M1^6 LOUVIER
C'est fort bien. C'est donc là que vous avez appris que l'on avait de l'amour? Tout cela n'est qu'un nom, c'est de l'amitié qu'il faut dire; et une fille ne doit jamais prononcer le nom d'amour, entendez-vous.
Mlle JAVOTTE.
Oui, maman; mais si ce n'est pas la même chose?
Mme LOUVIER.
Comment, et pourquoi ne serait-ce pas la même chose?
M!lé JAVOTTE.
Je m'entends bien, maman. Tenez, l'amitié, c'est, je crois, ce que je sens pour vous; pour ma tante, pour ma cousine...
M,lie LOUVIER.
Oui, c'est vrai.
Mlle JAVOTTE.
Et l'amour est une autre amitié que Ton sent pour. . . .
Mme LOUVIER.
Achevez, pour?
Mlle JAVOTTE.
Pour des hommes.
Mme LOÛVIER.
Pour des hommes? Mais est-ce que vous n'avez pas aussi de l'amitié pour votre oncle?
Mlle JAVOTTE.
Oui; mais ce n est pas là ce que je veux dire.
Mme LOUVIER.
Allons, allons, vous rêvez. Croyez-moi, c'est ce que vous avez de mieux à faire.
MUe JAVOTTE.
Je le sais bien, maman.
Mme LOUVIER.
Si vous le savez, pourquoi donc avoir des idées comme cela?
M1,e JAVOTTE.
Mais , maman , ce n'est pas ma faute, elles viennent sans que j'y pense.
Voilà qui est bien; ne parlons plus de cela.
ÎM1,e JAVOTTE.
Comme vous voudrez, maman.