PROVERBES RELATIFS A LA MORALE
S 15. — La morale da flAtalIsme.
Les proverbes, comme nous Tavons dit, procédant des croyances religieuses et philosophiques les plus opposées, expriment souvent, au moins en appai*ence, des points de morale contradictoire. Mais comme chaque doctrine représente en somme un certain côté de la vérité, c'est ce côtélà seulement que le proverbe met en évidence.
Il y a des destinées contre lesquelles on lutte vainement, qu'il faut subir ; il y a des événements qu'aucune puissance humaine ne semble pouvoir empêcher. Ce sont ces faits exceptionnels, plus ou moins inévitables, qui servent de base à la doctrine du fatalisme. Les maximes qu'a inspirées cette doctrine funeste ont cours et sont en honneur surtout chez les peuples avilis, ignorants et paresseux.
La pierre ya toujours au murger.
Murger, tas de pierres élevé entre les héritages et où chacun jette ou porte celles qu'il ôte de son champ ou de sa vigne.
Là où le bien Tient, il torche.
Torcher ou troncher, c'est porter plusieurs rejets sur une
seule racine. Torchie, trochie, tronchie, plusieurs tiges sur
un même tronc. Trochet de fruits, etc.
Plus la bête est maigre, plus les mouches la piquent.
Aux pauvres gens le pain brûle toujours dans le four.
Mieux Tant être né de bons vents que de bonnes gens.
Porcher en ce monde, porcher en l'autre.
I/escargot est aussitôt que le lièvre à la Saint-Martin.
Tl faut prendre le temps comme il vient, les femmes pour ce qu'elles sont et l'argent pour ce qu'il vaut.
11 faut laisser les bornes où Charlemagne les a plantées.
(Fallpt.)
Celui qui sera mon curé, je serai son paroissien.
Il n'y a pas de si petit poutot (pot) Qui ne trouve son couvéquiot (petit couvercle).
La résignation est facile pour ceux qui sont dans une situation à n*en pas avoir besoin.
Pendant que le coq du coupeur, qui n'a rien à piquer (manger), chante que l'hiver est bien long, bien long, le coq du meunier lui répond qu'il passera bientôt.
On n'est sûr de rien.
On ne sait guère de quelle mort on doit mourir.
6é naigeou (nageur), Bé noyou (noyé).
Traîne-cul vit, lève-cul meurt.
il ne faut pas compter les œufs au cul de la poule.
Il ne faut pas dire : Fontaine, je ne boirai pas de ton eau.
Tel croit avoir des œufs au feu qui n'y a plus que des coquilles.
Tel croit n'avoir pas assez de farine qui a déjà trop de paon euit.
Quand vous ave* une bonne soupe de faîte , nn diable vient qui chie dedans.
Voici un apologue populaire destiné à ridiculiser ceux qui s'attribuent le mérite d'avoir réussi dans leurs affaires.
Un limaçon venait de passer sur un pont. A ce moment même, le pont s'écroula, et un lièvre, qui arrivait dessus à fond de train, fut précipité dans la rivière. Et le limaçon, continuant sa route, se disait tout glorieux : » Ce que c'est pourtant que d'être habUe I »
Quand une poule a enyie de perdre son œuf , il faut qu'elle le perde.
Nisi custodierit Dominus civitaiem, dit le Psalmiste, frustra vigilat qui custodit eam. Ce proverbe est invoqué souvent par des parents imbécilles qui croient s'excuser de n'avoir pas assez veillé sur leur fille.
§ 16. -— Savotr*faire et observationii.
Le hasard est un dieu dont tout le monde réclame un peu l'appui. Cependant il ne faut pas pour autant rejeter l'expérience et le travail. On doit, au contraire, estimer la science pratique comme la seule chose qui vaille et qui puisse contrebalancer la foriune. 11 faut, comme on disait à Sparte, invoquer celle-ci ; mais on doit l'invoquer en tendant la main, c'est-à-dire en se mettant à l'œuvre avec résolution.
C'est en forgeant qu'on devient forgeron.
Marchand de ciboule se connaît en ognons.
On n'apprend pas à sa mère à faire des enfants. Les vieux bœufs font les sillons* droits.
n n'est science que d'ouvrier.
Laissez faire la poule qui est à Toutau : si elle ne pique tôt, elle pique tard; elle sait bien où U y a à piquer.
Ne ft*arrêter que quand c'est fini.
Lai premère rô (sillon) Ne fâ pas jounau (journal ou travail d'un jour).
C'est au bout de Tordon Que se repose le compagnon.
