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§. VI. Proverbes controversés.
Les proverbes généraux ont puisé leur origine dans la nature même des choses. La sagesse est leur mère, la morale leur berceau , l'expérience leur tutrice. Ce sont des enfants qui peuvent se montrer partout le front levé; leur caractère est indélébile. Il n'en est pas de même de beaucoup de ceux qui doivent leur naissance à l'histoire ou à l'esprit de parti. Fruits du caprice ou du hasard , ce sont des bâtards qui cherchent l'obscurité , et qui, forcés souvent de rougir, se dérobent à l'opinion qui pourrait contester leur légitimité. Leur généalogie est un chaos pour les parémiographes. On en jugera par les citations suivantes:
Bourguignon salé. Suivant le Duchat , l'épithète de Bourguignon salé vient delà salade ou Bourgulgnotte, ornement de tête particulier à l'ancienne miUce bourguignonne. Ce sobriquet est attribué à l'opiniâtreté ou têtedure des Bourguignons, qu'effectivement d'Aubigné, page 207 de ses Tragiques, traite de Bourguignons testus, et a rapport aux démêlés des maisons de Bourgogne et d'Orléans qui ont donné lieu à l'ancien dicton.
Bourguignon salé , L'épée au côté , La barbe au menton, Saule Bourguignon!
Voici l'interprétation qu'en donne le chanoine ïuel.
II y avait h Aiguesmortes une compagnie de Bourguignons ; les bourgeois massacrèrent cette garnison, et de peur que l'odeur fétide des cadavres n'infectât l'air, ils
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firent un grand trou dans lequel ils les jetèrent et les couvrirent de sel. Pasquier, dans ses Origines, donne à co surnom une origine différente. Il la fait remonter au temps où les Bourguignons résidants au pays de delà le Rhin, étaient toujours en querelle avec les Allemands au sujet de leurs salines. « Ce qui nous peut donner à penser, dit il, que leurs voisins les voyant en ce point piqués et continuer leurs discordes au sujet du sel , s'induisirent facilement à les appeler salés.
Il souvient toujours à Robin de ses /luttes. Selon le Duchat , ce proverbe vient de ce qu'un bon ivrogne accoutumé à boire dans ces grands verres qu'on appelait /luttes, n'osant plus, à cause de la goutte, boire son vin que trempé , ne buvait jamais qu'il ne se ressouvînt de ses fluttes, et ne les regrettât. Je prie le lecteur de ne pas s'effaroucher de l'interprétation un peu graveleuse qu'en donne l'auteur des illustres piroverbes ; pour ménager la pudeur je la traduis ainsi : Agltur de, puellœ cujusdam lùslorlâ: susurrum ex ore infimo, dum nieiebat exsilientem, vociquesiblllanti consimllein audlens, sonltuque înaadlto attonita, suuni sic alloquebatur negotium. a^Sibillare ciipis amice, tiblâ tibi opus est, certe tibiam liabebis , moxqiLù amicum tibia donavit, sicut illi pollicita erat. n
§. VII. Proverbes particuliers à certains peuples.
Le proverbe est le trait le plus fidèle des pensées les plus intimes de presque tous les peuples , et l'expression la plus juste des sensations qu'ils éprouvent communément.
Voici un proverbe arabe qui décèle bien le caractère
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intéressé de celte nation : F inaigre domiè vaut mieux que miel acheté. Les Français , plus généreux , disent : A cheval donné , on ne regarde pas la bouche ou les dents .
Les Russes interprètent notre proverbe selon les gens , l'encens f de cette manière : on reçoit l*homm£> suivant L'habit qu il porte, et on le reconduit suivant C esprit qu'il a montré. Combien de gens perdraient et d'autres gagneraient à celte justice dislribulive! car l'habit ne fait pas le moine.
Les Italiens disent , con tempo e la paglia si maturan le nespole, avec le temps et la paille les nèfles mûrissent; ce qui correspond à notre proverbe , avec le temps et la patience» on acquiert la science.
Piien ne coule moins à donner qu'un conseil; aussi les Hollandais et les Flamands disent proverbialement, ceux qui conseillent ne payent pas, voulant faire entendre que conseiller n'est pas donner les moyens d'exécuter. Aujourd'hui ce proverbe a été bien modifié, car ceux qui conseillent sont grassement payés, souvent pour ne rien faire , quelquefois pour faire pis.
