‹ Proverbes dramatiques de Carmontelle (volume 4)Chapitre 290 sur 339 · PROVERBE LXVII · texte numérisé non relu

PROVERBE LXVII

La Sonnette. — Plus de bruit que de besogne. (Pag. 201.)

La véritable valeur est celle qui ne se ti'ouve point dans trois sortes de personnes ; les téméraires : les poltrons, et les faux braves. On compare les faux braves , au bassin d'une balance , qui s'élève, quand l'autre s'abaisse, et qui s'abaisse, quand l'autre s'élève. Après la bataille , le plus poltron est toujours celui qui fait le plus de bruit ; les vrais braves font beaucoup , et parlent peu ; pour le fanfaron ,

A l'ententlre parler de guerre.

Il détruit, comme le tonnerre, I.es tours, montagnes et vallons:

Attaque«-le par aventure , Vous verrez que, comme Mercure, Il a des ailes aux talons.

Il est question dans ce proverbe , de ces héros de boudoir qui n'ont jamais senti l'odeur de la poudre à canon , et qui ont plus jeté de verres et de flacons par terre qu'ils n'ont couché d'ennemis sur le carreau ; on aperçoit plus de rouge et de bom'geons sur leurs visages, qu'on n'y voit de cicatrices et d'estafilades.

Comme on parlait un jour devant Charles-Quint d'un capitaine espagnol qui se vantait de ne jamais avoir eu peur. // faut, dit-il , que cet homme n'ait jamais mouché de chandelles avec ses doigts , car il aurait eu peur de se les brider. Trait de raillerie fine , qui faisait ressortir tout le ridicule d'une fausse bravoure.

Certain militaire , dînant avec plusieurs de ses camarades , commandés pour un assaut qui devait avoir lieu le soir même, mangeait avec peu d'appétit. On lui en demandait la raison. <( C'est, dit-il, que j'en ai point de plaisir à manger, quand je ne suis pas assuré de ma digestion. »

XCIV ESTIl ACTES DES PIIOVERBES

PROVEKBE LXVIFI.

Le Trompeuh favorable, — La trichtric revient à son maître. (Pag. '^19.)

Tou)oars()ar quelqne endruil ruurbrs se liiuent prcndrr.

La rote la mieax ourdie Peut nuire à soa inveotear, Ft sonrent la ptrfidie Retourne sur son ajlear.

Qui veut hitlre floit s'-ittciidrc à être battu. Les coups se rciitk'iit onlinairemeut à qui les donne, et souvent par ricochet. Cela arrive du moins dans les comédies, aux tuteurs qui veulenlahuser de leur asccnd int sur leurs pupilles. Il se trouve des auteurs, comme beauniarcliais, qui les ont pris pour point de mire de leurs satiricjues plaisanteries. Le caractère dont on les alluble ordinairement sur la scène , est celui d'un homme sol, ridicule et j iloux de sa nature. Les tuteurs finissent toujours par être dupés et bernés par des innocentes qui •ont leur noviciat d amour.

Le plus fin, quel qu'il soit, eu est toujours la dupe.

Deux marchands s'étaient donné parole d'enlever de compte à demi , tout le hareng d'une pèche. L'un des deux voulant en profiter tout seul , arrha toute la pèche sans le concours de son associé. Celui-ci en avant été averti, retint toutes les caques où se sale le hareng , de sorte que le premier se voyant privé des moyens d encaquer son poisson , fut forcé de venir à merci, et de subir, pour ne pas perdre toute sa marchandise , les conditions qu'il plût à l'autre de lui imposer.

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