Quand on travaille un champ à plusieurs, Yordon est la tâche que chacun mène devant soi.
On revient de tout, excepté de la mort.
La première manche (partie gagnée) ne mange pas tout!
U ne faut s'émeiller jamais que quand on voit sa tète devant ses pieds.
C'est bien là le Comtois à la tête de bois.
La situation règle forcément nos sentiments et nos actes.
Quand le palonnier tombe sur les talons, il faut débi< ter (avancer).
Nécessité Fait la vieille trotter.
Prends donc là enne graibeusse (une écrevisse),
dit le Comtois en étendant sa main ouverte 1 Voilà des nécessités de situation. En voici de caractère :
Un âne court au chardon et laisse la bonne herbe.
Pu lou boucot sent (plus un bouc pue).
Pu las cabs l'aimant (plus les chèvres Taiment).
Quand un chat est accoutumé de rater, il faut qu'il rate.
Envis se couche, Envis se lève.
Envis, invitus, malgré soi.
Gri se couche, Gri se lère.
Gri, pour envis. Avec le verbe être, gri signifie regrette, comme Ta fort justement fait remarquer M. Tissot : il m'en est gri, je le regrette.
On dit aussi : obéir gri, obéir en maugréant.
Un loup est un loup; il mourra dans sa peau, si on ne récorche yif .
Bète vai au melin (moulin) Béte en revin (revient).
II 7 a bien pitié aux pauvres gens.
Y ai pu de pidie ai in cudot Qu'ai enn orphenot.
Il y a plus de pitié au cudot qu^à Torphelin.
On donne ce nom de cudot, en Franche-Comté, à ces hommes stupides gui ont la manie d'entreprendre des négoces qu'ils ne connaissent point, de se lancer dans des affaires où ils ne voient goutte, de souscrire à des marchés où ils sont inévitablement dupes et refaits. Le cudot fait assez volontiers le commerce des vieilles rosses. Il va à toutes les foires, ne se commet jamais qu'avec des gens tarés, achète chat en poche et sur la parole de qui ne vaut rien, s'accommodant ainsi de tout, pourvu qu'il l'obtienne à crédit. Il finit invariablement par manger son bien, celui de sa femme et de ses enfants. Sa bêtise, ses marchés saugrenus, ses cuderies, en un mot, passent toute vraisemblance. On serait tenté de s'en indigner.
Hélas I le cudot n'est pas libre de faire autrement. Il n'a pas un jugement solide. Il y a donc pitié à lui plus qu'à un orphelin, qui, privé de ses guides naturels, a du moins un tuteur pour le diriger.
Malheur à Toiseau d'un mauvais nid.
Né dans un pauvre pays, Thomme s'y attache et y revient toujours.
Mal avisé n'est pas sans peine.
Quand chacun remesse (balaie) devant chez lai, chacun trouve du cheni (balayures).
Tout jugé qui doit porter la hotte.
C'est-à-dire, cela devait arriver.
Tôt prêché qui a envie de bien faire.
Enfant de bonne aire (nid) Par lui sait tout faire.
De bonne aire, airie, race.
11 ne faut pas montrer le lièvre au bon chien.
Puis, que savons-nous? La défiance et la dissimulation sont des qualités qu'on nous attribue volontiers, à nous Franc-Comtois, et non sans fondement. On nous dit cachotiers dans les plus petites choses.
Cela ressort des proverbes qu'on va lire.
Tout ce qui reluit n'est pas d'or.
Fiettou (ûatteur) Mentou (menteur).
Celui qui aime tout le monde n'aime personne.
Celui qui voit le pèlerin Ne sait pas lou mau que lou tint (le mal qui le tient).
11 vaut souvent mieux frapper à la porte d'un plaigneux que d'un vanteux.
11 n'y a pas de si longue corde qu'il n'y vienne un bout.
C'est pour ceux qui dépensent trop.
Las groues ousés las gix)ue8 nids!
Aux gros oiseaux les gros nids. Un riche a souvent de grosses dettes cachées.
Les grosses cordes font les gros nœuds.
Tout ce qui branle ne tombe pas; si tout ce qui branle tombait, il y a longtemps que la queue des Taches serait tombée.
Fille recherchée Fille mal placée. (Haute-Saône.)
Fille requise Est souvent mal mise. (Ornans.)
C'est-à-dire, une fille très-recherchée en mariage est souvent trompée : elle choisit mal.
Les nouveaux venus Font les cimetières bossus.
On se laisse prendre à la nouveauté.
Toutes les servantes font balai neuf.
