JUSTINE, ROSALIE, M. RAIMON), M™ LOUVIER, M"° JAVOTTE, GRAJSD-PIERRE
JUSTINE.'
Grand-Pierre!
GRAND-PIERRE
Mademoiselle?
JUSTINE
Tiens, voilà sa réponse.
GRAND-PIERRE
C'est bon.
ROSALIE
Ah! voilà M. Rainiond.
JUSTINE, effrayée.
Il veut entrer chez madame Louvier, je crois.
GRAND-PIERRE
Oh, nOUS Sommes perdus! (Il court écouter ce que dit M. Raimond.)
M. RAIMOND, croyant mademoiselle Javotte seule, ne voyant pas sa mèr&.
Mademoiselle, je vous apporte moi-même....
Mme LOUVIER, se levant.
Monsieur, qu'est-ce qu'il y a pour votre service?
M. RAIMOND
Madame Mais je me trompe je cherchais je
croyais que c'était ici l'enseigne de la Lune-d' Argent.
BIme LOUVIER.
Non, monsieur; c'est dans la rue Thibaulode", la deuxième rue après celle-ci.
M. RAIMOND
Madame, je vous demande bien pardon.
Mme LOUVIER.
Monsieur, il n'y a pas de mal.
M. RAIMOND
Je suis bien votre très-humble serviteur.
Mrae LOUVIER.
Et moi, monsieur, votre très-humble servante.
M. RAIMOND, à Grand-Pierre qui vient au-devant de lui.
Ah! Grand-Pierre, je viens de faire une terrible faute.
GRAND-PIERRE
Eh , je vous ai bien vu.
J'ai cru mademoiselle Javotte seule J'ai penr qu'elle ne
soit fâchée contre moi .
GRAND-PIERRE
Et que n'attendiez-vous aussi ce quelle vous manderait?
M. RAIMOND
Eh, vraiment oui; mais quand je ne la vois pas, je veux la voir; quand je la vois, je veux lui parler, et puis... Mais, dismoi, ma-t-elle fait réponse?
GRAND-PIERRE
Oui, monsieur, la voilà.
M. RAIMOND
Que tu es heureux! tu lui parles comme tu veux, toi. (il lit.) Hum, hum, hum — Ah, toujours charmante! Hum, hum,
hum Oui, oui, cela ne m'arrivera plus, bien sûrement.
Hum, hum, hum — Comment ne l'aimerais- je pas? Hum.
hum, hum. . ... Un bonnet à la grippe? où trouverai-je cela?
GRAND-PIERRE
Un bonnet à la grippe?
M. RAIMOND
Oui; qu'est-ce que c'est que cela?
GRAND-PIERRE
Ma foi, je n en sais rien. Un bonnet? Ce ne peut être que pour elle. Les marchandes de modes vous diront cela.
Las marchandes de modes? Je crois que tu as raison. (Délies qui demeurent là, sont-elles habiles?
GRAND-PIERRE
Oh! monsieur, ce sont les plus fameuses de Paris.
M. RAIMOND
Allons, je Vais V entrer. (Donuantun petit paquet à Grand-Pierre.,
Tiens, tache, dès que tu le pourras, de donner ceci à mademoiselle Javotte, et de lui dire que je suis bien fâché de n'avoir pas vu sa mère; que je n'aurais pas tent '• de lui parler malgré elle; que je lui en demande bien pardon. Entends-tu?
GRAND-PIERRE
Oui, monsieur.
M. RAIMOND
Je dirai qu'on te donne le bonnet à la grippe; et je t'apporterai une lettre d'excuses pour mademoiselle Javotte, que tu lui donneras avec.... Tu comprends bien?
GRAND-PIERRE
Oui, oui, monsieur; ne vous embarrassez pas. Je m'en vais entrer chez elle; et dès quelle sera seule, je lui remettrai cela.
M. RAIMOND
C'est fort bien; je vais acheter ce bonnet qu'elle me demande.
GRAND-PIERRE
Allez, allez; ces demoiselles vous serviront bien, (il entre che*
madame Louvier, et M. Raimond entre chez Justine et Rosalie.)