‹ Proverbes dramatiques de Carmontelle (volume 3)Chapitre 130 sur 206 · M. DE GERCOURT , M. DE MIREVAULT , CHAMPAGNE · texte numérisé non relu

M. DE GERCOURT , M. DE MIREVAULT , CHAMPAGNE

CHAMPAGNE

M. de Mire^ault.

BI. DE GERCOURT

Mon frère? (il se lève.) Et par quelle aventure à cette heure-

M. DE MIREVAULT.

Je viens vous dire une nouvelle.

M. DE GERCOURT

Une nouvelle?

M. DE MIREVAULT.

Ouij nous marions ma fille.

M. DE GERCOURT

Ah, ail! Asseyez- vous donc.

(Ils s'asseyent.)

M. DE MIREVAULT.

J'ai trouvé un parti qui me convient.

Tant mieux ! Est-ce le trésorier des états de...

M. DE MIREVAULT.

Non, non j c'est un colonel.

M. DE GERCOURT

Un colonel?

M. DE MIREVAULT.

Oui , OU du moins qui en a la promesse ^ c'est un homme de grande qualité.

M. DE GERCOURT

Diantre !

M. DE MIREVAULT.

Ma fille sera présentée , et il pourrait même arriver , s'il mourait quelques parents.. ., vous m'entendez bien... , qn elle aurait le tabouret.

BI. DE GERCOURT

Et VOUS et votre femme , qu est-ce que vous auriez ?

• M. DE MIREVAULT.

Nous aurons que nous marierons bien notre fille.

M. DE GERCOURT

Oui , c'est une grande affaire que vous faites là. Et votre gendre est -il riche?

M. DE MIREVAULT.

Non , pas à présent j mais il a les plus grandes espérances.

M. DE GERCOURT

Enfin, vous êtes bien content?

M. DE MIREVAULT.

Oui , je voudrais voir votre femme pour [\^ en faire part.

M. DE GERCOURT

Elle est sortie ^ mais je me charge de le lui dire. Et comment s'appelle. . .

M. DE MIREVAULT.

Quoi y je ne vous Tai pas dit ?

M. DE GERCOURT

Non , vraiment.

M. DE MIREVAULT.

C'est le marquis de Ferville , vous le connaissez ?

M. DE GERCOURT

Sûrement.

M. DE MIREVAULT.

Vous voyez bien ?

226 LE DIAMA.NT.

M. DE GERCOURT

Oui , c est une très-bonne affabe.

M. DE MIREVAULT.

Je suis bien aise que tous Tapprouviez. Ah çà , je lu eu vais y car j'ai mille choses à acheter, des étoffes, des diamants. . ,

M. DE GERCOURT

Est-ce que tous vous connaissez en diamants?

M. DE MIREVAULT.

Oui, vraiment, et très-bien même.

M. DE GERCOURT

Tenez, vovez un peu cela. 0

M. DE MIREVAULT,

Ah , ah î c'est fort beau !

M. DE GERCOURT

Qu'est-ce que cela vaut?

M. DE MIREVAULT.

Mais , attendez. Cela vaut douze mille francs , et au meilleur marché dis.

M. DE GERCOURT

Vous le croyez ?

M. DE MIREVAULT.

Je vous dis ^ejemV connais très-bien.

BI. DE GERCOURT

Devinez combien il m'a coûté j c'est un hasard.

M. DE MIREVAULT.

Huit mille francs ?

Pas tant.

M. DE mirï:vault.

Si vous l'avez eu pour six, c'est pour rien.

M. DE GERCOURT

Il ne me coûte que cent louis.

M. DE MIREVAULT.

Cela est inconcevable j car il est admirable.

M. DE GERCOURT

Je vous dis vrai.

M. DE MIREVAULT.

Pardi j vous devriez bien me le céder j c'est un hasard unique.

M. DE GERCOURT

Je ne le peux pas, je Tai acheté pour madame de Gercourt.

M. DE MIREVAULT.

Elle en a tant ! et vous me feriez le plus grand plaisir du monde.

M. DE GERCOURT

Eh bien , écoutez , arrangeons-nous.

M. DE MIREVAULT.

Je ne demande pas mieux.

Vous Tavez estimé dix mille francs?

M. DE MIREVAULT.

Oui j est-ce que vous voulez me le vendre cela ?

M. DE GERCOURT

Fi donc ! Voici ce que je veux dire • vous mariez ma nièce : je serai obligé de lui faire un présent.

M. DE MIREVAULT.

Eh bien, vous lui donnez ce diamant?

M. DE GERCOURT

Oui ; mais vous me rendrez mes cent louis.

M. DE MIREVAULT.

Mais ; vous ne lui donnerez rien par cet arrangement-là.

M. DE GERCOURT

Je NOUS demande pardon , et l'excédant des cent louis.

M. DE MIREVAULT.

Cela ne se peut pas , et vous vous moquez de moi.

M. DE GERCOURT

Non, je ne le cède qu'à cette condition.

M. DE MIREVAULT.

Cest un peu vilain ce que vous faites là.

M. DE GERCOURT

Vilain ou non, voyez si cela vous convient.

M. DE MIREVAULT.

Allons , comme vous voudrez.

M. DE GERCOURT

Vous me rendrez mes cent louis à votre aise , pourvu que je les aie demain avant midi.

M. DE MIREVAULT.

Oui , oui. (II s'en va.)

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