Un balai neuf balaie très-bien, tant qu'il est neuf.
11 ne faut pas se moquer des gens Avant d'avoir pris leur argent.
N'a pas de foue du boue (hors du bois) qu'ai le cul dans las aironces (dans les ronces) !
La bique cache sa graisse.
Celui qui montre sa bourse montre son cul.
Tiens ta porte fermée, et ta rendras ta voisine muette.
On ne connaît bien quelqu'un que quand on a mangé un muid de sel avec lui.
11 y a un petit oiseau qui dit toujours : Foutu gueux ! foutu
gueux! Et un autre qui lui répond : Fie-t-à toi ! fie-t-à
loi !
C'est-à-dire, ne te fie qu'à toi-même.
On ne vaut pé (pis) que de sas gens.
C'est-à-dire qu'on est souvent trahi par ses proches.
Qu'est en pass'nerie (association fromagère) Est en cuss'nerie. (Tissox, Patois des Fourgs, BulL Soc.
d'emxiL du Daubs, 1864, p. 322.1
Celui qui est acwocié est accouplé, comme l'est une cuisse à l'autre. Il n'est pas sage de s'associer avec le premier venu.
Ces maximes sont en conformité parfaite avec les senliments d'un vnu Comtois.
vous traversez les plaines de la Bourgogne en auae , vous voyez le flnage couvert de meules éparses, Frandie-Comté, vous n'en voyez pas une : le Franctois empile ses gerbes et rentre son foin dans ses tiers. On prétend qu'il a plusieurs raisons topologiques ■ agir ainsi. Mais n'en aurait-il aucune qu'il fertùt ce . fait. L'homme de race, chez nous, est soupçonneux nature ; il ne compte pour bien tenu que ce qu'il tienl i clef, dans sa maison. Il ne dormirait pas tranquille, sentait sa récolte à l'abandon ; il rêverait qu'un voisin soigneux ramasse et s'approprie ses denrées, en fail'application de cette maxime du pays, que ce qu'on aie est pour ce qu'on perd.
0U9 sommes défiants. C'est un travers dont le temps rira sans doute nos arrière-petits-enfants.
Ce qui vient de pille-pille S'en retourne en guille-guille.
amme on dit ailleurs que : Ce qui vient de la flûte s'en ttme au tambour.
Il vaudrait niieux qu'un pays aiboulisse (soit aboli) Qu'on gueux s'enrichisse. {Traité de la prud., p. *i2.;
a dit encore communément. La morale a besoin de ction. Si un gueux prospère, l'honnêteté et la droiture lemment doivent en souffrir.
Querelle de gueux ne dure pas.
8 se raccommodent et vous tombent dessus.
Rancune de parents Ne dure pas longtemps.
La rancune des parents est une merde d'ouselot (de petit oiseau) qui est bientôt refroidie.
Il en est ainsi des brouilles de ménage :
En ménage, il 7 a une plume dans Toreiller qui rarange tout.
Quand las gouris sont trop gras, é cassant iout soût.
Ils cassent la hutte. II ne faut donc pas accabler de bienfaits un serviteur, par exemple, de peur qu'il ne vous plante là. On dit ailleurs : qu'ils renversent leur auge.
Quand le foin manque au râtelier, les ânes se battent.
On prête facilement du pain à celui qui a de la farine.
A pauvres gens Ni amis, ni parents.
Chacun songe à ses gerbes, quand il pleut.
Ma chair m'est plus près que ma chemise.
En France, on dit : Ma chemise m'est plus près que mon pourpoint.
C'est un bel oiseau que Taiguaisse (la pie), mais quand on l'ai prou vu, on s'en seule (lasse) !
Celui qui fait bien un panier, fait bien une charpigne (corbeille).
C'est pour dire que celui qui vole un petit objet en volera un grand à l'occasion.
La misère met ordre.
C'est un bel adage, fort en vogue dans nos pays.
Celui qui ne mange pas à la table Mange à Tétable.
(S. Fallot, Recherches sur le patois de Fr, -Comté,)
Les domestiques, à la campagne, mangent à la table de leurs msdtres.
Quand on veut tuer son chien on l'appelle cagne.
Ailleurs qu'en Franche-Comté, en Dauphiné, on dit qu'il a la rage ou la gale. Je trouve notre expression beaucoup plus fine, et voici poiu'quoi. Quand j'affirme que mon chien est cagne, c'est-à-dire paresseux, l'assertion est difficile à contester; le chien a tort, et la défense ne peut rien invoquer en sa faveur. Mais puis-je aussi bien soutenir qu'il est galeux ou enragé, si vraiment il ne Test pas?