Les EspagDols ont Iq génie éminemment inspiré pour les proverbes. Les leurs ont tous un cachet sentencieux dont l'impression est profonde. L'espérance est le viatique de la vie humaine. — Les actions de chaque homme sont le pinceau de son naturel. — Celui à qui vous donnez l'écrit sur le sable, celui à qui vous ôtez le grave sur l'acier. Ils en ont cependant un qui , pour un peuple naturellement religieux jusqu'à la superstition, m'a paru entaché d'une teinte par trop philosophique. Lorsqu'ils veulent répondre à quelqu'un qui les entrelient d'un Ion lamenta-
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We d'une mort ou d'un événement tragique, ils disent , que ceux qui sont morts s'en aillent en terre , et que ceux qui sont vivants s'en aillent au cabaret. •
La différence des mœurs et l'esprit national des An glais, ont tracé une ligne de démarcation infinie entre les nôtres et le leur, de manière que rapprocher le sens et l'esprit de leurs proverbes, du sens et de i'rsprit des nôtres, serait une lâche fort difficile. Je me contenterai d'en citer quelques-uns pour ceux qui connaissent le génie de la langue anglaise; ils n'y trouveront, en les traduisant eux-mêmes, aucune analogie avec les nôtres , tant dans la pensée que dans l'expression. Il semble que les Anglais se soient étudiés à faire passer la singularité de leur esprit jusque dans leurs proverbes. Ils en ont surtout en politique qui ont une pointe d'originalité remarquable. Tel est celui-ci > brains and heads , not poivder and parukes must support a governement ; têtes et ccrveHes valent mieux que poudre et perruques pour soutenir un gouvernement. Ceux qui ont rapport à la conduite de la vie sont marqués à la fois au coin de la plaisanterie et de la satire^; that sick man does ill for hiniselfwlio makes his physieian his lieir , gare au malade qui choisit son médecin pour-héritier. The bestpliyslcians are doctor diet, doctor merryman, and doctor quiet, les meilleurs médecins sont le docteur gai , le docteur diète et le docteur tran quille. The kiln calls the oven burn house, la pelle se moque du fourgon. Bray a fool in a mortar he'll be nerer the wiser y à laver la tête d'un âne (ou d'un maure) on perd sa lessive. IVhatisgotoverthedevil'sback,tsspent under hisbelly, ce qui vient par la flûte s'en retourne par le tambour. Diamond against diamond, diamond eut dia-
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onond , se rend en français par à trompeur trompeur et demi.
§. VIII. Des Proi^erbes moraux qui ont rapport aux habitudes^ aux mœurs et aux usages.
Le propre des vieillards, dit Mercier dans sa Néologie, est de. p 7^01 er ht fier. Les hommes de génie, et leurs contraires, proverblfîent également.
L'habitude est une seconde nature, Consuetudo altéra natura. Les Italiens rendent bien ce proverbe par le suivant : l'usanza délia cunna diffici Intente s'annulla.
Oisiveté est la mère de tous les vices. Les Péruviens pu^ nissaient l'oisiveté comme le plus grand de tous les crimes, parce qu'elle est l'origine de tous ceux qu'on peut commettre, — Le farouche Dracon décerna la peine de mort contre la paresse et l'oisiveté. Solon permit à chacun d'accuser un homme oisif, et s'il ne se justifiait pas, il était déclaré infâme.
Contentement passe richesse. Les Italiens disent, chi a sanila, è ricco et 7ion lo sa. Les Espagnols expriment ce proverbe par cette pensée , la santé du corps est le pavot de l'âme.
Autant de têtes, autant d'avis; quot capita, totsensus. Ce qui démontre l'impossibilité de plaire à tout le monde , et encore qui plaît à tout le monde ne plaît à personne.
Une seule journée d'un sage, vaut m^ieux que toute la vie d'un sot. Ce proverbe si judicieux vient des Arabes , ainbi que cet autre, scmélcr des affaires d'autrui, c'est s'embarquer sur la mer.
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Tel peut qui ne veut, tel veut qui ne peut. C'csl ce qui arrive presque toujours dans ce monde; c'est selon moi, la meilleure analyse de tout le système des compensations humaines.
Etre sur un grand pied dans le monde. L'usage des souliers à la Poulaine, dans le XIV^ siècle , a donné lieu à ce proverbe. La longueur de cette chaussure devint la mesure de la considération. Les souliers d'un prince avaient deux pieds et demi de long ; ceux d'un haut baron, deux pieds; ceux du simple bourgeois, un pied. Un bossu , voulant un jour plaisanter un homme qui avait un pied très-grand , sans avoir aucune prétention h la noblesse , lui dit malicieusement : // faut avouer que vous êlcs , monsieur, sur un grand pied dans le monde. L'iiouime au grand pied répondit froidement : // est vrai , mojisieur, que la fortune ne ma pas tourné le dos.
