DES PROVERBES. IX
qui a le plus de souplesse, d'aisance et de grâce dans ses mouvements , est bien souvent celui qui s'est le plus exercé à les acquérir.
La charge n'est pas toujours un défaut ; elle fait quelquefois partie obligée de certains rôles, qui ne peuvent être rendus que de celte manière. Un acteur excellent dans l'art de représenter les valets se laissait emporter par le feu de son inicigination ; il se donnait pour ainsi dire la comédie à lui même; dans son délire comique, il employait toutes les ressources d'une c/iar^e ingénieuse; et Lien qu'on pût lui reprocher l'exagération de ses lazzis, on éliiit désarmé, parce qu'on avait ri de bon cœur. Tel élail Dugazon, qui excellait surtout dans le talent de jouer les proverbes, talent qui était admirablement bien secondé par son esprit, par sa gaieté vive et pétulante. Il faisait alors les délices de la plus haute société. Le diac de Bouillon s'amusait beaucoup, dans son château de Navarre, à voir représenter des proverbes par Dugazon. Cet acteur n'a trouvé de successeur digne de lui, quant à la manière originale de jouer les proverbes, que Joly, acteur intelligent, doué d'une grande verve comique, qualité essentielle pour ce petit genre dramatique.
Le naturel ne vieillit jamais. Sous ce rapport, les Proverbes dramatiques de Carmontelle seront de tout temps: il a pris la nature sm^ le fait. On peut remarquer qu'il a bien saisi et rendu l'esprit et le caractère de chacun de ses personnages : il a eu le talent de les varier suivant lejir profession. Il y a certains de ses portraits qui sont historiques, et cachent des originaux dont l'auteur s'est plu :■- retracer les manières, comme dans Les Désespérés de l'Opéra. Dans les proverbes où les personnages sont