On juge trop volontiers les autres par soi-même.
Celui qui est maréchal ^ croit que chacun ferre.
Celui qui est galeux se croit que chacun se gratte.
Celui qui est larron, Se croit que chacun lui est compagnon.
$ 17« — Réuples de ooiidalto«
11 ne faut pas fréquenter plus bas que soi.
Il ne faut pas peter plus haut que le cul,
c'est-à-dire, se faire plus gros qu'on n'est.
Pour vivre heureux, pas d'amourettes, Pas de procès et pas de dettes.
Celui qui gagne un procès revient en chemise, et celwi qui le perd revient tout nu.
Tô fâ, tô vin.
Ce qui veut dire : à qui fait tort, tort arrive.
Quand on a un toit de verre, il ne fout pas jeter de5 pierres sur le toit d'autrui.
Charles Weiss nous a cité souvent cette maxime, pour
nous engager à être moins agreaaifft diuis la Retnœ littéraire de Franche-Comté.
Faites un pont d'or à Tennemi qui s'en va.
En 1635, le marquis de Conflans laissa évacuer nos pays par les Suédois de Weimar, sans se mettre en travers de leur retraite, afin de ne pas s'exposer à des retours offensifs de leur part. Il se contenta d'opposer, en souriant, ce proverbe à la fougue des imprudents qui Tentouraient. (Voir Girai'dot de Nozeroy, Guerre de dix ans,)
Il vaut mieux souffrir d'un ^eux que le tuer, la gabelle s'en paie trop cher.
La gabelle, c'est le droit d'abattoir.
Il ne convient pas qu'une femme prête l'oreille à des
propos oiseux.
Femme qui écoute et ville qui parlemente sont bientôt prises.
II ne convient pas de trop parler.
Les paroles sont comme les pierres lâchées : elles n'ont pas de queue par quoi on puisse les retenir.
Celui qui cause trop est comme les mauvaises vaches : il a plus de gorge que de lait.
Les mauvaises vaches mangent beaucoup et ne donnent guère de lait.
Moins la roue (d'un char) est graissée plus elle crie.
Au curieux indiscret, on répond carrément, s'il demande :
Quoi de nouvé, noues gens ?
— Lou là monte et lou soulé dascend.
Le lard monte, puisqu'on en coupe des tranches par la partie inférieure, et le grenier baisse, puisque le tas de foin s'affaisse quand on en prend. Et le curieux est bien attrapé I
Où vas-tu? — A Vellegoindry Pour Vacheter an cheval giii.
Où vai tu T — Y vai jeusqu'ai Malche, Pou aicheta ne guipe ai noute vaicbe,
pour acheter une jupe à notre vache 1
Voiàqui s'adresse encore aux indiscrets :
Que mau acoute Mau raipoute,
Qui écoute à la porte Mal rapporte.
Las gens mau entendous (les gens qui entendent mal) Faut las gens mantous (menteurs).
C'est une source de mensonges. Mais l'indiscrétion est luelque chose de si .,. naturel, que la note patoise ne va las jusqu'au blâme.
U vaut mieux laisser (en mourant) à un ingrat qu'avoir besoin d'un ami.
D faut faire carnaval avec sa femme et P&ques avec son
curé.
L'usage veut qu'on soupe en famille à carnaval. Cejourà, on doit faire trêve aux disputes, et oublier, si l'on peut, e ressentiment des anciennes querelles de ménage. Quant i la confession pascale, on peut se confesser à d'autres qu'à ion curé, mais on doit communier dans sa paroisse.
Si un étranger vous quitte, vous devez lui adresser, par [nanière de salut :
Vous direz bien l'heure qu'il sera chez vous.
Pourquoi cela?
C'est qu'il est d'usage de dire à ceux qu'on rencontre tout au matin, bonjour; sur les onze heures, Dieu vous aide; dans l'après- midi, èom vêpres, et à la chute du
jour, bonsoir. Voilà pourquoi on dit à celui qui s^en va : Vms souhaiterez bien l'heure qu'il sera chez vous. C'est-àdire bonjour, si vous arrivez le matin, et bons vêpres, si vous n'arrivez qu'après midi.
En entrant dans une maison pendant la semaine des Rois, on devait ajouter autrefois à la formule ordinaire du salut : Je salue bien le roi et la reine, s'il y en a. Sinon on s'exposait à être mâchuré impitoyablement.