Quand on prend du galon, on nen saurait trop prendre ; an nescis longas regibus esse manus. L'électeur de Mayence, aidé des troupes de Louis XIV, assiégeait la ville d'Erfurt, en 1664. Le général qui les commandait somma les habitants de se rendre. Ceux-ci répondirent qu'ils ne croyaient pas avoir mérité la colère de îa France. «Nous avons eu, ajoulèrent-ils,nne ancienne alliance avec le grand Henri, à qui nous prêtâmes dix mille florins dans le temps qu'on lui disputaitla couronne que votre maître porte aujourd'hui. Si les grands rois ont les mains longues, ils doivent aussi garder une longue mémoire des moindres services qu'on leur a rendus. »
Les pensées ne paient pas de douanes ; hic labyrinthus adest, mais aussi sont -elles souvent regardées du ciel et des hommes, comme des marchandises de contrebande.
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L'enfer est plein de bonnes intentions , dit un pRpverbe espagnol.
Point de nouvelles, bonnes nouvelles. Voici l'analyse d'un sermon sur la manière de s'informer des nouvelles chrétiennement , dont l'application, dans ces circonslanceSj est vraiment remarquable. L'auteur , Charles Bertheau, ministre de l'Église française , à Londres , né en l66o et mort en 1732, divise son discours en deux partie?. Dans la première, il montre quel est le faux esprit dans lequel on s'occupe h savoir des nouvelles; et dausla seconde , il fait voir quel est le véritable esprit qui doit nous conduire dans cette recherche. On s'informe des nouvelles dans un esprit d'oisiveté qui cherche à s'amuser et à faire couler insensiblement un temps qui est à charge; on demande des nouvelles, on fait des remarques sur celles qu'on apprend vraies ou fausses. 2° On s'informe des nouvelles dans un esprit de curiosité. 3° On s'informe des nouvelles dans un esprit de vanité ; on veut faire croire que l'on a les secrets du cabinet, et qu'on a une correspondance particulière avec les ministres. 4° On se plaît à dire et à raconter des nouvelles dans un esprit de malignité , esprit noir et misanthrope qui ne respire que les événements tragiques. 5° On s'informe des nouvelles dans un esprit de faction. Si l'on se trouve par bonheur dans le bon parti , on lui fait tort parce qu'on y mêle trop de feu, et qu'on entre dans les affaires qui ne sont pas de gon ressort. Si ceux dont il s'agit sont engagés dans une faction contre l'état, ils sont mille fois plus dangereux. Ils ne cherchent des nouvelles que parce qu'ils n'aspirent qu'à rendre le peuple mécontent, à souffler la sédition, et ^ jeter toute une nation dans la confusion et le désordre.
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6° On cherche à dire ou à entendre des nouvelles dans un esprit d'intérêt.
Ce que l'auteur dit sur cet article est naturel , et exprimé awc feu. Le commerce, dit-il, produit cet effet dans toutes les grandes villes, mais qui n'est nulle part si visible que dans celte grande ville (Londres) et dans cette place voisine, le rendez -vous général des négociants. Quand j'y pense , il me semble que c'est le véritable trône de Mammon , où l'intérêt joue tous ses rôles , tous ses personnages, et étale tout ce qu'il a de détours et de faussetés, pour supplanter les gens et déguiser la situation des affaires ;où chacun a l'esprit et les mains toujours ouververtes pour s'enrichir aux dépens de son prochain. Quel est^ en effet, ce grand mobile qui agite tout le monde de convoitise? Quel est ce ^rand savoir-faire que l'on met en œuvre pour faire varier le change , décrier les marchandises , ou leur donner cours , fdire hausser, si l'on peut, ou baisser les fonds publics ? Qu'est-ce qui fait le fin de ce jeu qui a coûté si cher à tant de gens , qui a renversé tant de fortunes ; je veux dire, ce jeu de transporter ou de recevoir des transports, de vendre et d'acheter, de faire ou défaire des marchés, et tout cela sans un fonds réel et par un trafic imaginaire ? C'est une nouvelle dont on prétend être instruit avant le public, un fait faux qu'on fait répandre par des personnes apostées; une simple probabilité que l'on débite pour une vérité incontestable ; c'est une terreur panique ou une vaine conjecture dont on fait usage. On fait fleurir l'état, on le renverse, on bat, on est battu, on prend et on perd des vaisseaux; mille fois la face du public change et rechange pour établir la fortune, ou pour causer la ruine de quelques particuliers.
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tant est grand le pouvoir de l'intérêt en matière de nouvelles, tant il est ardent à les savoir ou à les débiter. » Catherine de Médicis disait avec raison , qu'il suffisait quelquefois d'une nouvelle bonne ou mauvaise pour sauver ou perdre un empire.
C'est la glose d'Orléans , c'est-à-dire plus obscure que le texte; bec cornu de notaire, instrument qui seconde admirablement bien les folies humaines, et surtout les intérêts^ degli dottorl e degli notari^genti che'l mondo kan sopra volto. Régnier a dit :
L'homme trahit sa foi, d'où vinrent les notaires, Pour attacher au joug les humeurs volontaires.
