‹ Proverbes dramatiques de Carmontelle (volume 3)Chapitre 4 sur 206 · DE CARMOI^TELLE. IX · texte numérisé non relu

DE CARMOI^TELLE. IX

ciété; il est lui-même auteur passable, il dessine fort bien pour un homme dont ce n'est pas le métier; il a du goût, et c'est un des ordonnateurs de fêtes de société le plus eniployé h Paris. Ses proverbes et ses comédies n'ont qu'un défaut, c'est d'être plais; car d'ailleurs, il a de la vérité dans ses caractères et du naturel dans son dialogue; il saisit bien les ridicules^ et il a assez de causticité dans l'esprit pour les bien rendre; mais il croit qu'on n'a qu'à les transporter sur la scène, comme on les a remarqués dans le monde; cl ce n'est pas cola ; il faut encore cette petite pointe de poésie et de verve qui fait que ce qui est insipide en nature, devient exquis et piquant dans l'imitation. Vous copieriez tout le dictionnaire de nos élégants h faux air?, et toutes les minauderies de nos femmes les plus à la mode, avec la dernière exactitude, que vous ne produiriez pas d'effet. L'air, le ridicule qui vous a choqué ou amusé dans le monde, ne vous paraîtra que fastidieux sur la scène, quand il n'est pas renforcé par le génie du poète. »

Au talent de mettre en scène les petits travers de la société, il joignait un autre talent qui servait admirablement bien les ressources de son imagination. Il peignait et dessinait avec goût, ce qui lui procura le plaisir de tracer les portraits de presque tous les personnages du siècle qui se sont signalés par leurs talents et illustrés dans la carrière des sciences et des lettres. Quelques-uns de ces portraits, gravés d'après ses tableaux et ses dessins, ornent les ouvrages du baron de Grimm et de madame du Deffant. Son esprit fécond ne pouvait rester oisif, et pour charmer les moments qu'il dérobait à l'étude, il composait des transparents, c'est-à-dire, des espèces de tableaux

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