M'"^ DE GERCOURT, LE COMTE, HENRIETTE
^me DE GERCOURT.
Il est véritablement très-beau ce diamant -là, et je crois avoir fait un très-bon marcbé^ mais, Comte, je crains que cela ne vous dérange.
Moi, madame! je vous jure que non; n ayez donc pas celle crainte-là.
M™^ DE GERCOURT
Mademoiselle, ne le trouvez-vous pas beau?
HENRIETTE
Oui, madame, et je suis bien aise que vous l'ayez acbelé.
M™e DE GERCOURT.
Ab, mon dieu! Mais je n'y pensais pas; me voilà dans le plus grand embarras : c'est comme si je ne l'avais pas ce diamant.
LE COMTE
Et pourquoi?
M°ie DE GERCOURT,
Parce qup je n'en pourrai pas faire usage, je ne pourrai pas le porter.
LE COMTE
Comment?
JSÏ^^ DE GERCOURT.
Mon mari connaît tous mes diamants, et il sait bien qu'il ne me donne pas assez pour que je puisse acbeler quelque cliose de ce prix-là.
LE COMTE
Votre rédoxiou est embai rassanle.
M'ne DE GERCOURT.
Je suis désespérée. Il faut que je m'en délacbe absolument, et que le Juif le reprenne.
LE COMTE, avec joie.
Madame, il me vient une idée admirable! Il faut que le Juif le reprenne, oui : écoutez, écoutez j c'est délicieux!
IVjme DE GERCOURT.
Dites donc?
LE COMTE
Ikaèl le portera à votre mari, il le lui donnera pour cent louis j le bon marché le tentera, et il Tachètera pour vous le donner.
jVjme j)E GERCOURT,
Oui, votre idée est plaisante, et je gagnerai même à cela cent louis que je vous devrai de moins.
LE COMTE
Mademoiselle Henriette, faites entrer le Juif.
M™^ DE GERCOURT
En vérité, Comte, vous êtes ravissant ! Je n'aurais jamais eu l'esprit d'inventer cela.
LE COMTE
Croyez-vous encore à la Présidente?
M^e DE GERCOURT.
Allons, allons, ne parlons plus d'elle.
HENRIETTE
Je vais donc faire entrer le Juif?
]Vime DE GERCOURT.
Oui, oui.
HENRIETTE
Monsieur Ikaël !