ÎOS LE PETIT-MAÎTRE
LE MARQUIS
Je ne plaisante pas non plus. Je tous ai surpris hier, la Comtesse et toi, dans un moment où je crois que vous vous disiez peu de chose ; cependant peu à peu j'ai vu ma présence vous contrarier, et je ne suis sorti que lorsque j'ai été hien sûr que vous ne vous retrouveriez plus seuls de la journée.
LE CHEVALIER
Quoi, tu Tas fait exprès ? Quelle méchanceté!
LE MARQUIS
Au contraire : je vous ai servis , j'ai ranimé votre langueur, et votre soirée a dû être charmante : la quantité de choses que vous aurez eu envie de vous dire, et auxquelles vous n'auriez pas pensé étant seuls! L'occupation continuelle de vous chercher, de retrouver dans les yeux l'un de l'autre le même sentiment , n'est-elle pas toujours un nouveau plaisir?
LE CHEVALIER
Il est vrai
LE MARQUIS
Que les obstacles se présentent sans cesse , et vous serez tous les deux presque constants. Que vous aimiez moins, et vous serez heureux. Te voilà hien surpris?
LE CHEVALIER
Je l'avoue.
LE MARQUIS
D'n amour trop fort anéantit la gaieté ; il fait perdre toutes les grâces de l'esprit : une première passion est comme 1 eau d'un torrent qui court rapidement se réunira l'immensité des mers , pour éprouver des tempêtes ou un calme insipide. Les autres passions, pins légères, ressemblent à l'eau d'une fontaine qui prend sa naissanceenlreles fleurs d'une prairie agréable , qui les caresse , se répand à droite et à gauche , mais qui se réunit souvent et reprend plus de force , lorsque les obstacles se présentent. Quelle image est pins riante? et qu'il est doux de voir couler ainsi ses beaux jours! Combien on voit d'hommes qui ont eu celle conduite , qui même ne sont pins jeunes, être fêlés , cités, prônés, courus encore par la plus