
SecTION DEUXIÈME. — Conséquences Sociales.
Après avoir examiné le système moral des théoriciens du syndicalisme révolutionnaire envisagé en lui-même, dans son fondement familial et ses traits essentiels, il nous faut maintenant rechercher comment de ces préoccupations éthiques va découler une conception toute nouvelle du socialisme, une interprétation originale des
faits sociaux et du mouvement révolutionnaire.
(4) Int, à l'Ec. moderne, p. 83.
(2) Préface à l'édition française du Socialisme de Colajanni, p. xx1.
e I. — Le socialisme, avons-nous dit, est en son essence, pour M. Sorel, une évaluation nouvelle des valeurs sociales : cette évaluation offre comme principal caractère une distinction radicale entre le producteur ete consommateur et un abaissement de celui-ci devant celui-là. Sc
Philosophie de producteurs, morale de producteurs voilà surtout ce que prétend être le mouvement syndicatiste et cela lui donne une physionomie toute spéciale et très tranchée, qui le distingue nettement d’un autre courant très important de la pensée sociale contemporaine.
Les économistes, philosophes,sociologues,qui, de façons très diverses d’ailleurs, cherchent à améliorer le régime social actuel, à supprimer ou du moins à adoucir les frottements et les conflits d'où les faibles sortent meurtris, et qui à la lutte pour la vie tentent de substituer partiellement au moins l’union pour la vie, préconisent souvent, pour essayer d'atteindre ce but, d'instaurer par une série de transformations législatives, juridiques et surtout morales, le règne du consommateur.
L'homme ne consommant pas pour produire, mais produisant pour consommer, ilest naturel, disent-ils, que dans l’organisation économique tout soit subordonné à la consommation; de plus le consommateur étant tout le monde on peut affirmer par définition même que l’intérêt du consommateur se confond avec l'intérêt général,
alors qu’au contraire les intérêts des producteurs y sont
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