SCENE IV
M'HcDE GERCOURT, LE COMTE, HENRIETTE,
IRAEL du côté du Comte.
HENRIETTE
Madame a sonné , je crois?
aime DE GERCOURT.
Non, mademoiselle. Eh bien , pourquoi donc laisser entrer cet homrae-là 7
IKAEL.
Monsieur Comte , si vous êtes ami de matame , c'est un marché t'or.
Qu'est-ce que c'est?
M™« DE GERCOURT
Allons , je n'en veux point. Mademoiselle , je vo ns en prir. faites-le sortir. •
HENRIETTE
Mais, madame, que M. le Comte juge.
IKAEL.
Oui , monsieur Comte , c'est un tiamant qui na pas sa pareil dans tout la monde entier.
LE COMTE
Un diamant? Voyons.
M™e DE GERCOURT.
Non, ne regardez pas cela : d'ailleurs je n'en ai que faite.
LE COMTE
Il est fort beau, combien veux- tu le vendre?
IKAEL.
Je tirai à monsieur Comte, il me connaît pieu. A Metz, monsieur Comte , vous savez pien que j'étais connu dans la régiment?
LE COMTE
\ lions, finis.
2l4 i^E DIAMANT.
Monsieur Comte, je tis ste tiamant, il faut touze mille francs, comme je suis moi un Juif. Eb pien, je tonne à matame pour six mille francs.
LE COMTE
Six mille francs?
IKAEL.
Oui, pas plis.
M^^ DE GERCOURT
Je n'en ai que faire.
LE COMTE, à Henriette.
Est-ce un bon marché, réellement?
HENRIETTE
Oui, vraiment, très-bon.
LE COMTE
Pourquoi donc ne le prenez-vous pas, madame?
M^e DE GERCOURT.
Parce que j'en ai assez d'autres.
LE COMTE
Je crois deviner... Le trouvez- vous beau?
M"'« DE GERCOURT
Mais je ne l'ai pas trop vu, je ne veux pas ctre tentée.
LE COMTE
Regardez-le : il me paraît très-brillant^ et s'il vous convient, il n'y a pas à hésiter.
M™« DE GERCOURT
Il est très-agréable... mais...
LE COMTE
Vous n'avez pas d'argent peut-être?
M°^^ DE GERCOURT
Non, je n'en veux point, absolument.
LE COMTE
Mais si c'est cela, il ne faut pas laisser échapper cette occasion-ci.
IKAEL.
CAïf c'est un pon occasion.
LE COMTE
Je me charge de le payer, et vous me le rendrez quand vous voudrez.
M™e DE GERCOURT.
Non, je ne veux pas devoir absolument.
LE COMTE
Am^oi, sans doute; car qui est-ce qui ne doit pas?
M°ie DE GERCOURT.
A VOUS, ni à personne, que pour des choses indispensables.
LE COBITE.
Prenez- le toujours, si vous vous en dégoûtez, vous me le rendrez, ou vous me le paierez; vous ferez ce qu il vous plaira. Toi, Ikael, attends-moi là-dedans. Je te donnerai ton argent chez moi, où je vais retourner.
IKAEL.
Matame, il garde ton la bague?
Mme £)E GERCOURT.
Oui, oui, puisque le Comte le veut. En vérité, monsieur le Comte, je ne sais pas encore quand je pourrai vous rendre cet argent-là': il faudra que nous prenions des arrangements.
LE COMTE
Je ferai tout ce qu il vous plaira.
IKAEL.
Monsieur Comte, matame, matemoiselle, je suis pien pour
vous servir, (il veut s'en aller.)
LE COMTE
Attends -moi.
IKAEL.
Ah! monsieur Comte, je suis pas pressé.
2l6 LE DIAMAINT.