SUR LES PROVERBES. XXV
Ghainpfort , la fausse modestie est le plus décent de tous les mensonges.
Toutes ces maximes qu'on retient aisément parce que le sens en est clair, sont empreintes de ce cachet naturel qui constitue seul la véritable éloquence.
L'apophthegme ou parole mémorable de quelque personnage célèbre , tout en présentant un sens qui se retrace à l'esprit, et applicable dans la conversation, est trop relevé et n'est pas d'un usage assez général pour avoir son brevet d'admission dans la classe des proverbes. Tel est celui-ci : La femme de César ne doit pas m,ême être soupçonnée. Mais l'adage rapporté par Plularque : qui se m^ettpsum, non habet , Samum petit : il ne peut disposer de lui-même^ et il demande Samos , renferme l'essence qui constitue l'apophthegme et le proverbe. La conduite des Athéniens livrant leur ville au vainqueur, et demandant qu'on leur laissât au moins Samos , a donné lieu à ce proverbe applicable généralement à ceux qui font des demandes absurdes , et s'attachent h des riens dans des discussions importantes. A combien de diplomates et de politiques cette remarque s'adresse!
La perfection de tout ouvrage littéraire , consiste en trois choses : dans une heureuse invention , dans un arrangement convenable et dans un style proportionné au sujet. Le proverbe doit remplir ces conditions; il doit se faire remarquer en outre par deux qualités essentielles définies par Erasme , celebritas et novitas , que je tra^ duis par ces mots français correspondants, celebritas^ usage très - fréquent d'une locution qui , à force de passer par toutes les bouches , a acquis cette célébrité qui la perpétue; et novitas, l'intérêt qui s'attache à