‹ Proverbes dramatiques de Carmontelle (volume 2)Chapitre 35 sur 236 · M. D'OR BEL · texte numérisé non relu

M. D'OR BEL

A l'opéra ?

M. DE GRAND-FRÉ

Hélas! oui.

M. D*ORBEL.

C'est une chose cruelle . que le grand deuil empêche d'aller au spectacle.

M. DE GRAND-PRÉ

Pourquoi cela ? Il ne peut plus m'intéresser.

m. d'orbel.

Sans doute ; mais revoir des lieux chéris par ce qu'on a autant aimé.

M. DE GRAND-PRÉ

Il est vrai que c'est une douceur de moins ; mais le spectacle ne me sera plus rien.

m. d'orbel.

Je le^ crois bien. Cependant , pensant comme toi, j'aimerais à revoir sa petite loge, à m'asseoir à la place queile occupait.

M. DE GRAND-PRÉ

Sûrement , ce serait une sorte de consolation ; mais cela n'est pas possible.

M. D'ORBEL.

Je ne sais pas.

M. DE GRAND-PRÉ

Que dirait-on de moi?

M. d'eRVIÈBE.

Quelle idée! En vérité, d'Orbei, pourquoi lui donner de nouveaux regrets ?

M. d'orbel.

Au contraire , et il me vient une idée.....

M. d'erviere.

Comment?

M. d'oRBEL.

Oui , il faut absolument l'exécuter tout à l'heure.

m. d'ervière.

Qu'est-ce que c'est?

m. d'orbel. Allons, Grand-Pré, viens avec nous.

M. DE GRAND-PRÉ

Où cela?

M. D'ORBEL.

Au bal de l'opéra ; personne n'en saura rien ; je vais te douner un domino ; nous nous masquerons tous les trois , et nous n'emmènerons pas nos gens.

M. DE GRAND-PRÉ

Mais

M. D'ORBEL.

Point de résistance (Le faisant lever.) Le motif est louable.

M. DE GRAND-PRÉ

En vérité

M. d'orbel.

Il n y a pas à délibérer.

M. DE GRAND-PRÉ

Vous êtes mes amis

m. d'orbel.

Sans doute , partout.

TO/f LE VEUF.

M. DE GRAND-PRÉ

Allons , puisque vous le voulez ; mais vous me répondez du plus grand secret?

M. D'ORBEL.

Oui , oui.

( M. d'Orbel et M. d'Ervière l'emmèneut en le faisant marcher devant eux . «t eu riant derrière lui.)

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