‹ Proverbes dramatiques de Carmontelle (volume 4)Chapitre 241 sur 339 · PROVERBE XVII · texte numérisé non relu

PROVERBE XVII

I<E Diamant. — • Lus Battus payent l'amende. (Pag. 2o3.)

La nation tlont Ikaol est ici le représentant, passe, suivant le prf'jugt' \u!i;airc , pour être entachée d'un caractère cupide qui remonte à la plus haute antiquité , et qui , en traversant la série de tous les ayes , ne paraît pas avoir sul)i aucune altération sensible , et ne finira probablement (|u à la consommation des siècles. Le métier d'usurier a toujours été poursuivi par le mépris et la haine. Il a fait regarder les Juifs qui le font, et ceux qui leur ressemblent, comme l'horreur du genre humain, et comme des fléaux d'autant plus funestes, que, dépouillés de tous sentiments d'honneur et dhumanité , ils bravent l'opinion publique, et encourent par leur dureté l'indignation générale. Dans les pièces anciennes, les usuriers et les brocanteurs étiiient toujours représentés par des Juifs. Ils étaient effectivement les symboles vivants de l'usure ; leurs portraits étaient esquissés d'après nature , parce qu'alors les originaux étaient tels qu'on les représentait; mais tout est bien changé. Depuis que la manie de croiser les races s'est introduite partout, beaucoup de chrétiens ont pris les traits, les manières et l'esprit des Israélites , et se sont fondus avec eux , de manière à rendre méconnaissable la nation cosmopolite. Les enfants dégénérés de Moïse ne se distinguent plus par leur extérieur chétif et misérable ; leurs traits caractéristiques ont perdu de leur saillie : leurs manières sont celles des chrétiens les plus façonnés aux usages du grand monde. Ils ne font plus vœu de malpropreté , et dans les brillants salons de la capitale, vous ne pouvez plus les reconnaître que par les nombreux brillants qu'ils ont à chaque doigt. S'il reste encore de ces Juifs, bien juifs, au front déprimé, cachet indélébile de la création , à l'œil en coulisse , k la chevelure et à la barbe sales et huileuses , à la prunelle louche et clignotante , aux ongles longs et recourbés, au langage doucereux et trompeur, ce ne sont plus que les moules respectables de la tradition de leurs

Page 1