M. D'OR BEL
A l'opéra ?
M. DE GRAND-FRÉ
Hélas! oui.
M. D*ORBEL.
C'est une chose cruelle . que le grand deuil empêche d'aller au spectacle.
M. DE GRAND-PRÉ
Pourquoi cela ? Il ne peut plus m'intéresser.
m. d'orbel.
Sans doute ; mais revoir des lieux chéris par ce qu'on a autant aimé.
M. DE GRAND-PRÉ
Il est vrai que c'est une douceur de moins ; mais le spectacle ne me sera plus rien.
m. d'orbel.
Je le^ crois bien. Cependant , pensant comme toi, j'aimerais à revoir sa petite loge, à m'asseoir à la place queile occupait.
M. DE GRAND-PRÉ
Sûrement , ce serait une sorte de consolation ; mais cela n'est pas possible.
M. D'ORBEL.
Je ne sais pas.
M. DE GRAND-PRÉ
Que dirait-on de moi?
M. d'eRVIÈBE.
Quelle idée! En vérité, d'Orbei, pourquoi lui donner de nouveaux regrets ?
M. d'orbel.
Au contraire , et il me vient une idée.....
M. d'erviere.
Comment?
M. d'oRBEL.
Oui , il faut absolument l'exécuter tout à l'heure.
m. d'ervière.
Qu'est-ce que c'est?
m. d'orbel. Allons, Grand-Pré, viens avec nous.
M. DE GRAND-PRÉ
Où cela?
M. D'ORBEL.
Au bal de l'opéra ; personne n'en saura rien ; je vais te douner un domino ; nous nous masquerons tous les trois , et nous n'emmènerons pas nos gens.
M. DE GRAND-PRÉ
Mais
M. D'ORBEL.
Point de résistance (Le faisant lever.) Le motif est louable.
M. DE GRAND-PRÉ
En vérité
M. d'orbel.
Il n y a pas à délibérer.
M. DE GRAND-PRÉ
Vous êtes mes amis
m. d'orbel.
Sans doute , partout.
TO/f LE VEUF.
M. DE GRAND-PRÉ
Allons , puisque vous le voulez ; mais vous me répondez du plus grand secret?
M. D'ORBEL.
Oui , oui.
( M. d'Orbel et M. d'Ervière l'emmèneut en le faisant marcher devant eux . «t eu riant derrière lui.)