M. DE GERCOURT , M. DE MIREVAULT , CHAMPAGNE
CHAMPAGNE
M. de Mire^ault.
BI. DE GERCOURT
Mon frère? (il se lève.) Et par quelle aventure à cette heure-
M. DE MIREVAULT.
Je viens vous dire une nouvelle.
M. DE GERCOURT
Une nouvelle?
M. DE MIREVAULT.
Ouij nous marions ma fille.
M. DE GERCOURT
Ah, ail! Asseyez- vous donc.
(Ils s'asseyent.)
M. DE MIREVAULT.
J'ai trouvé un parti qui me convient.
Tant mieux ! Est-ce le trésorier des états de...
M. DE MIREVAULT.
Non, non j c'est un colonel.
M. DE GERCOURT
Un colonel?
M. DE MIREVAULT.
Oui , OU du moins qui en a la promesse ^ c'est un homme de grande qualité.
M. DE GERCOURT
Diantre !
M. DE MIREVAULT.
Ma fille sera présentée , et il pourrait même arriver , s'il mourait quelques parents.. ., vous m'entendez bien... , qn elle aurait le tabouret.
BI. DE GERCOURT
Et VOUS et votre femme , qu est-ce que vous auriez ?
• M. DE MIREVAULT.
Nous aurons que nous marierons bien notre fille.
M. DE GERCOURT
Oui , c'est une grande affaire que vous faites là. Et votre gendre est -il riche?
M. DE MIREVAULT.
Non , pas à présent j mais il a les plus grandes espérances.
M. DE GERCOURT
Enfin, vous êtes bien content?
M. DE MIREVAULT.
Oui , je voudrais voir votre femme pour [\^ en faire part.
M. DE GERCOURT
Elle est sortie ^ mais je me charge de le lui dire. Et comment s'appelle. . .
M. DE MIREVAULT.
Quoi y je ne vous Tai pas dit ?
M. DE GERCOURT
Non , vraiment.
M. DE MIREVAULT.
C'est le marquis de Ferville , vous le connaissez ?
M. DE GERCOURT
Sûrement.
M. DE MIREVAULT.
Vous voyez bien ?
226 LE DIAMA.NT.
M. DE GERCOURT
Oui , c est une très-bonne affabe.
M. DE MIREVAULT.
Je suis bien aise que tous Tapprouviez. Ah çà , je lu eu vais y car j'ai mille choses à acheter, des étoffes, des diamants. . ,
M. DE GERCOURT
Est-ce que tous vous connaissez en diamants?
M. DE MIREVAULT.
Oui, vraiment, et très-bien même.
M. DE GERCOURT
Tenez, vovez un peu cela. 0
M. DE MIREVAULT,
Ah , ah î c'est fort beau !
M. DE GERCOURT
Qu'est-ce que cela vaut?
M. DE MIREVAULT.
Mais , attendez. Cela vaut douze mille francs , et au meilleur marché dis.
M. DE GERCOURT
Vous le croyez ?
M. DE MIREVAULT.
Je vous dis ^ejemV connais très-bien.
BI. DE GERCOURT
Devinez combien il m'a coûté j c'est un hasard.
M. DE MIREVAULT.
Huit mille francs ?
Pas tant.
M. DE mirï:vault.
Si vous l'avez eu pour six, c'est pour rien.
M. DE GERCOURT
Il ne me coûte que cent louis.
M. DE MIREVAULT.
Cela est inconcevable j car il est admirable.
M. DE GERCOURT
Je vous dis vrai.
M. DE MIREVAULT.
Pardi j vous devriez bien me le céder j c'est un hasard unique.
M. DE GERCOURT
Je ne le peux pas, je Tai acheté pour madame de Gercourt.
M. DE MIREVAULT.
Elle en a tant ! et vous me feriez le plus grand plaisir du monde.
M. DE GERCOURT
Eh bien , écoutez , arrangeons-nous.
M. DE MIREVAULT.
Je ne demande pas mieux.
Vous Tavez estimé dix mille francs?
M. DE MIREVAULT.
Oui j est-ce que vous voulez me le vendre cela ?
M. DE GERCOURT
Fi donc ! Voici ce que je veux dire • vous mariez ma nièce : je serai obligé de lui faire un présent.
M. DE MIREVAULT.
Eh bien, vous lui donnez ce diamant?
M. DE GERCOURT
Oui ; mais vous me rendrez mes cent louis.
M. DE MIREVAULT.
Mais ; vous ne lui donnerez rien par cet arrangement-là.
M. DE GERCOURT
Je NOUS demande pardon , et l'excédant des cent louis.
M. DE MIREVAULT.
Cela ne se peut pas , et vous vous moquez de moi.
M. DE GERCOURT
Non, je ne le cède qu'à cette condition.
M. DE MIREVAULT.
Cest un peu vilain ce que vous faites là.
M. DE GERCOURT
Vilain ou non, voyez si cela vous convient.
M. DE MIREVAULT.
Allons , comme vous voudrez.
M. DE GERCOURT
Vous me rendrez mes cent louis à votre aise , pourvu que je les aie demain avant midi.
M. DE MIREVAULT.
Oui , oui. (II s'en va.)