‹ Proverbes dramatiques de Carmontelle (volume 3)Chapitre 127 sur 206 · SCENE VI · texte numérisé non relu

SCENE VI

M"« DE GERCOURT, LE COMTE, HENRIETTE, IRAEl

LE COMTE

Ikaèl, écoute bien ce que je te vais dire. IKAEL.

Oui, monsieur Comte.

2l8 LE DIAMAÏST.

LE COMTE

Voilà la bague qa il faut que tu reprennes. . .

IKAEL.

Quoij matame il ne veut plisj c'est un grand tort, il est un fort pon marché, pour véritablement.

LE COMTE

Ce n'est pas celaj il faut que tu la donnes à M. de Gercourt, le mari de madame, pour cent louis.

IKAEL.

Ah, monsieur Comte, je ne veux pas moins de six mille francs, en conscience j c'est comme je tis.

On te la paiera toujours six mille francsj mais tu la donneras à M. de Gercourt pour cent louis. . .

IKAEL.

Mais, monsieur Comte, il fait un plaisanterie^ cent louis il fait pas six mille francs.

LE COMTE

Non, mais cela fait deux mille quatre cents livres.

IKAEL.

Eh pieu, monsieur Comte, fous foyez pien que je ne peux pas pour teux mille quaU'e cents livres.

LE COMTE

]Son;mals je te donnerai trois mille six cents livres, moi, pour le reste du paiement.

IKAEL.

Ah! je comprends fort pien; fous achetez à fous teux, fous, monsieur Comte, et M. Gercourt encdre.

LE COMTE

Ouij c'est cela.

M°'e DE GERCOURT.

Mais il ne faut pas quil aille dire à mon mari que vous paierez le reste.

IKAEL.

Il faut pas?

LE DIAMAî?îT. 210

IS on, vraiment. Tiens, Henrielle te mènera chez lui , ou bien où il sera. El lu lui diras que celte bague est à vendre pour six mille francs. S'il n'en veut pas pour ce prix là , tu diminueras jusqu'à cent louis. Pour lors il la prendra, il te donnera cent louis , et je te donnerai le reste.

IKAEL.

Je comprends fort pon ; c'est pour lui faire croire encore un plus pon marclié que six mille francs,

LE COMTE

Oui ; et tu ne lui parleras pas de moi , ni de madame.

IKAEL.

Ob, laissez faire j je suis assuré à présent avec la tiamant. Où faut-il porter?

M™« DE GERCOURT

Henriette te le dira 5 et quand il en sera temps. . .

IKAEL.

Ab , pon , pon .'

HENRIETTE

Madame, je crois que voilà monsieur.

M™e DE GERCOURT.

Mon carrosse doit être au bout du jardin , sur le remparl.

HENRIETTE

C'est monsieur , lui-même.

M"^« DE GERCOURT

Eb bien , je m'en vais. Reste ici ; il ne saura pas que je serni sortie : il y viendra sûrement. Venez , Comte.

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