Si Mourey vous arrive à dîner, quand la table est déjà servie, vous lui dites :
Tôle fà pâqué (table fait pàquis), Mourey voit l'herbe.
C'est de la civilité rustique. La table est servie ; assiedstoi et mange.
$ i8« -- Moralltéii snspectes) contradlctloiis.
Pas vu, pas pris ; pas pris, pas pendu.
Honteux a tort, il est toujours le dernier servi.
Le diable n'est pas toujours à la porte d'un pauvre homme. (Ubique.)
On reprend son bien où on le trouve.
Ce qu'on trouve, c'est pour ce qu'on perd.
<i Dans l'ancienne coutume de Francbe-Comté , on s'en & tenait, sur l'acquisition des choses perdues et inanimées, Ti au droit romain, qui les donne à celui qui les trouve, et > s'en saisit, quand le maître n'en est pas connu. »
(Dunod, Sur la coutume,)
Mieux vaut tuer le diable que de dire que le diable vous tuel
Que U tt, fi li, jument dit l'ousé.
C'est un oiseau qui chante cette belle maxime : Comme il t'a fait, fais lui.
Celui qui fait comme son voisin Ne fait ni mau ni bia.
Bon bougre que lou & (qui Ip fait], Jeanfoutre que lou
dit (qui le dit] t
Des laideurs et des vices cachés sont souvent proQtables à celui qui les a.
Verrue de devant, Chagrin et tourment ; Vernie de darne (derrière) , Du pain ai maiugie (manger). |
Quand le soleil est couché, le valet ne doit plus rien & son maître. I
Tourne, soleil; les gens de jouroée voudraient te voir couché.
Descends, soleil ; enrage, maître.
Les mots ne puent pas.
Ce qui entre dans le corps ne souille pas l'&me.
En doublant les arrhes d'un marché on le rompt. Cette coutume existe aussi dans le Dauphiné et le Midi delà France.
Celui qui prend une cosse (courge), le diable en rit. C'est un petit vol, c'est un peu d'eau.
Changement de viande donne appétit.
Les débauchés l'entendent à la façon de Philipfus le lacédonien, qui convoitait souvent femmes d'autmi. m Un our , comme il en tirait une par force, maugré elle : jaissez-mot, sire, lui dit-elle, toutes les femmes sont unes,
f ^uandla chandelle est ^7^m/«/ » (Plutarque, Œuv. morales,
Un pet est une risée, une vesse est une querelle.
Si quelqu'un la dénonce, on ne manque pas de dire :
i C'est la poule qui chante qui a fait l'œuf.
Lou premé que l'o sentido Ç'o cetu que To butido. (Quercy.)
; On a beau dire que Dieu bénit les grosses familles, on I n'en appelle pas moins, en Franche-Comté, un enfant qui ; survient après plusieurs autres, un rogne-écuelle !
; Ce qui fait Tétourneau maigre, c'est la grosse bande.
Une truie qui a beaucoup de petits cochons t Ne peut jamais manger un bon étronc.
1 n existe dans les proverbes des contradictions parfois ; choquantes, mais elles sont plus apparentes que réelles, et I sexpliquent par Tinsufflsance de nos doctrines ou par \ la diversité des points de vue.
1 Jamais bon cheyal ne devient rosse.
[ A force de tirer, le cheval devient rosse.
L A bon chien, bon os.
I Jamais bon chien n'a bon os.
j Evidemment, en ce qui concerne les deux derniers dic- } tons, la contradiction n'est que dans les mots. Le premier
s'applique au bon serviteur, qui est choyé et bien nourri ; ; le second à une bonne fille, qui tombe trop souvent par le
mariage aux mains d'un homme indigne.
L'ételle sort du tronc.
On ressemble à ses parents, et pourtant :
A mère faisouse (active) Fille pairessouse (paresseuse).
On cite quelques proverbes qui préconisent la solidarité et le désintéressement :
Une main lave l'autre, c*est-à-dii*e un service en vaut un autre.
Quand chacun s'aide, personne ne se tue.
Quand il y en a pour trois, il y en a pour quatre.
Mais voici le revers de la médaille :
On n'a de bien que celui qu'on se fait.
Chacun attire l'eau à son moulin.
Enne fois mô (une fois mort) Guille de pô (merde de porc) !
C'est la traduction triviale du mot : Après moi le déluge!
Qui n'a rien et rien ne doit Est plus heureux que le roi.
Plaie d'argent n'est pas mortelle.
A quoi la finance répond :
Argent fait tout; argent comptant guérit des fièvres!
Le proverbe de la finance vous a un air de rondeur que n*ont pas les autres.