Revenons à nos moutons. Expression commune et familière qui ramène toujours à l'objet de la conversation lorsqu'on s'en écarte. C'est un proverbe pris de la farce de V Avocat Patelin f dans laquelle est introduit un marchand drapier qui , plaidant contre son berger pour des moutons que ce berger lui avait volés, sortait de fois à autre de son discours^ pour parler du drap que l'avocat de sa partie lui avait aussi volé ; ce qui obligea le juge d'ordonner au drapier de revenir à ses ïno\i{on?>. Sus revenons à nos moulons , Rabelais a bien souvent employé ce proverbe.
§. IX. Proverbes particuliers à des circonstances et à des éi'énemens remarcjuables.
Il y a des proverbes qui ont traita des circonstances et à des événements remarquables dans lesquels la faiblesse et la peur jouent le plus grand rôle , et ôtent h l'homme cette énergie qu'il doit puiser dans la pureté de sa con-
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science, et dans les principes politiques que Solon lui a tracés : vive le roi, vive la ligue.
L'opinion est la reine du mo7i(U, niais elle compte parmi ses sujets beaucoup de métis et d'androgynes.
L'opinion gouverne en mille circonstances : Au lieu de la fronder, feignons ses apparences. Avec ce stratagème, on voit plus d'un esprit Adorer ie veau d'or, sans perdre son crédit.
Nager entre deux eaux. C'est se ménager entre deux partis sans oser se décider pour aucun. Piôle délicat, incompatible avec la bonne foi, et dont l'acteur, quand on le connaît, est généralement méprisé. Le plus sage, en bien des circonstances , est de rester neutre. Mais s'entendre avec l'un et l'autre parti, de manière à faire croire à chacun d'eux qu'on lui est exclusivement dévoué , c'est une conduite indigne d'une âme droite et honnête. Une loi de Solon voulait qu'on punît ceux qui, dans une dissension civile, garderaient la neutralité. Notre expression répond à celle-ci des latins : duabus sedere sellis. Le poète Labérius ayant été fait sénateur par César, Cicéron refusa de lui faire place , .en disant : « Je vous recevrais volontiers , si nous n'étions pas trop serrés. » C'était reprocher à César de trop multiplier le nombre des sénateurs. Labérius repoussa le trait par un autre plus piquant. At qui solebas duabus sedere sellis , vous aviez pourtant coutume d'être assis sur deux sièges ; reprochant, par ces mots, à cet orateur, sa conduite équivoque dans les divisions civiles.
La caque sent toujours le hareng. Henri IV étant fatigué de la chasse, entra dans une hôtellerie où se trou-
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valent plusieurs marchands, et se mit h table avec eux. Après le dîner, on parla de la conversion du roi. Comme Henri était toujours vêUi modestement , on ne }>ouvait le reconnaître. Un marchand de cochons se prit à dire : Ne parlons point de cela , la caque sent toujours le hareng. Quelques seigneurs qui cherchaient le roi , l'ayant vu se mettre à la fenêtre, montèrent aussitôt à la chambre, et le saluèrent en l'appelant. Sire, votre Majesté. Le marcliand tout déconcerté, était au désespoir d'avoir proféré un parole aussi indiscrète. Le roi en sortant lui frappa sur l'épaule, et lui dit : bon homme, la caque sent toujours le hareng ,m.aîs c' est en votre endroit et non pas au mien : je suis. Dieu merci, bon catholique, mais vous gardez encore du vieux levain de la ligue.
Les ladres et lançons veulent tout le monde pour cornpag7ions. AVépociue où la lèpre éléphanline ou l'éléphantiasis désolait certaines provinces de France , on remarquait que plus un lépreux était attaqué dangereusement, plus il avait la fureur de vouloir se mêler avecles personnes saines. De là est venu le proverbe.
Si un proverbe pouvait transmettre à la postérité la plus reculée l'héroïsme de nos médecins français, j'ambilionnerais l'honneur de l'inventer, mais un si noble soin est réservé à la muse de l'histoire. Elle burinera en caractères impérissables, dans les annales du monde, le nom si cher à l'honneur de l'infortuné Mazet (i), et les noms (-i) de ces athlètes courageux qui luttant corps à corps avec la mort, mais jamais abattus sous sa faux meurtrière, ont arraché à la fureur du plus épouvantable fléau, des vicli-
(i) Mort do la fièvre jaune à Barcelonne, en 1821. (3) MM. Bally, Parlset, Audouart et François.
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mes toules prêtes; et au milieu des plus terribles angoisses et de l'appareil hideux et sans cesse renaissant de la destruction , n'ont dû qu'à leur héroïque résignation une vie que le souvenir d'une gramle action et l'estime générale ont rendue si glorieuse.
Pour des cœurs généreux, il n'est rien d'impossible.