‹ Proverbes dramatiques de Carmontelle (volume 3)Chapitre 8 sur 206 · XXIV DISSERTATION · texte numérisé non relu

XXIV DISSERTATION

une tcurnure singulière, par l'invitation qu'ils nous font, par la règle de conduite qu'ils nous donnent.

C'est au lecteur à apprécier toute la finesse de ces définitions.

Dans les adages d'Érasme comme dans les proverbes Arabes de Scaliger, les proverbes et les adages sont confondus en>emble et avec raison, continue l'abbé Rou baud , car il est inutile de les distinguer ; il n'est pas toujours facile de le faire ; et comme les adages sont une espèce de proverbes, les bons proverbes tiennent toujoursde l'adage. Je me permettrai de n'être pas tout à fait de son avis. Je pense qu'il est essentiel d'établir une distinction entre le proverbe, la sentence, la maxime et l'apophthegme. Quant aux deux premiers, l'un n'est pas toujours l'autre , et réciproquement. Ne codifiez pas une épée à un enfant. Voilà à la fois un proverbe et une sentence cachée sous le voile de l'allégorie. La verta se perd elle-même dans l' intérêt , com,me les fleuves se perdent dans la mer; les grands arbres sont long-temps à croître, il ne faut qu'un jour pour les abattre : ce sont des sentences qui liennenl du proverbe. Nous nous roidissons toujours contre ce qui nous est défendu, et nous désirons avec ardeur ce qu'on 7ious refuse; un objet possédé vaut rarement celui qu'on poursuit : ce sont des sentences qui n'ont rien de proverbial.

La maxime doit être serrée , concise , exprimée en termes imposants.

Duclos a dit : Les vertus ne donnent point d'orgueil.

Pope , l'opinion n'est que l'intérêt en masque.

Rivarol , la guerre est le tribunal des rois , et les vietoires sont ses arrêts.

Page 1