SCENE V
M. DE VALBON, DUCHESÎSE.
DUCHESNE
Je ne viens d'apprendre que dans le moment que monsieur était rentré. J'ai fait serrer tout le foin, et demain le bois....
M. DE VALBON.
Laissons cela , mon ami : je suis très-content de toi et de tous tes soins j mais cela ne suffit pas , je crains de te paraître ingrat.
DUCHESNE
Vous , monsieur?
* M. DE VALBON.
Oui, moi , je n'ai encore rien fait pour toi.
DUCHESNE
Comment, monsieur, vous me donnez tous les ans une gratification , vous avez fait élever ma fille avec le plus grand soin , etc
M. DE VALBON.
Voilà de belles bagatelles : je te dis que j'ai des torts envers vous deux. La voilà grande ta fille ; mais est-elle mariée 7
DUCHESNE
Ah ! monsieur, cela ne presse pas.
BI. DE VALBON.
Et si, si, cela presse, et je n'y veux pas perdre un moment.
DUCHESNE
Monsieur est bien boU) assurément.
■.>y8 LE BON SEIGNEUR.
M. DE VALBON.
Je ferai les frais de la noce , et je lui donne cent ccus de rente en la mariant; mais il faut que lu consentes à ce mariage-là.
DUCHESNE
Monsieur est bien le maître.
^ M. DE VALBON.
th bien, consens- tu?
liUCHFSNE.
Je ne peux pas dire non , mais je voudrais savoir à qui vous la destinez.
M. DE VALBON.
Quoi, je ne te lai pas dit?
DUCHESNE
Non, monsieur.
M. DE VALBON.
Parbleu, je suis un grand étourdi ! C'est au procureur-fiscal.
DUCHESNE
Pierre le Noir?
M. DE VALBON. ^
Oui. C est moi qui lui ai fait apprendre les affaires ; il a été deux ans chez mon procureur; il est fort intelligent, il ne réussit pas mal, et je lui augmenterai ses appointements eu faveur de ce mariage.
DUCHESNE
Je ne sais coumieut remercier monsieur de toutes ses bontés.
M. DE VALBON.
Il n'estpas question de cela. Tu me donnes ta parole?
DUCHESNE
Monsieur peut bien y compter.
M. DE VALBON.
Allons , parle à ta fille; je vais dans mou cabinet chercher un papier dont j'ai besoin pour ce mariage.
DUCHESNE
Je ne remercie pas monsieur de —
M. DE VALBON.
Allons , allons , ne parle pas de cela .