SCENE VIL
M. DE GERCOURT, HEINRIETTE.
M. DE GERCOURT, avec des papiers à la main.
OÙ est madame de Gercourt, mademoiselle? Je la croyais
HENRIETTE
Monsieui' ; elie vient de sortir dans Tinstant par la porte du rempart.
M. DE GERCOURT, s'asseyant et lisant ses papiers.
Et reviendra- t-elle souper 7
HENRIETTE
Oui , monsieur j car elle se plaignait encore ce matin qu elle ne vous voyait presque plus.
M. DE GERCOURT , lisant.
Oui , je crois que c'est bien là ce qui Toccupc I Je souperai pourtant ici aujourd'hui.
HENRIETTE
Cela lui fera grand plaisir.
M. DE GERCOURT , lisant.
Mademoiselle... auriez-vous une écritoire?
HENRIETTE
Oui y monsieur , en voilà une.
M. DE GERCOURT , essayant d'éjrire.
Mais cela n'écrit non plus... C'est bien là une ëcritoire de femme î Je vous en prie, dites qu'on me fasse venir mon caissier , ou M. Leuoir ^ c'est égal,
HENRIETTE
Monsieur, ils n'y sont pas.
M. DE GERCOURT , écrivant.
Coaiment, il n'y a personne au bureau?
HENRIETTE
Non , parce que madame a donné sa loge de la comédie à ces messieurs, et ils y sont allés.
M. DE GERCOURT , écrivanl.
C'est bien nécessaire que des commis aillent à la comédie î Mais je sais bien pourquoi; c'est que cette femme -là n'a jamais le sou, et qu'elle se fait avancer ses quartiers par le caissier,
HENRIETTE
C'est bien vrai, monsieur^ qu'elle n'a pas d'argent. Si elle
LE DIAMANT. 22 i
en avait eu, je lui aurais fait faire aujourd'hui un bon marché^ mais je n'ai pas voulu seulement lui en parler.
M. DE GERCOURT , écrivant.
Vous avez bien fait -, et vous devriez , si vous lui êtes attachée , chasser tous ces petits marchands qui viennent sans cesse , et qui sont une source de ruine pour les femmes.
HENRIETTE
C'est aussi ce que je fais toujours. Monsieur, si vous vouliez voirie marché dont je vous parle...
M. DE GERCOURT, écnvant.
Je n'ai point d'argent, mademoiselle.
HENRIETTE
Cela ne fait rien : je vais toujours vous l'aller chercher.
M. DE GERCOURT , écrivant.
Cela est inutile.
(Henriette sort et va chercher Ikaèl.)