M»« DE L'AIGUILLE, M"* JEANNETON, M. DUBOIS PÈRE
Monsieur , y a-t-il quelque chose pour votre service; de la toile, des manchettes? c'est ici.
M. DUBOIS PÈRE
Madame, je vous demande bien pardon, j'ai oublié mes lunettes, et
Mmc DE L'AIGUILLE.
Monsieur, nous ne vendons pas de lunettes.
M. DUBOIS PÈRE
Je le sais bien, madame : mais c'est que je ne peux pas lire Tenseigne de quelqu'un que je cherche.
MIle JEANNETON.
Qu'est-ce que c'est, monsieur?
M. DUBOIS PÈRE
C'est celle de madame de l'Aiguille.
O02 l'écrivain
Mme DE LA1GUILLE.
Vous y êtes, monsieur, c'est moi-même.
M. DUBOIS PÈRE
Ah , madame , je suis bien votre serviteur.
Mme DE L'AIGUILLE.
Jeanneton, donne donc un tabouret à monsieur.
M. DUBOIS PÈRE
En voilà un , Mademoiselle , ne vous d rangez pas. Ft puis je serais bien resté debout, surtout autrefois ; parce que je suis accoutumé à tout. (U s'assied.) Madame, c'est que je voudrais bien acheter une ou deux, paires de chaussons -y c est selon le prix que vous me les îerez payer.
Mme DE L'AIGUILLE.
Monsieur , si vous voulez du bon , il ne faut pas épargner; voulez-vous quelque chose de résistance?
M. DUBOIS PÈRE
Oui , je veux du meilleur.
Mme DE L'AIGUILLE.
Jeanneton, donne à monsieur de ceux marqués N.
Mlle JEANNETON , donnant un paquet.
Les voilà justement.
Mme DE L'AIGUILLE.
Tenez , monsieur , voilà ce qu'il vous faut.
M. DUBOIS PÈRE
Seront -ils assez grands? car j'ai des cors à tous les doigts des pieds.
Mme DE L'AIGUILLE.
C'est là ce que nous vendons duns ces cas-là.
M. DUBOIS PÈRE
Et cela vaut, en conscience?....
Mme DE L'AIGUILLE.
Dix sous la paire ; mais je ne veux pas gagner avec vous, je vous les donnerai à neuf sous.