SCENE III
M°>eDE GERCOURT, LE COMTE, DUMONT.
DUMONT 5 annonçant.
M. le comte de Tourmont.
M™« DE GERCOURT
Quoi , c'est vous , monsieur le Comte î (Elle se lève.)
LE COMTE
Que faites-vous donc , madame? Mais qu'avez- vous J Vous me paraissez bien abattue.
M"'« DE GERCOURT
Je n'ai rien, monsieur. Mais comment êtes-vous ici aujourd'hui?
LE COMTE
Moi , madame I où puis- je être mieux ? Si vous saviez avec quelle impatience j'attends le moment de vous voir...
3jme DE GERCOURT.
Moi? Celui-là est merveilleux! Je vous jure que je ne m'y attendais pas.
LE DIAMài^T. 2J l
LE COMTE
Que voulez- VOUS donc dire, madame? Vous me dc'sespérez , réellement.
W"^ DE GERCOURT
Y ollà , par exemple , ce qu« je ne crois pas : tenez , sojez vrai. Je ne trouve pas que vous ayez tort j vous avez pu croire que je vous aimerais...
LE COMTE
Comment î me serais-je abusé? Vous me faites trembler!
M^e DE GERCOURT.
]Non, monsieur, je ne vous fais pas trembler. Laissez-moi dire. Je crois que j'ai pu vous paraître aimable : mais à la longue , ou ne paraît pas toujours la même ; il y a tant de femmes qui ont Tart de plaire , qu'il n'est pas difficile d'en trouver qui puissent vous paraître mieux que moi.
LE COMTE
Je ne comprends pas. . .
jyjme £,E GERCOURT.
Cela n'est pas difficile cependant; quand j'aime, à peine l'exprimai-je : j'ai une façon d'être toute particulière. Les hommes aiment les femmes vives , je ne le suis pas , ce n'est pas votre faute. Vous trouvez mieux, cela est tout simple.
LE COMTE
Mieux , mieux ! Mais , madame...
M^ie DE GERCOURT.-
Non, je vous dis vrai, la Présidente vous convient^ et si j'étais homme , je sens que je Taimerais.
LE COMTE
La Présidente ! à peine lui ai-je pailé jamais.
M'^'e DE GERCOURT.
Quoi! hier, pendant le souper... Là, pouvez-vous nier?
LE COMTE
Je ne nie pas qu'elle m'a demandé quand j'irais à Versailles, et que je lui ai répondu que je n'en savais rien .
M'ne DE GERCOURT,
Mais en répondant cela , on ne regarde pas une femme jusque dans le fond de Tànie , et on ne Tattend pas pour lui donner la main après le souper, quand on n'a pas autre chose à lui dire. Je ne suis pas jalouse au moins , n'allez pas le croire ce n est pas un reproche.
LE COMTE
Vous seriez bien fâchée que je le crusse ; tant je vous suis indifférent.
M^c DE GERCOURT.
Indifférent! non j j'aide Tamitié pour vous.
LE COMTE
Ah, madame, cessez ce tonj vous m'accablez, vous me désespérez ; je ne vois que vous au monde capable de m'attacher, je neveux vivre que pour vous.
On dit toujours cela.
LE COMTE
On peut le dire j mais on ne le sent pas comme je le sens -, et je jure que jamais., .
M"»^ DE GERCOURT
Pourquoi cet empressement pour la Présidente? Car , si vous voulez que je vous l'avoue, cela m'a véritablement fâchée. Une femme qu'à peine vous connaissez...
LE COMTE
Eh , madame , pourquoi ne me l'avoir pas dit ? Je n'ai même rien lu dans vos yeux qui me l'annonçât.
Mni«^ DE GERCOURT.
Parce que je voulais. . .
LE DIAMAKT. 2 ! , )