‹ Proverbes dramatiques de Carmontelle (volume 4)Chapitre 146 sur 339 · SCÈNE III · texte numérisé non relu

SCÈNE III

Mme VARLOPE , M"^ FRANGEOT, M. LE NOIR.

Bime FRANGEOT.

Eh bleu , mou voisin , où est donc la voisine?

M. LE NOIR

Ma femme? je n'en sais rien; j« viens de chez un colonel à qui je fournis des chapeaux; il m'avait dit de venir cette après-midi, et il est allé à l'Opéra.

2y4 l'Es VOISINS

M"" VARLOPE

Mais , en v<''rit«' , mon voisin , vous qui frôquenlcz le beau monde , est-ce qu'on parle comme cela donc?

M. LE NOIR

Quoi ! on ne dit pas un colonel?

jyme VARLOPE.

Ce n'est pas de cela que je vous parle.

M. LE NOIR

De quoi donc 7

W"" VARLOPE

De la voisine.

M. LE NOIR

Ah ! parce que j ai dit Oui, vous avez raison , je devais

dire mon épouse, tt votre époux , le voisin Frangeot , pourquoi n"est-il pas ici? nous commencerions notre piquet.

M'"'' FRANGEOT.

Il est allé chez un sellier, à qui il^fournit des franges et des crépines; il va venir.

M. LE NOIR

Et le voisin Varlope?

aime VARLOPE.

Ah ! ne m'en parlez pas, il me fait de ces tours-là tous les dimanches.

M. LE NOIR

Il fautsavoir quels tours , ma voisine ; je voudrais bien vous en faire comme lui, moi.

nime VARLOPE.

Et n'avez-vous pas la voisine le Noir?

M. LE NOIR

C est parce que je l'ai, que je voudrais en avoir une antre.

M™^ FRANGEOT,

Voilà bien comme ils sont, ma voisine, tous ces messieurslà. Si nous en disions autant, nous?

M, LE NOIR

Oh ! mais dire et faire, il v a loin de l'un à l'autre, ma voisine , n'est-ce pas? (Il lui prend la main.)

Mme FRANGEOT.

Allons, finissez donc, je n'aime pas ces mamères-ln ,

M. LE NOIR

Ah ! comme elle fait la petite bouche la voisine !

M™« FRANGEOT.

Je vous dis de me laisser.

M. LE NOIR

Quand je vous aurai embrassée. (iM'embrasse.}

Ujme FRANGEOT.

Vous voilà bien plus gras.

M. LE NOIR

Mais je m'en porte mieux toujours. Ah cà , dites -moi un peu , où est donc la voisine el le voisin Tnbleu?

Hjme VARLOPE.

La voisine est aux Boulevards.

M. LE NOIR

J ai envie d'aller au devant d'elle.

jjme VARLOPE.

Cela serait fort honnête de nous laisser comme cela toutes seules pour aller la chercher : est-ce que nous ne la valons pas bien?

Je ne dispute pas le contraire.

Mme FRANGEOT.

Vovez un peu , ma voisine , comme sont les hommes : il semblait tout-à-rheure qu'd était amoureux, de moi , et à présent il ne pense qu'à la voisine Tubleu.

M™e VARLOPE.

Il va être bien content ; car la voici avec la voisine le Noir, à qui j'ai envie de dire tout cela pour nous venger.

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